RTBFPasser au contenu
Rechercher

QR

"Nous voyons aussi de faux policiers dans les manifestations" explique Raoul Moulin, secrétaire permanent CSC police

25 janv. 2022 à 22:19 - mise à jour 25 janv. 2022 à 22:40Temps de lecture4 min
Par Hugues Angot

228 arrestations administratives et 11 arrestations judiciaires. C’est le résultat des heurts qui ont éclaté entre protestataires et forces de l’ordre à la fin de la manifestation contre les mesures sanitaires de ce dimanche. Trois policiers et 12 manifestants ont été emmenés à l’hôpital sans compter les nombreux dégâts matériels sur les bâtiments et les véhicules. Comment endiguer de tels actes de violences mais aussi éviter certaines violences policières ?

QR l’actu fait le point sur ces questions avec Pierre-Arnaud Perrouty, représentant de la Ligue des droits humais et Raoul Moulin, secrétaire permanent police pour la CSC.

Service d’ordre ?

Dans de très nombreuses manifestations notamment celles organisées par des syndicats, on retrouve habituellement un service d’ordre interne. Y en avait-il un pour la manifestation de dimanche ? N’y a-t-il pas une responsabilité des organisateurs ? Il faut savoir qu’une manifestation doit recevoir l’aval des autorités et que des échanges s’opèrent sur le parcours, la sécurité etc, explique le représentant de la Ligue des droits humains. "En fait, avoir un service d’ordre propre à la manifestation n’est pas une obligation. C’est préférable et souhaité par les services de police et les autorités communales mais pas ce n’est pas une obligation puisque la liberté de manifester prévaut. Il faut bien entendu que cette manifestation soit pacifique".
 

Juste une petite bande de "casseurs"?

Les forces de l’ordre déployées ce dimanche étaient en nombre. Pourtant, elles ont été très rapidement débordées par les fauteurs de troubles. Pour Raoul Moulin, secrétaire permanent police pour la CSC, les policiers ont été confrontés à de nombreux hommes soutenus par des mouvements extrémistes et qui voulaient clairement aller à l'affrontement avec les forces de l’ordre. "Nous avons à faire à une véritable guérilla urbaine et avec des individus que nous retrouvons parfois de semaine en semaine parce qu’ils subissent simplement une arrestation administrative".
 

Sanctions trop légères ?

La ligue des droits humains condamne toute forme de violence et la violence à l’égard des policiers est condamnable rappelle son représentant. "Pour arrêter quelqu’un administrativement ou judiciairement, il faut des éléments. Si c’est quelqu’un qui perturbe simplement l’ordre public, il est arrêté administrativement. S’il y a des éléments plus importants parce qu’il commet un délit ou une infraction en jetant par exemple une barrière nadar contre policier, il peut bien entendu être arrêté judiciairement. Mais l’arrestation ce n’est pas tout. Ensuite, il y a le parquet qui détermine s’il y a suffisamment d’éléments pour le poursuivre puis un magistrat qui décide éventuellement de sa condamnation. Le problème, c’est souvent l’identification des individus qui fait défaut".
 

Des drones pour mieux contrôler

Nous bénéficions déjà de l’appui d’un hélicoptère mais il faut pouvoir être ouvert et nouvelles technologies explique Raoul Moulin de la CSC. "Tout ce qui peut permettre d’aider le service d’ordre et la protection des personnes qui sont légitimement venus manifester devrait être mis en place".
Les drones pourraient favoriser la capture d’image des fauteurs de troubles. D’ailleurs la prise d’image par les forces de l’ordre lors d’une manifestation est totalement autorisée précise Pierre-Arnaud Perrouty : "La police a le droit de filmer les manifestants et la réciproque est également valable. Par contre, la prise d’images par des drones doit à mon sens nécessité une adaptation législative. Les drones filment d’assez haut. Les gens ne seraient sans doute pas conscients qu’ils sont filmés. Il faudrait dès lors sans doute les prévenir d’une manière ou d’une autre".
 

Policiers infiltrés

Dans toute manifestation, les forces de l’ordre déploient des policiers en civil et parfois certains hommes sont infiltrés dans la manifestation. La technique peut surprendre et jeter le discrédit mais pour Raoul Moulin, c’est une des techniques qui permet d’identifier les fauteurs de troubles. "Si nous avons des policiers infiltrés, je vois mal des collègues venir détruire des biens privés et mettre aussi la vie de ses collègues en danger. Nous voyons aussi de faux policiers. Sur internet, vous pouvez trouver des badges, des fausses cartes de service".
 

Quid des abus policiers ?

Pour le représentant CSC police, les extraits vidéos publiés sur les réseaux sociaux peuvent être trompeurs. "On va mettre des séquences sensibles sur les réseaux sociaux et on ne voit pas nécessairement ce qui s’est passé avant ni après. Maintenant, si un policier dysfonctionne, il doit pouvoir rendre compte et les services de police sont très contrôlés".
De son côté, Pierre-Arnaud Perrouty estime que la police n’agit pas toujours de manière proportionnée : "J’ai encore en tête des manifestations d’extinction rébellion, des manifestations gilets jaunes ou encore une manifestation contre les violences policières qui a très mal tourné avec beaucoup de violences physiques et verbales à tel point qu’un syndicat et des policiers ont courageusement dénoncé les comportements de certains de leurs collègues. Il y a bien entendu des services de contrôles mais ils sont insuffisants".
 

Techniques de dispersions à revoir ?

Le représentant de la ligue des droits humains reconnaît que le travail de la police n’est pas simple et que disperser une foule est un exercice délicat. Raoul Moulin estime pour sa part que si la manifestation est terminée, la police doit agir et faire vider les lieux "Ce dimanche, alors qu’un des organisateurs demandait à la foule de partir, une autre personne appelait à faire exactement le contraire. Appeler à de la désobéissance comme l’a fait cette personne peut avoir de fâcheuses conséquences au final. Sa responsabilité doit être prise en compte".

QR l'actu

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Extrême droite, antivax, complotistes : ils étaient bien présents à la manifestation en réaction aux mesures sanitaires

Belgique

Articles recommandés pour vous