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Nouveau cancéropôle à Tivoli : la preuve que la recherche contre le cancer avance

12 sept. 2022 à 04:00 - mise à jour 12 sept. 2022 à 13:05Temps de lecture3 min
Par Guillaume Woelfle

Le CHU Tivoli inaugure ce lundi son nouveau cancéropôle afin de regrouper en un même lieu toutes les disciplines qui participent au traitement du cancer. La rénovation de cette espace s’explique en grande partie par le nombre croissant de patients mais aussi par les progrès des traitements.

"Grâce à ces nouvelles machines, on pourra traiter 70 à 80 patients par jour", lance Dr Cathy Mahin, cheffe de service de radiothérapie. Ces deux machines ont été baptisées Rémus et Romulus. Ce sont des accélérateurs linéaires qui permettent l’irradiation des cellules cancéreuses. Elles ont été placées dans de véritables bunkers de murs de béton.

L’un des deux accélérateurs linéaires du CHU Tivoli
L’un des deux accélérateurs linéaires du CHU Tivoli Simon Beuzart/CHU Tivoli

"Il est possible avec ces machines d’atteindre un débit de dose très important, donc on pourra délivrer une dose en un temps plus réduit qu’avant", précise Dr Valérie Jarbinet, cheffe de service de radiophysique. L’irradiation dure désormais une à deux minutes, mais c’est toute la séance qui est raccourcie. "On passe d’une séance de 20, 25 ou 30 minutes à 10 ou 15 minutes". Le confort du patient est donc amélioré, mais sa sécurité aussi. L’hôpital nous montre que l’accès aux accélérateurs linéaires par le patient se fait après le scan de sa main, un peu comme dans les films de science-fiction. "Cela permet de s’assurer que c’est bien le bon patient qui entre, mais aussi que la machine reconnaisse tous ses paramètres, sa position de traitement, etc. Cela peut éviter des erreurs."

Simon Beuzart/CHU Tivoli

La position de traitement est très importante puisque le rayon doit irradier une zone de quelques millimètres, en évitant au maximum les cellules saines autour. C’est là que la nouvelle salle du scanner entre en jeu. "Grâce à des caméras qui sont dans le plafond, on va prendre une image du patient, qui sera l’image de référence. Et lorsqu’on remettra le patient en traitement, sa position devra être identique à celle prise lors de l’image de référence, développe Dr Cathy Mahin. L’avantage de cette technique, c’est qu’on capte tous les mouvements pendant le traitement et si le patient tousse, sursaute, respire trop fort, le traitement va s’arrêter. C’est une sécurité pour le patient et pour nous, cela rassure le patient. Et le dernier avantage, c’est que cela pourra remplacer à terme les marques que l’on met sur le corps du patient pour l’irradier."

70% de chance de guérison

Si l’incidence reste élevée, elle s’explique aussi par les progrès de la science et un taux de guérison plus élevé. La recherche a notamment beaucoup progressé sur l’immunothérapie. "L’immunothérapie a pour principe de stimuler l’immunité du patient pour que cette immunité s’attaque aux cellules cancéreuses. Cette technique donne de très bons résultats sur certains cancers et dans certaines situations", assure Dr Anne Leleux, cheffe de service d’oncologie-hématologie. "A côté de cela, on progresse aussi sur la thérapie ciblée qui exploite la connaissance de plus en plus fine du comportement des cellules cancéreuses et de leur profil génétique. Cela permet d’identifier les anomalies qui mènent une cellule à devenir une cellule cancéreuse. Des médicaments sont développés pour cibler ces anomalies-là. Donc pour un patient, en fonction du type de tumeur et du profil génétique de cette tumeur, on peut choisir un traitement de façon très ciblée."

Simon Beuzart/CHU Tivoli

Ces différentes techniques ont permis d’augmenter dernièrement les taux de guérison. "On estime maintenant qu’on a 70% de chance de survie à cinq ans et pour une grande partie d’entre eux, c’est une vraie guérison. Pour une plus petite partie c’est un passage vers la chronicité." Le passage de certains patients vers la chronicité et le vieillissement de la population ont augmenté le nombre de patients soignés pour cancer en Belgique. "Mais nous avons un réel impact puisqu’il y a 30 ans, le taux de guérison était plutôt de 50%, précise la cheffe du service oncologie. Donc ça évolue et on sent une accélération ces dernières années."

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