Belgique

Nouveau plan pour les éoliennes en Wallonie : plus grandes, plus puissantes et avec la possible participation des citoyens et des communes

Eoliennes en Hesbaye, sur fond de réacteurs nucléaires.

© J-Fr. Noulet/Rtbf

25 oct. 2022 à 15:38 - mise à jour 27 oct. 2022 à 12:05Temps de lecture3 min
Par Jean-François Noulet

Le gouvernement wallon veut augmenter la production d’énergies renouvelables en Wallonie pour réduire la dépendance aux énergies fossiles importées, lutter contre la hausse des prix de l’énergie et contre le réchauffement climatique.

Le problème, c’est qu’installer de nouvelles éoliennes en Région wallonne est compliqué et prend du temps. La plupart des projets se heurtent à des recours de riverains, voire de communes. Le cadre réglementaire actuel ne permet pas non plus d’installer au mieux les éoliennes de nouvelle génération, plus grandes.

Pour avancer et redonner du souffle à l’éolien wallon, le gouvernement wallon se dote d’un nouveau cadre, une nouvelle "Pax eolienica", une paix éolienne, pour permettre le développement de nouvelles éoliennes, en répondant aux besoins du secteur. A travers ses 17 mesures, la nouvelle Pax eolienica veut aussi tenir compte des intérêts des communes et des riverains et préserver la biodiversité. L’idée d’une Pax eolienica est née sous la législature précédente mais de nombreuses mesures devaient encore être mises en œuvre.

Produire plus : avec des éoliennes plus grandes

Pour 2030, l’objectif de production de la filière éolienne wallonne est rehaussé à 6.200 GWh. Le précédent plan datait de 2019 et prévoyait d’atteindre 4.600 GWh en 2030. Pour parvenir au nouvel objectif, il faut modifier les règles en vigueur afin de tenir compte des technologies actuelles, plus performantes, communique le cabinet du ministre Philippe Henry, ministre wallon de l’Energie, en charge de la réforme.

"La Wallonie souffre d’un retard technologique général au niveau de sa flotte d’éoliennes", constate-t-on au cabinet Henry. C’est notamment en termes de hauteur de mâts qu’il faut mieux faire pour mieux tirer parti des augmentations de puissance disponibles sur le marché et avoir une meilleure rentabilité de l’énergie produite.

Le cadre de référence pour l’installation des mâts d’éoliennes est donc simplifié et mis à jour.

Désormais, le développement des énergies renouvelables constitue "un intérêt public supérieur" et l’indépendance énergétique devient "un objectif d’intérêt général".

La distance des mâts à l’habitat est ainsi adaptée. La distance minimale entre le mât d’une éolienne et la zone d’habitat est fixée à 500 mètres auxquels est ajoutée la moitié de la hauteur de l’éolienne (mât + pâle). C’est une évolution par rapport à la situation actuelle qui prévoit une distance de 600 mètres. Cela devrait aussi ouvrir la voie à des éoliennes plus hautes.

Pour une habitation isolée, la distance fixe de 400 mètres entre l’éolienne et l’habitation est maintenue.

Actuellement, un projet d’implantation d’éoliennes doit comporter au minimum cinq mâts. Dorénavant, un parc existant pourra être remplacé par moins d’éoliennes si l’on installe des éoliennes plus hautes et plus puissantes dont la capacité de production sera au moins équivalente.

La durée de la procédure menant à l’octroi définitif des permis sera aussi diminuée. C’est une recommandation de l’Europe qui veut limiter la durée des procédures, le nombre de recours et les demandes de dérogations.

Le permis d’urbanisme sera accordé pour trente ans, contre vingt actuellement pour allonger la durée d’exploitation des éoliennes installées.

Les communes et les citoyens auront le droit d’investir dans tous les nouveaux projets

Rendre la transition énergétique "inclusive", c’est l’un des objectifs de la réforme du ministre Henry en rendant obligatoire la possibilité pour les communes et les citoyens de participer aux projets éoliens. "Cette adhésion est susceptible de diminuer le nombre de recours", communique le cabinet Henry.

Actuellement, seuls 4% du parc éolien wallon appartiennent aux citoyens, 1% aux communes et 7% aux intercommunales. Le ministre Henry veut inverser cette logique.

Pour y parvenir, les promoteurs de projets éoliens auront l’obligation d’ouvrir le capital du projet à la participation des citoyens et des communes, "jusqu’à hauteur de 24,99% pour chacun des deux groupes". Les citoyens et les communes restent libres de choisir d’investir ou pas.

Sur le même thème : archive du JT du 14/11/2021

L'énergie éolienne

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