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Nouvelles habitudes de voyage : voler en semaine, mélanger loisir et affaires…

Nouvelles habitudes de voyage : voler en semaine, mélanger loisir et affaires…

© jacoblund

24 oct. 2022 à 14:30Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

Entre le télétravail et la volonté de rattraper les périples perdus pendant la pandémie, les usagers des compagnies aériennes américaines ont pris de nouvelles habitudes, qu’il s’agisse de voler en semaine, de rallonger leur déplacement professionnel ou de payer plus pour leur confort.

Le flexi-travail rebat les cartes du voyage d'affaires en avion

Grâce à la flexibilité offerte par leurs employeurs et aux nouvelles technologies comme les réunions Zoom, les travailleurs ne sont plus scotchés à leur bureau et ont un calendrier moins contraint. Résultat : au lieu de revenir de leurs séjours le dimanche soir ou le lundi matin, les usagers n’hésitent plus à prendre un vol le mardi ou à partir dès le jeudi en week-end, ont rapporté American, United et Delta à l’occasion de leurs résultats trimestriels.

Sur les trajets entre New York et l’Europe par exemple, "on coupait habituellement les vols le mardi et le mercredi", a indiqué Andrew Nocella, directeur commercial chez United : "Cet hiver, on a un plus grand pourcentage de lignes qui opèrent tous les jours de la semaine".

Dans la même veine, la demande s’est étalée au-delà des vacances scolaires. Delta a ainsi observé une recrudescence des voyages en Floride en septembre, un mois habituellement creux. Certains "ne pouvaient même plus s’acheter de billets pour Disneyland", a remarqué Glen Hauenstein, responsable au sein de la compagnie. United a enregistré en septembre le troisième meilleur mois de son histoire.

"Pour certains, c’est peut-être simplement lié au fait que la demande était tellement élevée pour les mois d’été qu’ils n’ont pas pu s’acheter de billets abordables ou ont décidé de reporter. D’autres ont peut-être voulu utiliser les crédits récupérés avec l’annulation de vols pendant la pandémie avant leur expiration", avance Henry Harteveldt du cabinet Atmosphere Research Group.

On n'hésite plus à prolonger un déplacement professionnel

Les compagnies s’attendent en tout cas à ce que cette tendance se poursuive, au moins à court terme, avec par exemple un trafic plus élevé qu’habituellement entre le long week-end férié de Thanksgiving (fin novembre) et les vacances de Noël. Cette tendance leur facilite le travail. "On ajuste normalement notre besoin en pilotes pour la période allant du 15 juin au 15 août", a remarqué Andrew Nocella : "Si on peut étaler cette période, cela nous rend plus bien efficaces".

Les déplacements professionnels traditionnels, réservés via les entreprises, ne sont pour leur part pas complètement revenus à leur niveau d’avant la pandémie.

"De nombreux grands voyageurs ont réévalué cet aspect de leur vie et ne veulent plus être des forcenés de la route", remarque Henry Harteveldt.

En revanche, de plus en plus décident de prolonger un voyage professionnel de quelques jours, voire de travailler temporairement depuis un autre endroit. "Je suis allé à Paris pour une réunion la semaine dernière et j’y ai passé le week-end pour le plaisir", a ainsi raconté Glen Hauenstein. "Avant, je serais probablement rentré directement." Chez American, 45% du chiffre d’affaires vient désormais de cette catégorie de voyageurs mêlant travail et plaisir contre 30% pour les touristes et 25% pour les purs voyages d’affaires.

Une aubaine pour les compagnies ?

Cette évolution semble être une bonne affaire économique pour les compagnies : ces voyageurs sont plus enclins à s’abonner aux programmes de fidélité ou à réserver leur billet directement sur le site de la compagnie, a souligné Robert Isom, le patron d’American Airlines.

Les compagnies ont enfin profité de la volonté de certains voyageurs de débourser un peu plus pour un vol amélioré. "Ils paient pour plus de confort, de meilleurs services, pour réduire le stress et les tracas, ils paient pour les sièges avec plus d’espace pour les jambes, en premium economy voire, pour ceux qui en ont les moyens, en classe affaires", remarque Henry Harteveldt.

Il est encore "difficile de spéculer" sur la persistance de cette dernière tendance, notamment avec le ralentissement économique, avance toutefois Chris Raite, de la société d’investissement Third Bridge.

Face à la forte demande et faute de suffisamment d’appareils ou de pilotes pour proposer plus de sièges, les compagnies ont pu nettement augmenter leurs prix ces derniers mois. "On veut maintenant voir si elles pourront conserver les prix élevés au quatrième trimestre et ensuite", remarque Chris Raite.

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