Belgique

Nucléaire : en attendant Engie (encore et toujours) …

Philippe Walkowiak

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18 oct. 2022 à 10:05 - mise à jour 19 oct. 2022 à 05:08Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

Le gouvernement fédéral promettait un accord avec Engie sur la prolongation de deux réacteurs. Pour fin septembre. Fin de la blague, qui visiblement ne fait plus rire le président du PS. Paul Magnette semble prêt à envoyer l’armée pour nationaliser manu militari le parc nucléaire belge. Presque.

Position de force

Au risque de se répéter, la classe politique belge a placé la multinationale française dans une situation idéale pour celle-ci. Entreprise privée, Electrabel est passée sous pavillon français sans réelles garanties comme la sortie du nucléaire a été totalement négligée.

Aujourd’hui, le nucléaire n’est plus une priorité pour Engie et à force de procrastination politique, la Belgique risque de se retrouver dans une position énergétique délicate.

Engie peut faire pression sur les prix, sur l’implication financière du gouvernement belge alors que celui-ci ne dispose que très peu de moyens de coercition, quoiqu’en disent quelques présidents de parti.

" Nationalisation " illusoire

Si en Belgique, la gestion de l’eau demeure une compétence publique, cela n’a jamais le cas pour l’électricité (hormis quelques exemples locaux). Les pouvoirs publics belges se sont longtemps entendus avec des groupes privés (derrière lesquels se trouvaient la Générale ou GBL) qui leur rendaient bien, via des intercommunales mixtes redistribuant de juteux dividendes. D’ailleurs, particularisme belge, le réseau de transport électrique (ELIA) a toujours pour actionnaire majoritaire, les communes, le pouvoir local.

La production reste confiée au secteur privé. En position de force face à un gouvernement quémandeur et sans alternative. Le choix du gaz comme moyen de transition vers le renouvelable s’avère aujourd’hui une solution hasardeuse, mais il est sans doute trop tard. Engie est déjà passé à autre chose et fera payer très cher l’éventuel maintien de nucléaire.

Une nationalisation brutale est impossible, une nationalisation contrainte entraînerait un bras de fer judiciaire aussi incertain que très long. Il reste à négocier. En jeu : l’approvisionnement électrique de tout le pays après 2025 et les dizaines de milliards d’euros que coûteront un jour ou l’autre le démantèlement des vieilles centrales nucléaires et la gestion des déchets radioactifs sur… des milliers d’années. Rien que cela.

@PhWalkowiak

 

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