Coronavirus

Obligation vaccinale des soignants : le PS refuse toujours le licenciement du personnel non vacciné et avance une contre-proposition

© Tous droits réservés

18 nov. 2021 à 19:51 - mise à jour 18 nov. 2021 à 22:16Temps de lecture3 min
Par Fabien Van Eeckhaut

Le PS n’en démord pas et refuse toujours le principe de voir sanctionnés des professionnels de santé non vaccinés qui tomberaient sous le coup du texte actuellement débattu au sein du gouvernement De Croo. Il met désormais une contre-proposition sur la table qu’un "vent favorable" nous a apportée. On va y revenir. Mais quelques rétroactes s’imposent.

La vaccination obligatoire des soignants : trois mois que le fédéral en parle, que le Comité de concertation Etat fédéral-Régions a donné son feu vert, engageant le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke à la mettre en œuvre. Un travail de longue haleine pour s’assurer de disposer de la bonne base juridique ou encore sonder experts, scientifiques, employeurs et employés. De longues discussions aussi en gouvernement jusqu’à un accord finalement obtenu entre vice-premiers ministres ce lundi soir pour une obligation vaccinale des soignants au 1er avril 2022 (avec une période de transition enclenchée au 1er janvier) et des sanctions allant jusqu’au licenciement.


►►► À lire aussi : Coronavirus : le CD&V se prononce en faveur de l’obligation vaccinale pour tous


Sauf que depuis – mardi -, le président du PS Paul Magnette a dénoncé l’accord sur les soignants, désavouant du même coup son vice-premier et ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne coauteur du compromis de lundi en comité ministériel restreint (kern). Paul Magnette s’efforçant d’ouvrir – bruyamment sur les réseaux sociaux, surtout après que les syndicats des soins de santé aient exprimé toute leur colère – le débat pour la vaccination obligatoire pour tous.

Suite de la semaine. Mercredi, en Comité de concertation, c’est le N°1 wallon Elio Di Rupo qui s’est efforcé de relancer le débat mais il a été aussitôt éconduit : l’idée a été renvoyée à une étude confiée au commissaire Corona Pedro Facon sur les manières de "maximaliser la vaccination dans la population". Une étude, une mission, sans date, et c’est tout. Un "encommissionnement" qui ne dit pas son nom. Hormis le PS, le reste du gouvernement De Croo considère que l’accord de lundi acté en kern reste valable, "puisqu’aucun vice-Premier ministre n’a exprimé d’objection", ce que Frank Vandenbroucke a redit en conférence de presse, soutenu par un très sonore "en effet" du Premier ministre Alexander De Croo.

Contre-proposition du PS

En termes de procédure, il manque donc une ultime confirmation à donner cette fois en conseil des Ministres ce vendredi. Nous y sommes. Une discussion a priori de pure forme en première lecture avant que le texte ne soit envoyé au Conseil d’Etat. Mais cela pourrait finalement s’avérer bien plus compliqué avec pas mal de tension dans l’air au sein de l’équipe Vivaldi.

Car ce jeudi, veille du conseil des ministres, le PS, via le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne, a déposé une contre-proposition refusant toujours tout licenciement de soignants faute d’une obligation vaccinale pour tous. En quelques mots, l’idée serait de prolonger la période de transition prévue pour que les soignants puissent éventuellement se mettre en conformité, période pendant laquelle ils peuvent compter sur le chômage temporaire (non dégressif contrairement au chômage dit "classique") si leur contrat se voit suspendu, mais de faire en sorte que la sanction ultime, le licenciement ou rupture de contrat, n’intervienne que "dans le cadre d’une obligation vaccinale étendue à toute la population". Pas de licenciement si les soignants sont les seuls en cause, afin de ne pas créer d’inégalité, de discrimination au sein de la population.

Une proposition qui, forcément, n’a pas fait l’objet d’un accord entre chefs de cabinets dans la soirée et qui revient donc sur la table des principaux ministres ce vendredi matin. Elle pourrait être fraîchement reçue et poser un vrai problème de gouvernement… Si le PS s’entête et si sa proposition devait être rejetée par les autres partis de la majorité.

Obligation vaccinale des soignants: préavis de grève (JT 18/11/2021)

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous