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Obligation vaccinale : Leïla Belkhir apprend sur Twitter sa participation aux auditions de la Chambre

Leïla Belkhir a appris sur Twitter sa participation aux auditions de la Chambre.

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20 janv. 2022 à 00:18 - mise à jour 20 janv. 2022 à 06:52Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin

L’obligation vaccinale sera-t-elle ou non décidée ? Pour tenter d’y voir plus clair, la Commission Santé et Égalité des Chances de la Chambre a dressé une liste de 32 experts représentant une multitude de disciplinesTous sont chargés de donner leur avis au sujet de cette question épineuse. Parmi ces experts, nous retrouvons Leïla Belkhir, infectiologue aux cliniques universitaires Saint-Luc.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intéressée ne s’attendait pas à être sollicitée. "Je n’ai pas été appelée… j’ai appris ma participation mardi après-midi sur Twitter", s’étonne-t-elle ce mercredi sur le plateau de "QR le débat". Soit la veille de la publication de la liste. "Je trouve qu’il eut été plus correct de demander aux personnes d’abord si, ne fût-ce qu’au niveau du timing, c’était envisageable."

L’infectiologue s’est ensuite étonnée d’apprendre que Twitter connaissait déjà son avis sur la question : "Alors que je ne me suis jamais exprimée à ce sujet. Nous savons que je suis pour la vaccination, mais la question de la vaccination obligatoire est différente", assure-t-elle. "Avant de pouvoir répondre à la question de l’obligation vaccinale, il faut pouvoir connaître les objectifs et le schéma de cette obligation éventuelle." Ce dont elle est par contre sûre, c’est qu’il est indispensable de mener un débat scientifique et non politique à ce sujet.

Et ce débat est également bien accueilli par les politiques présents sur le plateau. "Ecolo-Groen a demandé un débat au mois de novembre", a révélé Gilles Vanden Burre, chef du groupe Ecolo-Groen à la Chambre. "Aujourd’hui, mon groupe et moi-même avons plus de questions que de réponses par rapport à l’obligation vaccinale. Quel est l’impact d’une éventuelle sanction ? Quel est l’impact sur le lieu de travail ? Nous ne savons pas. Il faut étudier cela en profondeur."

Alda Greoli, députée wallonne cdH, indique elle aussi être ouverte à la discussion : "Le cdH s’est prononcé pour l’obligation vaccinale. Ce que je redoute le plus, c’est l’hypocrisie et les dissensions profondes dans la population. Le pass vaccinal, sans obligation vaccinale, c’est de l’hypocrisie. S’il faut discuter pour la protection de la population, nous sommes pour un débat éclairé par différents scientifiques. C’est pour nous le dernier ressort malgré la situation sanitaire qui s’améliore."

Outre l’éventuelle pertinence de l’obligation vaccinale, sa mise en application est-elle vraiment autorisée ? "En droit, cette éventualité est possible", répond Patrick Charlier, co-directeur d’Unia, l’institution publique indépendante active dans la lutte contre la discrimination et qla défense de l’égalité des chances en Belgique. "Des vaccinations obligatoires existent en Belgique, que ce soit dans le domaine de la santé avec l’hépatite B ou le vaccin contre le tétanos pour les personnes qui travaillent dans les centres de tri, ou la polio. Cela étant, la vaccination obligatoire ne pourra être défendue que s’il y a un intérêt majeur en termes de protection de la santé et de la population. Si les experts disent que nous n’avons pas cette garantie, on ne sera pas dans la proportionnalité qui justifiera cette vaccination obligatoire."

20 millions de doses, 32.500 effets secondaires

Également présent sur le plateau de "QR le débat", le professeur de Santé publique et épidémiologiste (ULB) Yves Coppieters est revenu sur les effets secondaires liés à la vaccination anti-covid. "En Belgique, un peu moins de 20 millions de doses ont été administrées", mentionne-t-il. "En regardant les statistiques de l’Agence Fédérale des Médicaments, on voit qu’on a environ 32.500 effets secondaires dont 11.000 graves (absentéisme essentiellement à cause de la température, des courbatures). Parmi ces effets secondaires graves, 8% concernent des myocardites, péricardites, thromboses, embolies ou encore problèmes de menstruations… mais la fréquence de ces problèmes n’est pas plus importante – voire même moins importante – qu’en population générale. Puis il y a 260 décès qui ne sont pas attribués à la vaccination, mais en lien. Et 4 d’entre eux qui sont plus directement liés à la vaccination."

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