Odin et Sacha, deux American Pit Bull interdits de territoire à Waterloo

Deux Pit Bull comme celui-ci sont désormais interdits de territoire à Waterloo.

© FADEL SENNA - AFP

22 sept. 2020 à 10:52Temps de lecture4 min
Par RTBF

Odin et Sacha sont interdits de territoire à Waterloo. Odin et Sacha, ce sont deux American Pit Bull qui ont fait l’objet d’un rapport négatif d’un vétérinaire comportementaliste sur leur dangerosité après un incident particulièrement violent dans une artère de la commune. Résultat : un arrêté de police pris en vue d’écarter les deux canidés. Leur propriétaire a attaqué cette décision auprès du Conseil d’Etat : ce dernier l’a débouté.

Un Berger des Pyrénées euthanasié après une bagarre

Tout commence le 17 mai dernier. La police est appelée dans le quartier de l’avenue du Prince Albert. Comme l’indique le rapport des forces de l’ordre, "un chien type American Staff se trouve sur le trottoir (...) chemin des Noces. Celui-ci est attaché à l’aide d’une corde à un poteau. Nous constatons qu’à son cou se trouve un collier avec en dessous un maillon de grosse chaîne en métal avec un mousqueton. Nous constatons un peu plus loin sur le trottoir quelques traces de sang ainsi que des touffes de poils visiblement arrachés durant la bagarre. Il n’y a plus aucune trace d’un autre chien sur place."

Que s’est-il passé ? L’enquête de quartier laisse apparaître qu’une riveraine promenait son chien lorsque passant devant une habitation, un American Pit Bull bondit. Il se jette sur le chien de la riveraine, un Berger des Pyrénées âgé de 12 ans, qui subit l’assaut. "Visiblement, le chien était dans un état grave", dit le rapport de police. Il est emmené chez un vétérinaire où il sera euthanasié.

Le propriétaire de l’American Pit Bull est retrouvé. "Celui-ci explique directement que son chien était attaché dans le jardin et qu’il ne sait nous dire comment celui-ci s’est détaché. Il signale que son chien a de gros problèmes avec les autres chiens mais que concernant les humains, il n’y a aucun problème", précisent encore les forces de l’ordre qui vérifient les dispositifs d’attache du Pit Bull. Il n’est d’ailleurs pas seul : un deuxième Pit Bull vit dans l’habitation du maître.

Expertise vétérinaire

Mais voilà, ce n’est pas le seul incident impliquant Odin et Sacha relaté lors de l’enquête de voisinage. Un procès-verbal va donc être dressé. La police constate une clôture de jardin beaucoup trop hermétique (grillage de 40 centimètres de hauteur, trous dans la haie…) et la présence d’un cousin d’entraînement à deux mètres de hauteur.

Une expertise vétérinaire est ordonnée. Le constat est clair : "Les deux chiens du requérant présentent un niveau de risque 3 (sur 4) quant à des agressions potentielles sur les humains, de par leur puissance musculaire, l’entraînement à la morsure tenue, au mordant, à leur impulsivité, au déficit de leurs autocontrôles, leur poids, la stimulation à la poursuite, et un niveau de risque de 4 (sur 4) d’agressions potentielles sur les animaux, de par les accidents précédents, leur puissance musculaire, l’entraînement à la morsure tenue, au mordant, à leur impulsivité et l’entraînement excessif de celle-ci […]"

Un risque maximum de dangerosité

"Les chiens présentent actuellement, compte tenu des modalités de leur garde (propriété non sécurisée, chiens non muselés lâchés sur terrain) un risque maximum de dangerosité", lit-on encore.

Un arrêté de police est pris le 20 juillet, au cœur de l’été. Celui-ci ordonne donc "l’interdiction sur le territoire de la commune de Waterloo, des deux chiens de race American Pitt bull terrier, dénommés respectivement Odin et Sacha".

Leur propriétaire décide de contester la décision des autorités communales et demande la suspension de l’arrêté de police. Sur quelles bases ? Il affirme avoir droit à une contre-expertise et l’intervention d’un arbitre en cas des résultats contraires. Le maître évoque également des délais très courts tant pour faire appel à un contre-expert que pour placer ses chiens "qui sont ses compagnons de vie", lit-on encore dans la décision du Conseil d’Etat.

Mais pour la juridiction, qui a rendu un arrêt le 6 août dernier (et publié ces jours-ci), les motivations du propriétaire ne sont pas suffisantes. L’interdiction de territoire d’Odin et Sasha est par conséquent confirmée.

Des interdictions d’office dans plusieurs communes

Il faut savoir que plusieurs communes en Belgique interdisent à leurs citoyens de détenir ou d’élever des races de chiens réputés dangereux. C’est le cas par exemple à Ans, Quaregnon, Seraing, Chapelle-les-Herlaimont

A Waterloo, les races dangereuses ne sont pas interdites mais le règlement général prévoit d’autres dispositions. Lesquelles ? "L’interdiction de provoquer des combats de chiens, d’entraîner ou de dresser dans tout lieu public un chien à des comportements agressifs."

Ce n’est pas tout. "A la demande du bourgmestre afin d’envisager les mesures adéquates à prendre à leur égard, les chiens présentant l’une des caractéristiques suivantes pourront être examinés par un médecin-vétérinaire : les chiens pouvant constituer un danger potentiel pour autrui en raison de ses attitudes comportementales et/ou caractérielles agressives ou d’antécédents agressifs dont il aurait fait preuve ; les chiens estimés dangereux par un fonctionnaire de police ou d’un représentant de l’autorité ; les chiens qui ont présenté une menace pour un tiers."

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