RTBFPasser au contenu
Rechercher

Politique

Olivier Maingain sur l'abattage rituel : "Plusieurs choses ont été tues dans ce débat soit par ignorance, soit par calcul"

L'invité de Matin Première : Olivier Maingain, ancien président de Défi

Le dossier de l'abattage rituel divise la majorité du gouvernement bruxellois, tout comme les partis politique

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

17 juin 2022 à 07:49Temps de lecture3 min
Par Victor de Thier, sur base d'une interview réalisée par Thomas Gadisseux

La Parlement bruxellois va-t-il interdire d'abattre un animal sans l'étourdir ou au contraire autoriser l'abattage rituel ?

Le vote a lieu ce vendredi, mais les différents partis sont plus divisés que jamais, alors que l'interdiction de l'abattage rituel a déjà été rejetée la semaine dernière en commission. Pour rappel, ce texte a été déposé par Défi, Groen et l'Open VLD. Pourtant aujourd'hui, même au sein de Défi, la question ne fait pas l'unanimité. Son ancien président Olivier Maingain est l'invité de Matin Première ce vendredi. 

"Une faute politique irréparable"

Alors que le président de Défi François De Smet soutient le texte qui fait l'objet du vote de ce vendredi, Olivier Maingain évoque quant à lui une "faute politique irréparable". "Je souhaite qu'il y ait des avancées significatives sur le bien-être animal dans le cadre de l'abattage rituel, mais j'ai eu le sentiment à voir l'évolution du débat que nous sommes en train de manquer l'opportunité d'avoir un dialogue fructueux qui conduise à un résultat réel et pas à un trompe-l'œil", précise-t-il.

Selon l'ancien président, le dialogue n'a pas été mené jusqu'au bout non seulement avec les professionnels de la protection animale, mais aussi avec les représentants des cultes concernés. "Il y a des voix progressistes parmi eux. Il y a ceux qui sont soucieux d'avoir une avancée sur la protection du bien-être animal, mais tout cela doit se faire dans le dialogue. Or, il y a une chose que l'on tait toujours. C'est que la Cour de Justice de l'Union européenne dit bien que l'on peut mettre une limitation proportionnée à la liberté religieuse en imposant certaines conditions à l'abattage, mais la Cour de Justice dit dans le même temps, que l'on ne peut pas interdire l'importation de viandes halal ou kasher qui sont abattues conformément aux rites et provenant certainement de pays où les conditions d'élevage sont encore nettement moins favorables que chez nous." 

Le spectre de l'extrême droite

Pour Olivier Maingain, le débat sur l'abattage rituel ne peut être tranché grâce au vote de partis extrêmes. "Il vaut mieux tenter de chercher la voie de la conciliation entre démocrates, plutôt que de laisser ce débat arbitré par l'extrême droite. C'est pourquoi je parlais de faute politique irréparable. Je prétends qu'il y a des voies possibles et que nous ne les avons pas suffisamment explorées".

L'une des voies possibles, selon lui, est la saignée de l'animal - qui a une symbolique très importante - suivie immédiatement par un étourdissement. "Certains religieux ne l'accepteront pas, car ils sont très conservateurs. D'autres l'accepteront. Mais n'est-ce pas là la voie de la raison si l'on veut faire un véritable progrès du point de vue du bien-être animal sans faire l'humiliation des communautés religieuses concernées", s'interroge-t-il.

Il n'y a pas le consensus nécessaire dans ce type de débat.

C'est pourquoi Olivier Maingain préconise un report du vote ce vendredi afin de se donner le temps de la recherche d'une conciliation possible". "Malheureusement, pour le moment que ce soit une option ou l'autre pour le moment, c'est droit dans le mur. Il n'y aura pas le consensus nécessaire dans ce type de débat."

Une position à l'encontre de son président

Toujours est-il que la position de l'ancien président de Défi va à l'encontre de celle de l'actuel président François De Smet, quitte à le décrédibiliser publiquement.

Jeudi en Prime

François De Smet - Président DéFI

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

"Je fais un débat de principe, de valeur", rétorque Olivier Maingain. "Ce n'est jamais déshonorant. C'est l'histoire de mon parti d'avoir eu l'audace d'être toujours plus lucide et plus attentif que d'autres sur un certain nombre de valeurs et de principes. Je me permets de rappeler qu'il faut avoir cette audace intellectuelle pour avoir de la sincérité démocratique".

En revanche, il l'assure, hors de question pour lui de briguer à nouveau la présidence de Défi. 

Sur le même sujet

Bruxelles : l'abattage rituel sans étourdissement reste la règle

Belgique

Pétition pour le maintien de l’abattage rituel à Bruxelles : les 127.000 signatures déposées ce mercredi au Parlement régional

Regions

Articles recommandés pour vous