On vous explique le scandale des universités américaines

On vous explique le scandale des universités américaines

© JOSEPH PREZIOSO - AFP

18 sept. 2019 à 10:00Temps de lecture3 min
Par Chloé Rosier

Le système universitaire américain

On vous explique le scandale des universités américaines
On vous explique le scandale des universités américaines FREDERIC J. BROWN - AFP

Vous n’êtes pas sans savoir que le système d’accession à l’éducation supérieur aux USA est bien différent du nôtre. Des études extrêmement chères (jusqu’à 100.000$ l’année) et un système hyper élitiste. Il est très difficile de rentrer dans les meilleures universités (la Ivy League) parce que ce ne sont pas uniquement vos résultats (aux SATs, une espèce de Bac américain) mais également votre parcours personnel, vos activités extrascolaires, vos investissements dans des associations caritatives, vos compétences en sport, en politique, en journalisme, toutes les perspectives de votre vie sont décryptées, analysées et jugées.

Ce n’est pas l’étudiant qui choisit son université mais bien l’inverse.

Si votre dossier est suffisamment convaincant, vous êtes alors invité à vous rendre à l’université pour rencontrer des conseillers et passer d’autres entretiens afin de savoir si vous êtes un réel atout pour l’université.

Les dérives et fraudes

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On vous explique le scandale des universités américaines travelview - Getty Images

Dans un système pareil, une étudiante qui a de très belles notes mais n’est pas suffisamment investie dans la vie associative se verra fermer les portes de l’université qu’elle aurait aimé rejoindre. Vous imaginez le stress et la préparation que tout cela demande ! Parfois même, les parents décident de l’école primaire en fonction de l’université dans laquelle ils aimeraient mettre leur enfant (qui n'a que 6 ans pour l’instant). Les dossiers sont à préparer à partir de 15 ans et envoyés une année à l’avance pour pouvoir se retourner si l’on essuie des refus.
 

Pour cette raison, les plus fortunés essaient parfois de tricher pour pouvoir faire rentrer leurs enfants. Enfants qui ne sont peut-être pas les plus intelligents ou les plus engagés et qui, dans un autre système, auraient pu avoir accès à l’éducation qu’ils voulaient mais qui, dans le système américain, se retrouveraient sans université pour poursuivre leurs études. Alors pour les parents qui ont les moyens (et on vous parle de vrais moyens, pas d’une simple épargne), il est possible de rentrer en contact avec une entreprise de services qui, contre plusieurs centaines de milliers de dollars, truquera les résultats aux SATs ou trouvera des combines pour faire rentrer un étudiant par une porte dérobée (sous bourse sportive par exemple).

Le cas de Felicity Huffman et Lori Loughlin

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On vous explique le scandale des universités américaines JOSEPH PREZIOSO - AFP

C’est ce qu’ont fait Lori Loughlin (Tante Becky dans "La fête à la maison") et Felicity Huffman (Lynette dans "Desperate Housewives").

La première a trafiqué les raisons d’admissions de ses deux filles qui ne passaient pas le niveau des SATs demandé pour entrer à la prestigieuse University of Southern California. L’entreprise illégale a donc fait passer les dossiers grâce à des bourses d’études pour l’équipe d’aviron bien qu’elles n’en aient jamais fait et que la photo de leur dossier d’admission les montre sur un rameur (un appareil de musculation). Le coût de cette opération ? 500.000 dollars.

La seconde, notre Desperate Housewive préférée, a demandé de l’aide au responsable d’une société spécialisée dans la préparation aux SATs afin qu’elle ait un meilleur score (donc trafiquer les résultats) et qu’elle puisse entrer dans son université de prédilection. Une fraude qui lui aura coûté bien moins cher qu’à Lori puisque ce service n’était "qu’à 15.000$". Le tout, sans que sa fille soit au courant ! La pauvre s’est vue virée de l’université illico presto.

Deux petits arbres qui cachent une forêt de scandales. En effet, toutes les universités sont touchées et toutes les couches du système : parents, coaches, recruteurs,… des pots-de-vin en veux-tu en voilà.

Des sentences bien senties

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On vous explique le scandale des universités américaines DAVID MCNEW - AFP

Les deux stars américaines ont espéré, pendant quelques mois, ne pas devoir passer par la case prison mais c’était sans compter sur le juge qui veut faire un exemple de ces deux cas et a donc été très dur dans sa décision : Felicity Huffman a été condamnée à 14 jours de prison ferme, un an de liberté surveillée, 250 heures de travaux d’intérêt général et 30.000$ d’amendes.

L’actrice tente un mea culpa :

"Je suis profondément honteuse de ce que j’ai fait. J’ai infligé plus de dommages que je ne l’aurais jamais imaginé […]. Je voudrais m’excuser une nouvelle fois auprès de ma fille, de mon mari, de ma famille et du système d’éducation pour mes actions ".

Le procès de Lori est toujours en cours mais la sentence devrait être comparable, voire pire puisque la fraude concerne deux enfants et des sommes bien plus élevées que celle dépensée par Felicity.

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