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One Piece Red : des fans complètement incontrôlables font déraper les avant-premières du film

Le film a suscité beaucoup de réactions, positives comme négatives

Que l’on vous rassure tout de suite, cet article ne spoilera d’aucune manière le prochain film One Piece. Après Strong World, Z, Gold et Stampede, One Piece RED est le cinquième film d’animation où Eiichiro Oda, auteur du manga, est aux manettes. Le synopsis indique que l’équipage des Chapeaux de Paille s’en va assister à un festival de musique où Uta, une chanteuse mondialement populaire, chantera pour la première fois. Mais qui est-elle donc ? Quel est son pouvoir ? Serait-elle la fille du fameux pirate Shanks Le Roux ?

Si vous suivez l’actualité du manga et de l’anime, vous n’êtes sûrement pas passés à côté de ce tweet viral où l’on peut voir des fans de One Piece totalement incontrôlables dans une salle d’un cinéma marseillais, lors de l’avant-première.

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On peut le voir, l’engouement des fans s’est révélé très impressionnant : beaucoup de cris, des pop-corns à en pleuvoir, des gens qui se déshabillent ou encore des spectateurs qui se placent devant l’écran. Si la renommée du manga qui perdure depuis plus de 20 ans n’est plus à prouver, la communauté de fans est toujours plus grandissante au fil des ans. Le fait d’appartenir à une communauté renforce notre identité en tant que fan d’un contenu qu’on peut partager avec d’autres personnes. Mais dans ce cas-ci, dans cette salle de cinéma, les choses ne sont-elles pas allées un poil trop loin ?

Au-delà de cette vidéo, il semble que l’engouement de certains fans de One Piece ait été dépassé par une vague de harcèlement envers l’une des comédiennes de doublage et chanteuse, Ado. Cette dernière interprète les chansons du personnage de Uta dans One Piece Red. A titre informatif, Uta (歌 | うた) signifie littéralement "chanson" en japonais. Et selon les détracteurs de Twitter, le fait qu’elle chante dans le film serait une raison de s’en prendre à la chanteuse. Cette dernière, face à la haine reçue majoritairement de la part de la communauté francophone, a d’ailleurs tweeté en japonais : "Je ne suis qu’un être humain."

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Alors, bien évidemment, ce mouvement de haine ne représente pas l’entièreté de la communauté des fans de One Piece. Ado a reçu énormément de messages de soutien en réponse à son tweet.

Mais on est en droit de se poser la question : ce phénomène de "super-engouement" dans les salles de cinéma est-il récent ? Appartient-il seulement aux spectateurs de films d’animation japonais ?

Un engouement qui ne date pas d’hier

En mars dernier sortait le film "0" de Jujutsu Kaisen, issu du manga de Gege Akutami. L’avant-première était diffusée dans la prestigieuse salle du Grand Rex à Paris et on peut y voit des réactions similaires au film de One Piece.

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Des cris de joie, des exultations comme on pourrait en voir durant un match de foot. Se rendre au cinéma pour y voir un film d’animation japonais très attendu en groupe, en communauté est un sentiment plaisant, on sait qu’on passera un bon moment, entouré de personnes qui partagent notre passion. C’est un fait, surtout quand l’univers du manga et de l’anime est devenu bien moins marginal comme il l’était au début des années 2000, surtout en France.

Il serait réducteur de concentrer ce genre de phénomène aux amateurs de mangas et d’animes. En effet, des manifestations similaires se déroulaient déjà dans les années 70 et 80, notamment durant le Festival du Film Fantastique et de Science-fiction, de 1975 à 1989, à Paris. On apprend via Plans Américains, site spécialisé du cinéma américain, que les engouements d’aujourd’hui ne sont pas grand-chose comparés à ceux qui se déroulaient durant ce festival.

Une idée qu’on peut se faire de l’ambiance déjà à l’époque |
Une idée qu’on peut se faire de l’ambiance déjà à l’époque | Plans Américains

Pendant les projections, le public manifestait bruyamment son enthousiasme et ses dégoûts. […] L’architecture du Rex encourageait ces délires : du 2e balcon fusaient vers l’orchestre sacs de farine, confettis et projectiles en tout genre […] devant les yeux médusés des journalistes et invités, à l’abri au 1er balcon.

Autant dire que ces débordements ont eu raison de l’absence grandissante des journalistes et des puristes à l’époque. En effet, c’est en 1989 qu’eut lieu la dernière édition de ce festival. Ce genre de phénomène ne date donc pas d’hier.

Face à ces mouvements d’ultra-fans, les cinémas européens et américains ne savent plus trop sur quel pied danser. A contrario, et fait amusant, le public japonais aimerait voir ce genre d’enthousiasme et de réactions exacerbées dans leurs salles de cinéma quand il s’agit de films d’animation.

Que peuvent faire les cinémas face à ça ?

Tout d’abord restons dans la nuance : profiter d’un film avec une bande d’amis dans la joie et la bonne humeur, à parfois exulter ou crier le nom d’un personnage, c’est cool. Mais qu’en est-il de crier tout le long d’une séance ou bien de répandre du pop-corn partout dans la salle ?

Plusieurs solutions pourraient être mises sur la table. D’une part, on pourrait penser à la présence de vigiles durant certaines séances qui s’assureraient qu’il n’y ait pas trop de débordements. D’autre part, les cinémas pourraient proposer des séances où des débordements seraient "tolérés" et ainsi prévenir lors d’une réservation que la diffusion risque d’être bruyante. L’idée de proposer plus de séances, par exemple, est également non négligeable.

Cependant, cela mettrait les petits cinémas dans une situation économique difficile et ce serait donc inégal face aux grands groupes audiovisuels comme UGC. Ce genre de débordements pose également la question sur les personnes dont le travail est de nettoyer ces salles de cinéma souillées : nettoyer une salle de cinéma, oui, la rénover entièrement entre deux séances, non.

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