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OTAN, Union européenne, G7 : un marathon diplomatique pour Joe Biden en Europe, sur fond de guerre en Ukraine

23 mars 2022 à 16:35 - mise à jour 24 mars 2022 à 10:52Temps de lecture3 min
Par Wahoub Fayoumi, avec agences

Renforcer l’unité des Occidentaux, alourdir les sanctions contre la Russie… Le président Joe Biden aura du pain sur la planche lors de son séjour en Europe, avec comme optique de résister au bouleversement par Moscou, avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, de l’équilibre des forces de l’après-Guerre froide.

Ce voyage s’apparentera à un véritable marathon diplomatique. En une seule journée, le président américain participera jeudi à Bruxelles à trois sommets internationaux : de l’Otan, du G7 et de l’Union européenne. Joe Biden tentera d’afficher sa fermeté face au président russe Vladimir Poutine, mais aussi de tenir sa promesse de redonner aux alliances des Etats-Unis leur lustre terni par quatre années de présidence Trump. "Ces derniers mois, l’Occident a été uni. Le président va en Europe pour s’assurer que nous restions unis" et pour "envoyer le message fort que nous sommes préparés et engagés pour aussi longtemps qu’il le faudra", a souligné mardi Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale du président américain.

Renforcer l’OTAN

À l’occasion de son déplacement en Europe, Joe Biden se joindra donc "à nos alliés pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie et renforcer les sanctions existantes", afin d’éviter que Moscou ne les contourne, a dit Jake Sullivan, qui ajoute que le président américain va aussi "travailler avec les alliés sur des ajustements de long terme" concernant la présence de l’Otan en Europe de l’Est, a poursuivi le conseiller à la sécurité nationale.

Il annoncera par ailleurs "une action commune pour renforcer la sécurité énergétique de l’Europe", mais aussi "des contributions supplémentaires américaines" pour les actions humanitaires en Ukraine et pour l’accueil des millions d’Ukrainiens ayant fui la guerre, a signalé son conseiller.

Vendredi et samedi, Joe Biden se rendra en Pologne, pays allié au sein de l’Otan, et aussi première destination pour la majorité des millions d’Ukrainiens fuyant la guerre. A son programme : une rencontre avec des militaires américains, dont les détails ne sont pas encore connus, un engagement en lien avec l’accueil des réfugiés et une rencontre avec le président polonais Andrzej Duda.

Du gaz pour l’Europe

Interrogé par des journalistes alors qu’il quittait la Maison Blanche mercredi sur le risque d’une attaque russe à l’arme chimique en Ukraine, le président Biden a jugé qu’il s’agissait d’une "menace crédible".

Ce sujet devrait donc aussi être au menu de ce marathon diplomatique, qui mènera aussi le président américain à assister au sommet du Conseil européen, dans l’après-midi de mercredi. Le président américain a déjà décrit un leader russe "dos au mur", un "criminel de guerre" adoptant des tactiques meurtrières pour les civils. Mais une guerre qui dure sera aussi un défi pour la belle unité jusqu’ici affichée par les Occidentaux.

Après les premières rafales de sanctions économiques et financières, très dures, les options de représailles coordonnées se réduisent, butant sur les fortes disparités entre pays, par exemple en termes de dépendance au gaz russe.

L’Union européenne de son côté souhaite obtenir des engagements de la part des Etats-Unis sur des livraisons supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) au cours des deux prochains hivers, a déclaré mercredi la présidente de la Commission européenne, à la veille du sommet de mercredi. "Je discuterai demain avec le président Biden des moyens permettant d’accorder la priorité aux livraisons de GNL des Etats-Unis à l’Union européenne dans les prochains mois", a dit Ursula von der Leyen devant le Parlement européen à Bruxelles.

L’UE dit vouloir réduire sa dépendance au pétrole et au gaz russes après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Un G7 pour resserrer les liens

La difficulté est la même sur le plan militaire. Après des revirements stratégiques majeurs de certains pays et des annonces de livraisons d’armement massives de la part des Américains, comment soutenir encore davantage l’armée ukrainienne ?

Surtout quand Joe Biden a dit et répété qu’une confrontation militaire directe avec la Russie, par exemple au travers d’une zone d’interdiction de survol, était exclue.

Un autre objectif du président américain est de s’assurer, comme l’a promis mardi Jake Sullivan, que les Occidentaux parlent "d’une même voix" face à la Chine. Washington a déjà averti que Pékin s’exposerait à des représailles en cas de livraisons d’équipement militaire à la Russie. Jusqu’ici, les Etats-Unis n’ont toutefois rien vu de tel, a assuré mardi le conseiller à la sécurité nationale.

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