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La matinale - Poésie

"Où est ma maison ?" de la poétesse iranienne Haleh Chinikar, mêlant persan et français, un recueil visuel qui touche au cœur

Le moment poésie

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Un recueil sur la langue, le langage, les mots et sa place dans le monde. Un tout petit recueil, très beau paru aux éditions La place en novembre dernier : Où est ma maison ? de Haleh Chinikar, artiste plasticienne et poète née à Rasht en Iran et installée à Bruxelles depuis 2007.

Langues de cœur

Dans ce premier recueil publié, Haleh Chinikar écrit en français, mais elle y fait souvent référence au persan, sa langue maternelle ou plutôt comme elle préfère l’écrire sa langue d’origine. Elle évoque cet état d’entre deux dans lequel elle se situe désormais au milieu de ces langues de cœur.

Ma langue d’origine est le persan.
Ma langue d’adoption est le français.

Langues de cœurs.

15 années ont passé depuis son arrivée, et on peut dire qu’Haleh Chinikar possède désormais deux cultures et deux langues, le français et le persan, deux alphabets. Deux langues qu’elle convoque et qu’elle entremêle concrètement dans sa vie et dans sa poésie. Deux appartenances aussi qui rendent plus complexe son inscription au monde et qui trahissent des questions existentielles sur l’exil, la distance, l’identité.

en se mble bâ yek digar
c’est le mot qui me donne de l’espoir.

Tisser les mots

En plus d’être poète, Haleh Chinikar est une artiste plasticienne, elle dessine, conçoit des performances, des installations qui font appellent au corps, à la mémoire, au textile et au langage. Ces deux derniers aspects se rencontrent sous forme littéraire d’un bout à l’autre de ce recueil, elle aime tisser des mots entre eux :

Je commence à tisser, je tisse ami.e, aimer,
et amitié ensemble

aimitié

aimitié

Un recueil visuel

Dans Où est ma maison ?, on rencontre des mots écrits en persan, d’autres apparaissent en italiques, ou dans une police plus petite. Il y a de l’espace, des grands espaces, des pages presque blanches, des points, des points d’interrogations, parfois une seule phrase sur une page, des mots déliés, imprimés à gauche, ou à droite. En écho à son travail artistique, les vers qu’elle trace sur la page composent des figures, des images, des formes : toute une géographie qui donne du sens aux mots et contribue à l’expérience poétique.

Tout en simplicité ce recueil touche au cœur et nous bouleverse.

"Je regarde mes mains"

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