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"Où êtes-vous ?", à Namur, le petit magasin de vrac l’Entre-pot a perdu la moitié de ses clients

L’Entre-pot à Namur
03 déc. 2021 à 17:59Temps de lecture2 min
Par A. Stas

"Où êtes-vous ? Vos bocaux ont-ils été remisés dans votre garage ?" ce sont quelques mots d’un message bien plus vaste que Marine Ledoyen, gérante du magasin de vrac l’Entre-pot à Namur a adressé à ses clients. "On avait besoin de savoir où sont passés nos clients. Le message a été bien perçu. On a été sincère, c’est toujours difficile d’avouer que les affaires vont mal. On a reçu des réponses sincères". Les clients qui ne viennent plus dans la boutique, et dans le centre-ville de Namur évoquent trois principales raisons : une nouvelle offre vrac plus proche de chez eux, les habitudes durablement modifiées par le télétravail et une baisse importante du pouvoir d’achat.

"Le covid nous a coupé les ailes en plein vol"

Le petit magasin situé dans la corbeille namuroise a ouvert ses portes en janvier 2018. "Chaque mois, on avait plus de monde. On n’arrêtait pas de grimper. Et puis, *paf* l’annonce du confinement. Ça nous a coupé les ailes. Le centre-ville s’est vidé… Littéralement ! Depuis, chaque mois, on se dit que le prochain sera mieux mais ce n’est jamais mieux". Depuis le début de la crise sanitaire, le petit commerce a perdu la moitié de ses clients. "On parle entre commerçants, ça ne va pas. Les rues sont vides. Et nous, c’était également un message global d’appel à l’aide du secteur vrac. C’est un secteur en souffrance. On a de nombreux témoignages, messages de gérants d’autres magasins qui vivent et constatent la même chose que nous. De plus en plus de magasins ferment".

L’Entre-pot à Namur
L’Entre-pot à Namur RTBF – Anaïs Stas

"Avec la crise sanitaire, les habitudes de consommation des gens ont durablement changé". Comme bien d’autres magasins, ce petit commerce cherche des solutions, essaye de s’adapter. "Le centre-ville s’est vidé. On a envisagé de partir en périphérie mais, dans notre ADN, on est un magasin de quartier. On veut créer du lien. On veut rester en ville. Là, on travaille sur un site internet, des commandes en ligne, peut-être un système de livraison… On réfléchit".

S’il n’y a pas la foule dans la petite boutique, quelques clients, des habitués de la première heure poussent encore la porte. "Pour moi rien n’a changé" précise Micheline "je viens comme avant". Martine qui ne jure que par les petits magasins ajoute "Je trouve que beaucoup de magasins ferment. Je vois qu’il y a moins de monde. Je me demande si ce n’est pas à cause du télétravail".

Le magasin de vrac a été considéré comme commerce essentiel dès le début de la crise sanitaire (puisque proposant des produits alimentaires). La boutique n’a jamais été obligée de fermer ses portes. Si le début de la crise a vu un engouement pour le circuit court, le magasin de Marine Ledoyen connaît une situation bien différente. "Est-ce parce qu’on est en centre-ville ? Ça doit jouer. J’ai aussi voulu écrire ce message sur les réseaux sociaux parce qu’on nous disait souvent 'mais vous, ça va'. Et bien non, ça ne va pas".

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