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Matin Première

"Oussekine", "We own this city", "Bosch: legacy" : la police, pour le meilleur et surtout pour le pire

L'Incontournable

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The Walt Disney Compay – JEAN-CLAUDE LOTHER

Hasard du calendrier, trois séries dans l'univers policier. Où l'on voit le meilleur, Harry Bosch pour qui "tout le monde compte ou personne ne compte" et le pire, avec les violences policières qui se sont réellement déroulées, de Paris à Baltimore.

D'abord, une surprise, du genre de celle qu’on n’attend pas le moins du monde : "Oussekine", sur Disney +. 

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Ce nom, Oussekine, est peu connu chez nous. Mais si vous avez grandi dans les années 80 et 90 en écoutant du rap français, ce nom vous êtes familier. Le jeune Malik a été battu à mort, un soir de décembre 1986. Alors, pas au cours d’une manifestation, comme le dit la presse à l’époque, non, il a été coursé, chassé par trois membres des forces de l’ordre et massacré à coups de matraque. Je vous parlais de surprise : jamais cette histoire n’avait été adaptée à la télévision ou au cinéma et il a fallu attendre que le géant américain Disney soit obligé d’investir en France pour qu’enfin cette affaire soit racontée au plus grand nombre.

La qualité de la série, c’est le parfait équilibre entre histoire intime et enjeu politique. La série est découpée en trois lignes du temps : les évènements le soir de la mort de Malik, une série de flash-back, qui raconte l’histoire de la famille et l’évolution du jeune homme, et puis la vie de la famille et son combat pour la justice, ainsi que la récupération politique vomissante de la gauche, avec à l’époque, un François Mitterrand président de la République en situation de cohabitation, et, dans la série, un Olivier Gourmet incarnant un ministre français de droite, Robert Pandraud, vous allez voir, un être humain de très piètre qualité. Le plus marquant, dans cette histoire, c’est l’incroyable dignité de cette famille. Les Oussekine seront violentés, insultés, menacés, une maison sera incendiée, mais ils seront restés dignes jusqu’au bout. C’est une grande leçon d’humanité à laquelle on assiste. Cette série est courte, quatre épisodes d’une petite heure, mais je l’ai trouvée très difficile à regarder tellement ce qu’on y voit est douloureux. Tout comme de se dire qu’on final, 35 ans plus tard, la mort de Malik n’a pas changé grand-chose. "Oussekine", c’est une série à voir sur Disney +, tous les épisodes sont disponibles depuis hier mercredi.

"We own this city"

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Série événement parce que nouvelle création de David Simon, monsieur "The Wire", la meilleure série qui existe, évidemment. Nous sommes, en 2022, 20 ans après les débuts de "The Wire", et cette nouvelle série, "We own this city", se déroule, elle aussi, à Baltimore. N’y voyez pas une suite directe à "The Wire", mais plutôt un constat que 20 ans plus tard, la situation ne s’est pas améliorée. A la différence de "The Wire", on ne suit pas des trafiquants de drogue, des malfrats parce qu’en fait, dans "We own this city", les malfrats, ce sont les membres des forces de l’ordre. On suit un groupe de policiers, membres d’une unité spécialisé, qui tordent toutes les règles pour faire du chiffre et s’enrichir. Et comme d’habitude avec David Simon, on est sur une écriture ciselée, dès la scène d’introduction. C’est plus aride que les séries précédentes de David Simon, en fait à l’image de livre dont il s’inspire, une enquête d’un journaliste local, Justin Fenton, tout juste traduit en français et qui s’appelle "La ville nous appartient", c’est aux éditions Sonatine. J’ai lu le livre, il y a plusieurs centaines notes de bas de page, on est sur du très sérieux, et la série s’en ressent évidemment. "We own this city" est une série furieuse, en colère, portée par un casting très impressionnant et dont les fans de "The Wire" auront plaisir de retrouver plusieurs vieilles têtes. Bref, c’est une grande série, 6 épisodes à voir sur Betv le jeudi. Le deuxième épisode, c’est ce soir.

"Bosch: legacy"

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Bosch, c’est le héros du romancier Michael Connelly. La série "Bosch" s’était arrêtée après sa septième saison, mais on savait qu’une série dérivée était en préparation. La voilà, ça s’appelle "Bosch : legacy", l’héritage. Je ne vais rien révéler, d’autant plus que la série prend un virage très différent des livres, à bon escient, il me semble. "Bosch: legacy" a beau être une série dérivée, c’est essentiellement la huitième saison de "Bosch". Cette nouvelle série a moins de moyens, le casting est donc plus restreint, il y a moins de scènes de nuit, qui plus chères à produire, il y a un petit peu moins de fluidité, parce qu’aux Etats-Unis, la série est diffusée avec de la pub. Mais pour le reste, c’est Bosch tel qu’on le connaît : c’est toujours aussi bien écrit et formidablement interprété. Le seul vrai défaut de la série, c’est son générique, qui ne fait pas le poids avec l’ancien. Pour le reste, c’est excellent. C’est sur Prime Video, quatre épisodes ont déjà été diffusés, et la suite arrive tous les vendredis.

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