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Ouzbékistan : 18 morts lors des manifestations la semaine dernière

Tashkent, Ouzbékistan

© Pawel Toczynski

04 juil. 2022 à 09:41Temps de lecture2 min
Par Belga édité par D. V. Ossel

Le parquet ouzbek a fait état lundi de 18 morts lors des troubles ayant opposé en fin de semaine dernière manifestants antigouvernementaux et forces de sécurité dans le nord-ouest de l'Ouzbékistan, où aucune opposition n'est tolérée.

"Dix-huit personnes sont mortes de leurs blessures lors des troubles de masse à Noukous", a indiqué Abror Mamatov, représentant du parquet, cité par l'agence Ria Novost. La garde nationale ouzbèke a de son côté fait état de 243 blessés.

Le président de l'Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, avait reconnu dimanche des "victimes" aussi bien parmi les civils que la police à la suite des manifestations vendredi et samedi pour dénoncer un projet de réforme constitutionnelle réduisant l'autonomie du Karakalpakistan, région pauvre du nord-ouest ouzbek dont Noukous est la capitale.

Le déroulé des évènements reste très flou, les autorités ayant coupé l'essentiel des moyens de communication durant les affrontements. Quelques vidéos ont filtré sur internet, montrant des personnes blessées et inconscientes. 

Etat d'urgence

Samedi, un état d'urgence d'un mois a été décrété dans la région. Parallèlement, le président ouzbek a promis de retirer les amendements constitutionnels décriés.

M. Mirzioïev a aussi accusé les organisateurs des manifestations de "se cacher derrière des slogans" politiques pour chercher à "prendre le contrôle des bâtiments officiels du gouvernement local" et pour s'emparer d'armes.

Depuis son indépendance à la chute de l'URSS, l'Ouzbékistan n'a jamais laissé émerger d'opposition. 

Arrivé au pouvoir en 2016 à la mort de son prédécesseur, l'impitoyable Islam Karimov, Chavkat Mirzioïev a mené d'importantes réformes économiques et sociales, promettant aussi des timides mesures de libéralisation politique. 

Réélu l'année dernière, il a plus récemment donné un tour de vis.

Les troubles de Noukous sont la crise interne la plus grave à laquelle le président ouzbek a été confronté jusque-là.

En 2005, son prédécesseur Islam Karimov avait fait réprimer dans le sang des manifestations à Andijan (est). Des centaines de personnes y sont mortes.

L'Ouzbékistan est de loin le plus peuplé des pays de l'Asie centrale ex-soviétique avec quelque 35 millions d'habitants.

 

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