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Parcs à trampoline, plaines de jeux intérieures : "On est des laissés-pour-compte, cette fermeture est une catastrophe"

05 janv. 2022 à 18:13Temps de lecture2 min
Par Sophie Mergen et Anne Pollard

Après les théâtres et les bowlings, c'est au tour des parcs à trampoline d'envisager un recours au Conseil d'Etat. Le secteur dénonce une fermeture injuste, actée au Codeco du 22 décembre dernier. 

"Les centres de fitness et autres activités sportives intérieures sont ouvertes ! Pourquoi nous, nous devons fermer? Nous répondons à tous les critères d'un sport" scande Francesco Losavio, propriétaire du parc à trampolines Jump XL dans la capitale. 

J'invite tous les ministres à venir sauter 5 minutes sur un trampoline, pour voir s'il s'agit ou pas d'une activité sportive ! 

Avec une superficie de 900 mètres carré, la salle Jump XL peut accueillir nonante personnes. La jauge avait déjà été réduite à cinquante pour diminuer le risque de transmissions. "Cela veut dire qu'il y avait 18 mètres carré d'espace par personne. Même dans le commerce, il n'y a pas de telles restrictions!" 

© Tous droits réservés

"On a l'impression que les politiques ont choisi plic ploc, qu'ils ont fait tourner une roue en disant : 'tiens, on va fermer tel ou tel secteur' déplore Francesco Losavio. 

Sur la trentaine de parcs à trampolines que compte la Belgique, vingt-cinq d'entre eux envisagent un recours au Conseil d'Etat. Parmi eux, Benjamin Place, cogérant du parc à trampolines Galaxy Jump à Braine-le-Comte. "On attend les décisions du Codeco de ce jeudi. Mais je ne me fais pas d'illusions". 

"Si rien ne s'annonce de bon, on s'associera avec d'autres parcs pour introduire un recours en justice"

Une chose est sûre : la belle saison est d'ores et déjà gâchée. "Nous réalisons au moins deux tiers de notre chiffre d'affaires entre Noël et Carnaval. Evidemment, quand on vous tire dans les reins sans crier gare au dernier moment et que vous devez fermer les deux semaines de vacances, c'est une catastrophe". 

Même amertume du côté de la plaine de jeux intérieure, située dans le même complexe. "Autant lors des fermetures précédentes, nous comprenions" estime Tiziana Milioto, cogérante du Galaxy Jump. "Autant ici, c'est vraiment injuste. On se sent mis de côté. C'était trop facile de nous fermer si vite". 

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"Il n'y a pas plus de gens ici que dans des centres de fitness. Il y avait moyen de trouver des solutions pour rester dans un endroit sûr. Nous avions déjà investi dans des capteurs de CO2" ajoute Tiziana Milioto. 

Si je n'avais pas mon métier d'enseignant à côté, nous serions déjà fichus.

Tiziana et Benjamin, qui se sont lancés comme indépendants en 2017, en sont convaincus : leur parc indoor n'existerait plus si Benjamin n'avait pas gardé son métier de professeur d'histoire. "Depuis le premier confinement, nous avons déjà perdu plusieurs dizaines de milliers d'euros qu'on ne récupèrera jamais" explique Tiziana Milioto. "Je ne compte pas exactement, car cela me rend malade". 

Depuis la dernière fermeture fin décembre, pas la trace de la moindre prime. "C'est scandaleux" dénonce Benjamin Place. "On n'a aucune perspective. Si ce n'est toujours pas en ligne pour le moment, cela veut dire qu'on n'aura rien avant des semaines" ajoute Tiziana Milioto.

On doit puiser dans les réserves. Cela devient tendu. 

Du côté de la Région Wallonne, on assure que les secteurs fermés seront aidés. Le montant de l'intervention et la fixation des plafonds de l'aide sont actuellement à l'analyse, nous signale-t-on du côté du cabinet du Ministre wallon de l'économie Willy Borsus. 

En attendant, le secteur se sent discriminé et demande une réouverture le plus rapidement possible. 

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