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Cyclisme

Paris-Nice, mise en jambe "improvisée" pour Gilbert : "Je n'ai pas encore étudié le parcours"

Philippe Gilbert, concentré, malgré les remous actuels du peloton cycliste.
08 mars 2020 à 08:02 - mise à jour 08 mars 2020 à 08:02Temps de lecture3 min
Par Antoine Hick avec Jacques Leunis

Alors qu'il s'apprêtait à disputer les Strade-Bianche, Philippe Gilbert a été contraint de revoir ses plans suite à l'annulation de la course italienne des suites de la propagation du Coronavirus. Pour ne pas totalement s'arrêter de courir, le Belge décidé de se présenter sur Paris-Nice. A quelques heures du grand départ, Gilbert s'est confié.

"On s'adapte comme tout le monde en changeant de programme et de pays. Je devais aller en Italie, maintenant je me retrouve en France. On fait ça un peu à la dernière minute, du mieux qu'on peut mais on s'adapte. Cela sert à rien de paniquer. On a attendu jusqu'au dernier moment pour voir si les courses italiennes étaient vraiment annulées ou pas. J'ai eu la chance de partir en voiture de Monaco deux jours avant les Strade. Cela m'a permis de ne pas prendre la route pour rien. J'avais un équipier qui était en Angleterre et c'était le dernier appel pour son avion et il n'arrêtait pas d'envoyer des messages pour savoir si l'annulation était officielle. Il l'a appris une minute avant que les portes de l'avion ne se ferment. Lui était dans un état de stress beaucoup plus important que le mien" sourit-il, fataliste.

Est-il inquiet face à l'éventualité de se retrouver cloîtré dans un hôtel, mis en quarantaine comme cela est le cas pour de nombreux coureurs, coincés aux Emirats  et tout juste délivrés de leur calvaire ? Pas forcément, à l'écouter...

"Cela peut tout aussi bien m'arriver quand je suis chez moi. Autant prendre le risque que ça m'arrive au travail plutôt qu'à la maison à ne rien faire. Le risque est là, quoi qu'on fasse, où qu'on soit. Ma vie de tous les jours m'expose au risque quoi qu'il arrive. A moins que je ne parte en stage en très haute altitude et que je m'isole complètement...ce qui n'est pas mon ambition. Si je veux continuer à vivre normalement, je m'expose."


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Sportivement, la donne change également puisqu'au lieu de disputer une course d'un jour (les Strade-Bianche), Gilbert s'apprête à s'élancer dans un périple d'une semaine, sur Paris-Nice. "La semaine n'a pas été facile. La façon de s'entraîner n'est pas la même pour préparer les Strade ou Paris-Nice. J'ai un peu adapté mon programme, je suis resté prudent en faisant un peu moins. Il fallait rester frais au cas où on pouvait disputer les Strade-Bianche mais du coup je ne pouvais pas faire de grosse sortie avant Paris-Nice, ce que j'aime faire en général."

Globalement, c'est l'incertitude qui plane dans le peloton. Milan-San Remo annulé, postposé, les organisateurs trouveront-ils une date ultérieure lors de laquelle la course pourra avoir lieu ? "C'est difficile, c'est une année olympique en plus. Dans tous les domaines, on part sur du conditionnel, on ne sait pas de quoi l'avenir proche sera fait. Est-ce qu'il y aura d'autres courses annulées ? A ce moment-là, est-ce que le Giro va se faire ? Les Jeux Olympiques ? Le Tour de France ? C'est difficile de se projeter, il faut rester concentré" ajoute Gilbert.

A 37 ans, Philippe Gilbert est désormais considéré comme un diesel dans le peloton. Pour gagner et performer, il doit rouler. Inenvisageable donc de ne pas disputer la moindre course. "Cela aurait été mauvais pour moi de ne pas disputer Paris-Nice. Si tout le monde le loupait, on restait sur un pied d'égalité. Mais là, si une partie du peloton le fait, c'était important pour moi d'être au départ. Pour le moment, je suis resté assez discret. Au Nieuwsblad, la forme était correcte. Je suis dans le bon timing pour les classiques qui arrivent."

La décision ayant été prise au dernier moment, Gilbert ne se présente pas avec des ambitions démesurées sur Paris-Nice : "Je vais prendre la course comme elle vient. Je n'ai pas encore étudié la course. Ce soir, quand on va recevoir le livre avec les infos et je vais pouvoir voir où je pourrai viser quelque chose." conclut-il.

 

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