Parlement bruxellois: Rudi Vervoort auditionné en commission spéciale Covid

Le ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale Rudi Vervoort, auditionné par vidéoconférence dans le cadre de la commission spéciale Covid

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08 oct. 2020 à 16:31 - mise à jour 08 oct. 2020 à 16:31Temps de lecture3 min
Par Barbara Boulet

L’image aura au moins le mérite d'en dire long sur l'époque: le ministre-président bruxellois a été auditionné ce matin par écran interposé par les députés bruxellois de la commission spéciale Covid. C'était juste avant de savoir qu'il allait être testé positif au coronavirus, mais la quarantaine lui avait déjà été imposée (ainsi qu'à l'ensemble du gouvernement) depuis que le ministre des finances et de la fonction publique Sven Gatz a été diagnostiqué porteur du virus.

Comment le gouvernement a-t-il géré la crise? 

Le premier chapitre qui s’est ouvert aujourd’hui à la commission spéciale Covid du parlement bruxellois porte sur la gestion par le gouvernement bruxellois et le collège réuni de la cocom de la pandémie du Covid 19 d'un point de vue de la sécurité et de la coordination, notamment avec les entités locales, depuis le début de l'épidémie jusqu'au 30 août.

Pendant plus d'une heure, dans un exposé assez technique, le premier Bruxellois a d'abord détaillé la répartition précise des compétences relatives à la gestion de la crise. Il a ensuite énuméré, date par date, toutes les décisions prises par les différents niveaux de pouvoirs compétents.

Dans la deuxième partie de l'audition, Rudi Vervoort a dû répondre à des dizaines de questions en tout genre, même si les députés l'ont surtout questionné sur l'agencement des différents rouages. Qu'est-ce qui a fonctionné et qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? La mécanique est-elle bien huilée entre les différents organes décisionnels?

" Je voudrais vous dire que je n'ai pas encore pris le temps d'avoir une réflexion aboutie sur le sujet, on a toujours le nez dans le guidon. Mais je pense qu'on devrait mieux préciser les rôles de chacun  dans l'arrêté qui fixe les procédures une fois que la phase fédérale est lancée. Là je dirais qu'il y a une part d'éléments assez flous. Je pense notamment aux capacités dont disposent les bourgmestres de prendre des arrêtés complémentaires" a-t-il répondu. 

La Haute Fonctionnaire en première ligne

A l'audition de Rudi Vervoort a succédé celle de la haute fonctionnaire de l'arrondissement de Bruxelles-Capitale, Viviane Scholliers. Un exposé au cours duquel la haute fonctionnaire a expliqué à quel point elle s'était démenée dès la fin du mois de janvier (et le premier cas suspect de Covid 19 à Bruxelles) pour alerter les autorités fédérales (de qui elle dépend) sur l'imminence d'une crise sérieuse - en vain dans un premier temps-, puis plus tard pour organiser le numéro d'appel 1710, organiser la constitution et la répartition des stocks de masques bruxellois.

L' intervention de Viviane Scholliers a été saluée par les commissaires de l'opposition CDH, MR et PTB pour la précision de son auteure, sa franchise, sa discrétion et son engagement. L'exposé a en revanche suscité quelques questions plus offensives de la part des députés Martin Casier (PS) et Ahmed Mouhssin (Ecolo) notamment. Tous deux se sont étonnés d'entendre la haute fonctionnaire dépeindre une gestion improvisée de la crise, alors que Viviane Scholliers a précisément pour mission de "préparer l'impréparable", d'élaborer des plans d'urgence.

"Je peux vous sortir plein de plans, a rétorqué la haute fonctionnaire: j'ai un master en management stratégique de la crise. Mais il y a une chose qu'on apprend en crise: c'est d'abord de l'humain. C'est au moins 50 % d'humain. Vous pourrez avoir tous les plans du monde, même quand vous allez en guerre, les plans, c'est la première chose que vous mettez de côté. Le plan n'est pas important, c'est le processus qui est important. Lorsqu'on se rencontre en faisant des plans, c'est ça qui est important".

On retiendra encore de la séance de ce jeudi que s'il avait été convenu initialement que le travail de la commission Covid porterait sur la période antérieure au 30 juin, le bureau a finalement décidé de prolonger la période analysée jusqu'au 30 août.

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