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Monde

"Partygate": Boris Johnson décrit comme un Premier ministre blessé qui s’accroche au pouvoir

07 juin 2022 à 10:26Temps de lecture2 min
Par Daniel Fontaine

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est remis au travail, ce mardi, presque comme si de rien n’était. Il a présidé un conseil des ministres, après avoir survécu la veille à un vote de défiance à la Chambre des Communes.

211 voix contre 148 : un résultat "concluant et décisif", estime Boris Johnson. Ce n’est pas l’avis de la plupart des analystes politiques britanniques qui soulignent que 40% des élus conservateurs ont voté contre leur Premier ministre. Ils ne lui pardonnent pas ses mensonges sur les fêtes organisées sans vergogne à sa résidence pendant le confinement.

Un vainqueur blessé

"Un vainqueur blessé"

"Quand plus que plus de quatre élus sur dix, parmi vos propres parlementaires, pensent que le pays se porterait mieux sans vous, vous avez un problème", résume l’analyste de la BBC Chris Mason.

Plusieurs journaux britanniques décrivent Boris Johnson comme blessé par le résultat du vote. "Un vainqueur blessé", titre le Times.

Le Financial Times estime que le vote révèle "l’ampleur de la division et de l’animosité" au sein du parti conservateur. "La révolte a été bien plus grave que ce que Downing Street avait prévu". Un ministre déclare anonymement que l’affaire n’est pas terminée : "Tous ceux qui étaient mécontents de Boris sont toujours mécontents".

La fête est finie

"La fête est finie, Boris"

Deux journaux populaires affichent le même titre : "La fête est finie, Boris", annoncent Metro et le Mirror. Metro estime que ses jours à la tête du gouvernement sont comptés. "Je serais surpris s’il était encore à Downing Street à la fin de l’automne", commente le député tory rebelle Sir Roger Gale.

Plusieurs journaux, comme le Telegraph, le décrivent comme un dirigeant qui s’accroche désormais au pouvoir. Tous rappellent que les autres Premiers ministres qui ont survécu à une motion de défiance sans un soutien massif de leur camp ont fini par devoir quitter le poste. Ce fut encore le cas de Theresa May, en 2018.

"Boris défie les règles habituelles"

"Comme nous ne le savons, contrairement à Theresa May et à John Major, Boris défie les règles habituelles quand il s’agit de se remettre en selle. Si ça se passe comme il le pense, il peut survivre", commente à la BBC un des fidèles du Premier ministre.

C’est que Boris Johnson peut toujours compter sur un noyau dur de proches, une "garde prétorienne". Ils affirment que le vote de lundi donne un nouveau départ au gouvernement pour s’attaquer à présent aux vrais problèmes britanniques. Un remaniement ministériel pourrait resserrer les rangs autour du chef du gouvernement et du parti, en récompensant ceux qui se sont montrés loyaux et en écartant les autres.

Nouveaux coups durs

L’équipe doit se préparer à faire face à de nouveaux coups durs. Deux élections partielles, prévues le 23 juin, s’annoncent catastrophiques pour les conservateurs. Un mauvais résultat pourrait faire craindre aux élus une sanction sévère aux législatives de 2024.

Et puis une autre enquête sur le partygate doit encore aboutir, une enquête parlementaire cette fois. Si elle conclut que le Premier ministre a trompé la Chambre des Communes, Boris Johnson est censé démissionner.

Sur le même sujet : JT du 06/06/2022

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