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Pas de zone de basse émission communale à Namur, malgré un rapport de l'ISSEP

Pas de zone de basses émissions à Namur, malgré les conseils de l'ISSEP
13 oct. 2020 à 09:212 min
Par Benjamin Brone

L’Issep, l’institut scientifique de service public vient de rendre son rapport, dans le cadre d’une étude sur l’impact d’une zone de basse émission communale, à Namur et Eupen. La ville germanophone n’atteint pas la taille critique nécessaire à l’instauration de telles mesures.

Par contre, l’interdiction des véhicules les plus anciens dans la capitale Wallonne, pourrait être bénéfique pour la qualité de l’air, en attendant le début du programme régional, en 2023.

Des rues en canyon

Namur n’anticipera pas l’interdiction des vieux diesels. Pourtant, d’après l’institut scientifique de service public, la configuration de la ville favorise la stagnation des polluants émis par les véhicules.

" On enregistre des données très élevées sur les axes pénétrants et la ceinture autour de la corbeille mais pas seulement ", explique Marie Dury, attachée à la cellule qualité de l’air (ISSEP).

Dans le centre-ville, les rues en Canyon, étroites et bordées d’immeubles hauts, contribuent à la détérioration de la qualité de l’air : " Cette géométrie ne permet pas une bonne dispersion de ces polluants. La rue Godefroid est un exemple parmi d’autres. Elle dispose d’un feu et d’une forte circulation de bus. On y relève d’importants niveaux de concentration. "

Des projections optimistes

Si Namur décidait d’instaurer une zone de basse émission, la qualité de l’air devrait s’améliorer, si l’on en croit les projections de cette étude : " Pour le dioxyde d’Azote, on voit qu’on pourrait diminuer les concentrations d’un quart, dix pourcents pour les particules fines et jusqu’à soixante pourcents pour le carbone noir. Il s’agit de microparticules fines caractéristiques du trafic routier. Pour le moment, ce polluant n’est pas encore réglementé et n’est donc pris en compte dans le cadre des normes officielles ", remarque Marie Dury.

"Ne pas pénaliser les plus précarisés"

Pas question de jouer les précurseurs. Instaurer anticipativement des mesures à l’égard des automobilistes, coûterait sans doute bien trop cher aux moins nantis. "Les plus précarisés, ceux qui souffrent déjà de la crise actuelle, risquent d’en faire les frais. Ce n’est pas le moment de se précipiter", conclut Charlotte Mouget, l’échevine en charge de la qualité de l’air à Namur.

"Nous avons déjà pris de nombreuses mesures pour améliorer la qualité de l’air, en instaurant une zone 20 dans la corbeille, des parkings de covoiturages", argumente l’échevine Ecolo. A deux ans de l’instauration des mesures régionales, Namur préfère s’aligner sur le calendrier de la Wallonie.

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