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Environnement

Pascal Mormal (IRM) sur les inondations : "Il y a malheureusement eu des dérives au niveau de la bétonnisation des sols"

L'invité de Matin Première : Pascal MORMAL

Météorologue à l’IRM

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Alors que les températures ont grimpé jusqu’à 32,6 degrés à Uccle le 18 juin dernier, un record depuis 1996, Pascal Mormal, météorologue à l’IRM, a été l’invité de Matin Première pour expliquer ces nouvelles vagues de chaleur.

D’emblée, l’expert souligne l’accélération, la répétition et l’intensification de ces phénomènes de chaleur constatées ces 30 dernières années. Si entre 1890 et 1990, une vague de chaleur se faisait ressentir tous les quatre ans en moyenne, avec autant de vagues de froid, nous avons comptabilisé 20 vagues de chaleur pour seulement 2 vagues de froid depuis 1991.

"On rencontre des extrêmes estivaux parfois début juin, voire fin mai, et on peut même encore les rencontrer jusqu’à la mi-septembre. Il faut se rappeler par exemple en 2020, on avait observé 34 degrés et 3/10 à Uccle le 15 septembre. Donc cette période de chaleur s’étend de plus en plus dans le temps et inversement, les séquences hivernales sont beaucoup moins intenses et moins durables", précise Pascal Mormal.

Pourtant, les précipitations sont elles aussi de plus en plus marquées, notamment au mois de juillet 2021, lorsque la Belgique a été confrontée à des niveaux jamais observés par le passé. L’équivalent de deux mois et demi de pluie s’est ainsi abattu en seulement 48 heures. "Quand on parle de dérèglement climatique en été, on pense plutôt canicules et vagues de chaleur. Mais ici, en l’occurrence, on était dans une situation de blocage. Au lieu d’avoir un blocage anticyclonique qui nous place sous un même type de temps ensoleillé et chaud pendant plusieurs semaines, on a été confronté à un blocage dépressionnaire avec ces fameuses gouttes froides", ajoute l’expert.

Et à l’avenir ?

Si nous avons été démunis face à la situation exceptionnelle de l’été 2021, Pascal Mormal pense que certains enseignements ont été tirés pour l’avenir, même s’il est "clair que face à une nature tellement déchaînée, on se rend compte qu’on est bien peu de chose" et que "les conséquences pourraient quand même être relativement graves".

D’où l’importance de veiller à ce que certaines zones inondables ne soient pas construites. "C’est vraiment important de prendre conscience du fait qu’il y a malheureusement eu parfois des dérives au niveau de la bétonnisation des sols, au niveau de l’urbanisation."

Et pour cet été qui vient tout juste de démarrer, Pascal Mormal écarte – en tout cas pour l’instant - le risque d’une sécheresse majeure au vu des récentes nombreuses pluies. "Maintenant, si pendant plusieurs semaines d’affilée, on n’a plus de précipitations notables, ça pourrait de nouveau devenir problématique. Mais on a plutôt un signal d’un été globalement plus chaud que la moyenne et peut-être plus sec", conclut l’expert.

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