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"Patientez , chacun son tour..." : l'Aide à la Jeunesse craque de partout et doit "prioriser"

04 janv. 2022 à 16:41Temps de lecture2 min
Par Veronique fouya

Prioriser. Depuis la crise du Covid, le terme s'est répandu dans les services de réanimation qui doivent sélectionner les patients qui bénéficieront de soins en premier lieu. Christine Jacquemart a aussi dû se résoudre à "prioriser". Elle travaille également dans le secteur du soin mais dans son cas, il s'agit de l'Aide à la Jeunesse. Elle dirige le SPJ (Service de Protection de la Jeunesse) de Dinant.       

Tous les jours, son équipe est amenée à placer des mineurs en danger suite à une décision du tribunal de la Jeunesse. Il peut s'agir d'enfants victimes de violences de tous ordres ou dont les parents souffrent par exemple d'assuétudes et/ou de problèmes de santé mentale. Ces enfants doivent être extraits temporairement de leur milieu familial et trouver refuge en institution ou en famille d'accueil.

Or, ces derniers mois , la situation s'est sensiblement dégradée. Les milieux d'accueil sont saturés et quand une place se libère, il faut la réserver pour le mineur le plus exposé. Les autres attendront parfois plusieurs mois avant qu'une solution d'hébergement ne se présente. On imagine aisément la charge mentale qui pèse sur les équipes. 

Un navire qui prend l'eau

Ce constat, tous les services d'Aide à la Jeunesse le font, davantage encore dans les grandes villes: l'aide à la jeunesse craque de partout. En 2020, plus de 40.000 jeunes ont été pris en charge. La moitié par les SAJ (Service d'Aide à la Jeunesse), l'autre par les SPJ (Service de Protection de la Jeunesse).

Depuis deux ans, la crise sanitaire a exacerbé les fragilités : certaines familles qui arrivaient vaille que vaille à tenir le cap, dysfonctionnent. En interne - et à l'instar des infirmières - , les équipes tournent à flux tendu. Les semaines font facilement plus de 40 heures et le découragement guette devant le sentiment de ne plus assurer correctement sa mission. La profession n'attire guère et des postes restent vacants pendant de longues périodes . 

En résumé : le navire prend l'eau de toutes parts et le secteur a tenu à tirer la sonnette d'alarme à travers une carte blanche diffusée en décembre dernier. "A ce jour, nos travailleurs sont épuisés (...) Notre secteur qui travaillait déjà à flux tendu risque de chavirer et nous ne savons pas si nous pourrons maintenir le bateau à flots." L'Union des Conseillers et Directeurs de l'Aide et de la Protection de la Jeunesse réclame donc aujourd'hui de disposer des moyens nécessaires à l'exercice de ses missions, comme le prévoient les textes légaux.

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