Vuelta - Cyclisme

Patrick Lefevere : "Une équipe est toujours à la hauteur de son leader, s'il vole, l’équipe vole"

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10 sept. 2022 à 11:01 - mise à jour 10 sept. 2022 à 11:07Temps de lecture2 min
Par Martin Weynants

La Vuelta touche à sa fin et Remco Evenepoel est toujours en tête. Il reste une grande marche à franchir : une 20e étape solide et piégeuse où ses adversaires semblent prêts à tout tenter pour le faire chuter de son trône. Signe de l’importance de ces deux derniers jours : le patron est arrivé en Espagne.

"On est confiant. Mais un grand tour dure trois semaines et on ne sait jamais où l’homme avec le marteau se trouve (expression néerlandophone qu’on peut traduire par prendre un coup sur la tête). Il est confiant et en bonne santé donc ça doit aller", avance prudent Patrick Lefevere, au micro de Kevin Paepen, envoyé spécial de la RTBF sur la Vuelta.

Il a beau bien connaître son coureur, Lefevere avoue avoir été bluffé par Remco. "Il m’a surpris. Je savais qu’il était prêt, qu’il avait fait énormément de sacrifices. Mais je n’aurais pas pensé qu’il allait atteindre un tel niveau. On l’espère toujours évidemment. On parlait de Top 10 et d’une victoire d’étape, on espérait un Top 5. Mais porter 14 jours le maillot rouge, avoir le poids de la course, rentrer à l’hôtel une heure plus tard que les autres, c’est quand même fatigant. Gérer la course comme il l’a fait, c’est fantastique. On disait qu’il ne savait pas descendre, il a montré qu’il pouvait le faire. On disait qu’il ne savait pas grimper les cols raides, il a lâché les meilleurs grimpeurs présents dans les cols raides (les Praeres, ndlr). Il a gagné le chrono de manière waouh et défendu le maillot jusqu’à ce jour. Il ne faut pas oublier qu’on n’a pas une équipe complète ici. Nous ne sommes qu’à cinq, plus lui. Être à 7 (plus le leader) pour défendre le maillot c’est important. On rigolait un peu de Quick-Step. C’est vrai qu’on n’est pas une équipe de Grands Tours, mais nous sommes là. Une équipe est toujours à la hauteur de son leader : si un leader vole, l’équipe vole".

Remco est bien sûr conscient de l’engouement en Belgique mais "il essaie de rester le plus possible dans sa bulle".

Se concentrer sur Mas

Enric Mas (ancien coureur de Lefevere) pointe à 2'07'' de la première place et n’a pas abdiqué. Il peut compter sur une très forte équipe Movistar. La tactique de Remco est simple : marquer l’Espagnol. "Il doit surveiller seulement un coureur et ne pas attaquer lui-même. Il doit rester avec Mas".

S'il a bien entendu son opinion, le boss du Wolfpack ne s’est pas mêlé de la tactique. "On a trois directeurs sportifs. Je ne suis pas l’homme des grands discours. Ma présence en dit assez". Pour Lefevere, qui a presque tout gagné dans le cyclisme, cette Vuelta pourrait constituer une sorte de couronnement. "Si on garde le maillot rouge jusqu’à dimanche, ce sera naturellement une grande journée pour l’équipe. Pour l’équipe sous cette forme-ci (Quick Step) parce qu’à l’époque Mapei on a déjà gagné la Vuelta et le Giro (en 1994 et 1996 avec Tony Röminger, ndlr)".

On imagine tout de même que remporter un grand tour avec un coureur belge aurait une saveur toute particulière pour Lefevere.

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