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Paul De Grauwe, économiste: "Dans le confédéralisme de la N-VA, la Wallonie finirait aussi endettée que la Grèce"

Le Grand Oral de Paul De Grauwe

Économiste

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14 déc. 2019 à 08:15Temps de lecture1 min
Par Maxime Dumoulin

Économiste à la London School of Economics, Paul De Grauwe, est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 14 décembre sur La Première et ce dimanche 15 décembre sur La Trois. Au menu : les élections au Royaume-Uni, le Green Deal européen et la situation de l’Etat fédéral belge.

C’est d’ailleurs au cœur de ce dernier point que nous abordons un sujet bien étudié par Paul De Grauwe : le confédéralisme voulu par les nationalistes flamands de la N-VA. Un projet qui serait loin de profiter à la Région wallonne. Il explique : "La dette fédérale serait transmise pendant 25 ans aux deux régions. Tous les revenus TVA seront employés pour diminuer la dette au niveau fédéral. Mais comme aujourd’hui, cette TVA est transférée en fonction de la population, la Wallonie y perdrait énormément".

Tant et si bien, selon l’économiste, que la Wallonie tomberait dans une précarité très préoccupante. "Je n’ai pas encore fait le calcul, mais je vois que le problème sera énorme pour la Wallonie. Sa dette par rapport au PIB prendrait des proportions telles qu’on les a vues en Grèce".

Le capitalisme sera sauvé par de l’investissement public productif

Vient ensuite la situation économique et l’absurdité apparente de certaines démarches à l’échelon européen : rachat massif de dettes, taux zéro, etc. Paul De Grauwe le concède, ça parait anormal. "Mais pourquoi en sommes-nous là ?", interroge-t-il. "A cause du manque de confiance en l’avenir. Quand il n’y a pas de confiance, les consommateurs épargnent et dans nos pays, cela fait longtemps qu’il y a un grand décalage entre l’épargne et les investissements. Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont même à 0%. La BCE ne peut plus rien faire".

Pour sortir de ce cercle vicieux, Paul De Grauw promeut l’investissement public. "Le Green deal va en ce sens. Maintenant, l’Union européenne et la commission doivent permettre aux gouvernements de s’endetter pour investir. D’une certaine manière, cela signifie que le capitalisme sera sauvé par de l’investissement public productif. C’est comme cela qu’on s’enrichit".

Paul De Grauw était interrogé par Bertrand Henne, Jean-Pierre Jacqmin et Béatrice Delvaux.

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