Le 8/9

Paul El Kharrat raconte les histoires criminelles de Paris les plus sordides dans son nouveau livre

04 févr. 2022 à 10:16Temps de lecture4 min
Par François Saint-Amand

Paul El Kharrat était l’invité du 8/9 pour présenter son nouveau livre Crimes et mystères de Paris. Le plus jeune champion des 12 Coups de Midi est revenu sur certaines histoires criminelles relatées dans son ouvrage, qui ont apeuré la Ville Lumière.

Après un premier livre sur son handicap d’autiste Asperger et sur ses victoires dans l’émission, Paul présente son 2ème ouvrage.

Paris, la Ville Lumière, la ville des amoureux, la ville de tous les fantasmes… On en viendrait à oublier sa face la plus sombre : celle de ses crimes et mystères.

Passionné de criminologie et d’Histoire, Paul revient sur les affaires criminelles qui ont secoué la Capitale française de la Révolution française à la Seconde Guerre mondiale.

Une étude pluridisciplinaire

Au-delà des effusions de sang et des histoires macabres, Paul El Kharrat s’est passionné pour les enquêtes criminelles à Paris pour ce qu’elles traduisent de la société.

"C’est une partie de l’Histoire qui permet de se plonger dans la psychologie d’un individu, d’une époque, dans un contexte socio-économique et dans une souffrance liée à l’humanité" explique-t-il. "Certaines personnes se sont montrées sous un jour difficile, sont devenues des hommes et des femmes connus pour avoir assassiné ou tué des individus plus ou moins connus, de manière plus ou moins atroce".

En résultent 37 portraits de criminels aux mobiles variés : des crimes passionnels, politiques ou idéologiques.

Pour l’ancien champion des 12 Coups de Midi, étudier l’histoire de la Justice, c’est en même temps étudier l’histoire des mentalités. "Quand on prend l’exemple les crimes politiques, on sait pertinemment que certains étaient assez fanatiques sur ce plan. Louis Pierre Louvel et Joseph Fieschi sont antimonarchistes et voulaient absolument détruire la branche des Bourbons ou des Orléans. Ils se sont mis pour le bien d’une humanité qu’ils pensaient meilleure sans la monarchie (NDLR : Louvel assassine le duc de Berry, fils du futur Charles X, en 1820 ; Fieschi rate un attentat contre Louis-Philippe, roi des Français en 1835, mais fait une dizaine de morts)" démontre entre autres Wiki Paul.

Des portraits inquiétants et méconnus du grand public

Outre les convictions politiques, Paul El Kharrat revient aussi sur un autre 'mal incarné' de la société qui déchaîne certains criminels : les prostituées.

C’est le cas de Louis-Joseph Philippe. Cet homme assassine pas moins de 10 prostituées entre 1861 et 1866, soit deux fois plus qu’un certain Jack L’Éventreur et une vingtaine d’années avant que le monde entier découvre avec effroi les meurtres du tueur en série de Whitechapel.

L’auteur et champion des 12 Coups de Midi de 22 ans s’est penché sur cette affaire car il reste méconnu du grand public. "Quand on fait des recherches, le seul moyen d’y arriver c’est de lire d’autres ouvrages ou d’aller aux archives" déplore-t-il. "Il est resté dans les limbes de l’Histoire et j’apprécie dépoussiérer cela pour parler de ces criminels inconnus et qui ont pourtant une vie palpitante et ont eu quelque chose à raconter. Malgré les 30 années qu’il a vécues avant d’être exécuté (NDLR : guillotiné en 1866), il est quand même un individu sordide mais à la vie tellement folle qu’on apprécie malgré tout le raconter".

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Une société empreinte de violence

Paul El Kharrat donne un autre exemple d’histoire de la criminalité pour mieux saisir la mentalité de l’époque, qui reflète le machiavélisme observé chez les meurtriers : le premier guillotiné de France… déçoit le public.

"Avant que la guillotine ne soit décrétée comme rasoir national, il y avait eu tout un témoignage du public vis-à-vis de cette solennité de l’exécution. C’est-à-dire que le condamné était face à un bourreau […] Il mettait sa tête sur le billot de bois et avec une hache ou une épée, cela dépendant du rang social du condamné, le bourreau lui tranchait la tête" rapporte Wiki Paul. Mais la lame parfois émoussée, ou la difficulté du bourreau à effectuer une coupe nette et précise, pouvait transformer cette exécution capitale en un long spectacle morbide lors duquel le condamné mettait parfois des heures à mourir. "Le public était soit complètement meurtri, soit dans une allégresse assez inquiétante. Cela donnait un certain spectacle et à l’image de la Rome Antique avec les gladiateurs, il était une part importante de la théâtralisation d’une condamnation à mort".

Alors quand la guillotine arrive et tranche la tête de, Nicolas Jacques Pelletier qui avait tué un passant pour lui voler de l’argent, le bourreau est hué. "Elle prend à peine une seconde pour étêter le condamné. Le spectacle est bien moins réjouissant, cela va beaucoup trop vite pour eux".

Le "crime parfait"

Un dernier pour la route ? Le 16 mai 1937 se déroule le crime parfait selon Paul El Kharrat. Laetitia Toureaux est assassinée dans une rame de métro bondée. Les dénonciations et les aveux affluent… mais on ne retrouve pas de suspect notable.

"Aucune personne ne s’est aperçue que la malheureuse Laetitia Toureaux était décédée une lame plantée dans le cœur alors qu’il était même cerné d’individus qui n’ont pas forcément fait attention. Depuis ce jour pas aucune piste n’a été ratissée par la police" raconte l’auteur. Il faut attendre 1962 pour qu’un médecin s’accuse du meurtre dans une lettre anonyme, mais il est trop tard, il y a prescription sur les faits.

Cette affaire résume bien la fascination de Paul pour l’histoire criminelle :

On pense souvent que la Justice triomphe et dans plusieurs cas, le criminel n’est jamais inquiété.

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Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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