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Belgique

Permis de conduire à point, trop répressif ? En France, 86% des conducteurs ont quasiment tous leurs points explique Benoît Godart, porte-parole de Vias

30 mai 2022 à 20:34 - mise à jour 30 mai 2022 à 20:46Temps de lecture3 min
Par Hugues Angot

Un permis de conduire à point bientôt sur la table du gouvernement. C’est le souhait du ministre de la mobilité. L’idée de Georges Gilkinet est de "prendre le meilleur de chaque système existant en Europe en matière de permis de conduire à points afin de mettre en place un système efficace et ciblé de lutte contre la récidive des comportements dangereux au volant". QR l’actu fait le point avec Benoît Godard, porte-parole de Vias et Michaël Reul, porte-parole de l’UPTR

Effet positif pour la sécurité routière ?

A entendre Benoît Godart, le permis à point a démontré ses effets en termes de sécurité routière : "Avant le permis à point en France, on comptait plus ou moins 10.000 morts sur les routes de l’hexagone. Ce chiffre est descendu aux alentours de 3500". Le porte-parole de Vias précise également que la Belgique ne souhaiterait pas se calquer sur le modèle français mais plutôt sur un système semi-automatisé. En clair, on pourrait perdre des points de matière automatique jusqu’à un certain niveau et puis pour l’éventuel retrait de permis, ce serait à un juge de statuer en fonction des circonstances.

De son côté, l’UPTR se refuse à voir cette baisse de morts sur les routes en France uniquement liées au permis à point. "Il ne faut pas nier les améliorations techniques favorables à plus de sécurité pour les usagers".

Davantage de conducteurs sans permis et sans assurance ?

Pour Benoît Godart, il faut balayer l’idée qu’un permis à point engendrerait une forte hausse des conducteurs sans permis et sans assurance. "Actuellement, on estime que près de 100.000 personnes roulent sans permis. Ça représente 1,7% des conducteurs et en France, ils sont plus ou moins à 2%. Nous ne sommes donc pas très loin du niveau français sans avoir ce permis à point. Par ailleurs, il faut savoir qu’en France, l’accès au permis est difficile et plus coûteux que chez nous. C’est aussi cela qui explique cette légère différence".

Différents systèmes possibles

Il faut préciser que les modalités du permis qui verrait le jour chez nous, ne sont pas encore claires comme l’explique le porte-parole de l’UPTR "Il faut voir ce que l’on recherche avec ce permis à point. Prendre toutes une série de petites infractions ou précisément mettre de côté ces petites infractions. Est-ce qu’on cherche à punir les récidivistes ou de menacer ceux qui font beaucoup de kilomètres parce qu’ils sont des professionnels de la route".

Un système trop répressif ?

Le porte-parole de Vias n’estime pas le système du permis à point soit exagérément répressif : "En France, 86% des conducteurs ont encore tous leurs points ou n’en ont perdu que 1 ou 2. Ceux qui perdent leurs permis, sont ceux qui commentent de toutes grosses infractions".

Michaël Reul a par contre, le sentiment que ce système est répressif uniquement. "Ce qui motive le monde politique avec les très nombreux contrôles, c’est de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. Nous penons qu’il a moyen d’agiter la carotte plutôt que le bâton pour faire avancer les choses".

Viser les récidivistes

Un accident sur trois en Belgique en Belgique est imputable à un récidiviste explique Benoît Godart: "Le problème en Belgique, c’est que vous pouvez multiplier les excès de vitesse, payez votre amende et ne jamais être véritablement inquiété. Tous ces récidivistes passent entre les mailles du filet. Le permis à point est une réponse à une certaine impunité".

Pour l’UPTR, chassez les récidivistes est louable mais il ne faut pas oublier que les conducteurs ne seraient pas égaux face à ce système. "Vous avez des personnes qui font des dizaines de milliers de kilomètres par an et puis certains qui roulent quelques centaines de kilomètres. Pour les premiers, le risque de perdre le permis est donc démultiplié. Nous plaidons, si ce système doit voir le jour, pour que les petites infractions ne soient pas prises en compte".

 

 

 

 

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