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Littérature

"Petiote", histoire d’un loser qui n’a plus rien à perdre, sauf sa fille

Gus, la quarantaine, est un loser. Dans sa vie il a tout raté, sauf sa fille Emilie, qui est la prunelle de ses yeux. Sans emploi, sans logement fixe, il squatte un vieil hôtel un peu miteux. Séparé de la mère de sa fille, il ne paie pas les pensions alimentaires et Emilie, 14 ans, lui parle à peine. Alors quand la juge lui annonce qu’il perd sa garde, c’est la déception de trop. Pour exprimer son ras-le-bol de cette vie de chien il décide de poser un acte désespéré: prendre en otage les clients de l’hôtel dans lequel il vit. En échange de leur libération, il demande une rançon: un avion pour le Venezuela où il pourra recommencer sa vie avec sa "petiote" Emilie.

Auteur de "Mamie Luger" et "Joueuse", deux succès de librairie, Benoît Philippon est de retour avec un roman centré cette fois sur le rôle du père. "L’idée pour moi était de raconter une histoire assez classique, celle d’une cellule familiale éclatée, celle d’un père qui a raté sa paternité et qui en est responsable. Il n’a pas été là et n’a pas assuré à aucun niveau, donc sa fille le rejette, comme peuvent le faire les enfants à 14 ans. L’idée c’était de traiter de ce fait banal mais de le mettre dans une situation extraordinaire avec une prise d’otages." nous explique Benoît Philippon.

"Petiote" présente une ribambelle de losers, d’antihéros, rejetés de la société et auxquels on s’attache très vite: une migrante enceinte jusqu’aux yeux, une prostituée qui a n’a plus rien à perdre, un sdf brisé par la société, un livreur Uber, un trafiquant d’armes, un journaliste avide d’images choc… Ils sont tous des laissés-pour-compte qui vont être, malgré eux, embarqués dans une histoire rocambolesque. Ces personnages si différents vont même se retrouver unis contre toute attente, autour d’un objectif commun : la demande de rançon de Gus. "Je ne voulais pas que les otages soient juste des figurants", nous confie l’auteur Benoît Philippon. "Je voulais qu’ils soient acteurs dans cette prise d’otages. Effectivement, chacun représente un phénomène de société dont je voulais parler ou dénoncer. Chacun va voir son histoire personnelle impactée par la décision de Gus, positivement ou négativement, il faudra lire le livre pour le savoir !"

J’aime écrire des fables. Je vois "Petiote" comme une fable urbaine dans une crise sociétale plus large.

Si "Petiote" est un roman noir qui touche à de grands thèmes de société, la lecture du livre est très divertissante, notamment par son humour. L’auteur a trempé sa plume dans le sarcasme et le second degré. En plus d’être auteur, Benoît Philippon est également scénariste et réalisateur. Quand il écrit une histoire, il nous confie qu’il est forcément influencé par le côté visuel de celle-ci. Effectivement, en lisant "Petiote", on a aucun mal à imaginer une adaptation cinématographique de cette histoire un peu folle: "J’ai remplacé ma caméra par le stylo mais ça reste quand même une forme narrative qui est très visuelle, même si elle est très littéraire aussi évidemment. J’écris des chapitres très courts avec des 'cliffhangers' à la fin de chaque chapitre comme dans une bonne série." Ses précédents romans seraient en négociation pour une éventuelle adaptation au cinéma, peut-être que ce sera un jour le cas pour "Petiote" aussi! Affaire à suivre...

Un roman publié aux Editions Les Arènes.

 

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