Belgique

Petit Château : la tension sur le terrain entraîne une fermeture temporaire du dispositif d’accueil des candidats réfugiés à Bruxelles

Le Petit Château, le centre d’accueil de FEDASIL à Bruxelles.

© RTBF – David Brichard

18 août 2022 à 10:00 - mise à jour 18 août 2022 à 13:48Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle

Des tensions intervenues ce matin devant l’entrée principale du "Petit Château" ont entraîné une fermeture temporaire de l’accès au site.

A l’origine de ces tensions, la décision de modifier le parcours d’accès au bâtiment.

Jusqu’à présent l’accès s’effectuait pour les nouveaux arrivants à l’arrière du bâtiment mais à la suite de réclamations de riverains, cet accès n’est plus opérationnel, l’accès unique s’effectuant à nouveau par l’avant du bâtiment, coté canal.

Mais jusqu’ici cet accès "canal" était réservé exclusivement au personnel de Fedasil et aux demandeurs d’asile qui séjournent déjà au "Petit-Château", ce qui explique la décision de fermeture temporaire du bâtiment aux nouveaux candidats à l’asile pour raison de sécurité. L’objectif avancé par FEDASIL étant de permettre l’aménagement d’une seconde entrée destinée à différencier les deux flux de personnes.

Centre d’accueil du Petit Château / Bruxelles.
Centre d’accueil du Petit Château / Bruxelles. RTBF – David Brichard

Un changement d’accès au site

Les tensions ont pour origine ce changement de dispositif qui ne permet plus temporairement aux nouveaux arrivants d’accéder au bâtiment.

L’intervention d’une dizaine de policiers a permis de calmer les esprits. Mais dans un souci de retour au calme, l’accès au centre d’accueil reste temporairement fermé. Sans qu’on sache à quel moment les portes rouvriront.

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Retour au calme mais pour combien de temps

Pour Sotieta Ngo, directrice générale de l’association CIRE, qui coordonne les initiatives en faveur des réfugiés, cette situation risque de jeter à la rue des mineurs non accompagnés et des femmes avec enfants qui ne peuvent pas s’inscrire et bénéficier d’un accueil d’urgence. Pour elle, la situation des dernières semaines où l’on attribue des priorités à l’entrée au centre pose de réels problèmes et est à l’origine d’une montée des tensions : "Ces tris que l’on dénonce, car il faut le rappeler, toutes ces personnes ont un droit et le cas des hommes seuls est le même que celui des mineurs non accompagnés, ils sont juste vus comme étant moins vulnérables mais le droit est le même pour tous".

 

Ingérable et dangereux pour le personnel

Du coté de Fedasil, on met en avant les tensions au sein du groupe des demandeurs d’asile mais aussi entre les demandeurs d’asile et les travailleurs du "Petit-Château" pour expliquer la situation actuelle. Une situation confirmée par Sotieta Ngo : " c’est devenu ingérable et même dangereux pour le personnel de l’accueil. Et nous tenons à affirmer notre solidarité avec ces travailleurs qui se plaignent, qui sont à genoux depuis de longs mois. Ils ne sont pas là pour trier les gens, ils sont là pour les accueillir en principe".

Vers 10h30 ce jeudi matin, il ne restait pratiquement plus personne derrière le nouveau dispositif de barrières installé pour faciliter l’accès au bâtiment des candidats réfugiés. Mais sur le fond rien n’est pour l’instant réglé.

Enfants en danger estime UNICEF Belgique

Dans un communiqué UNICEF Belgique constate que " ce matin, plusieurs enfants accompagnés de leur famille et quelques enfants non accompagnés se trouvaient devant la porte fermée du Petit-Château à Bruxelles. Lorsque ces enfants ne sont pas protégés et pris en charge de manière adaptée, leur sécurité est en danger ". L’organisation de protection des enfants rappelle que n’importe quel enfant qui a fui son pays a besoin d’être identifié et enregistré sans délai, dès son entrée sur le territoire et qu’il doit bénéficier d’un accueil qui répond à ses besoins. Et d’appeler le gouvernement belge à apporter son soutien à FEDASIL pour accueillir les enfants et les familles dans des espaces sûrs et à renforcer la capacité des dispositifs d’accueil pour les familles (y compris monoparentales) et les enfants non accompagnés de leurs parents.

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