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"Petite Sirène" : les réactions violentes comme preuve d’un besoin de changement - décryptage

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Tout comme la légende, le conte peut changer. En optant pour Halle Bailey en tant qu’actrice pour incarner le rôle d’Ariel dans "La Petite Sirène", Disney s’inscrit dans le changement. Toutefois, la pléthore de réactions violentes vis-à-vis du choix d’une actrice noire démontre que la représentation est un sujet sur lequel il faut se pencher davantage.

Lu trop souvent ces derniers jours sur les réseaux sociaux : "La petite sirène ne pourrait pas être noire car il y a peu de lumière sous l’océan, donc pas de production de mélanine". Pour contester le choix d’Halle Bailey dans la peau de la petite sirène, des internautes ont tenté de s’en remettre à la science. Pardon, à la "science". Face à ces arguments totalement dénués de sens, Jonathan Krego a listé en quelques commentaires tous les illogismes avant la couleur de peau d’Ariel (car il faut visiblement rappeler que nous parlons d’une créature imaginaire) et a pris soin de conclure son thread par ceci : "Pourtant on ne vous a pas vu militer pour H2O, Aquamarine ou TLM (The Little Mermaid) 1989. C’est presque comme si votre problème n’était pas vraiment l’exactitude scientifique".

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Le vrai problème

Ça fait deux semaines que Disney a dévoilé les premières images du remake en live-action de "La Petite Sirène" et en l’espace de deux semaines, on n’aura jamais autant lu le nom d’Halle Bailey sur Internet. Elle qui, selon le réalisateur Rob Marshall, "possède cette rare combinaison d’énergie, de cœur, de jeunesse, d’innocence et de profondeur – sans compter une voix extraordinaire – qui sont les qualités nécessaires pour jouer ce rôle iconique", a été la cible de réactions très violentes comme le hashtag #NotMyAriel ou carrément le blanchiment de l’actrice. Un certain @TenGazillionIQ a eu recours à une IA pour remplacer Halle Bailey par une femme blanche. Hitek rapporte que d’après @TenGzallionIQ, il pourrait carrément faire la même chose pour la totalité du film et ce, en 24 heures.

Mais "La Petite Sirène" est un conte et les contes peuvent changer. Hier blanche, aujourd’hui noire, la couleur de peau d’Ariel peut varier et ça n’a pas d’impact sur l’histoire. Par contre, si des petites filles ont été émues aux larmes en voyant que le personnage principal leur ressemble, ça démontre que la représentation, en l’occurrence la représentation positive des personnes non-blanches, est une thématique à prendre au sérieux.

En effet, qu’il s’agisse de personnages de dessins animés ou de protagonistes de films / séries, les caractères non-blancs ne suscitent aucune indignation lorsqu’ils véhiculent des stéréotypes, qu’ils incarnent des personnes secondaires ou encore, méchantes. Par exemple, lorsque la sorcière des mers, Ursula, a été jouée par Queen Latifah dans "La Petite Sirène en direct !" (2019), personne n’a fait appel à "la science" pour démontrer telle ou telle chose. Et pour cause, bien que l’antagoniste était une femme noire, le personnage principal blanc était toujours représenté.

Sur la page de sensibilisation à l’antiracisme "Sans Blanc de Rien", on peut lire que cette normalité de voir un personnage principal blanc, et donc le refus qu’il soit noir, est expliquée par la notion d’"accaparement de l’imaginaire".

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Le Whitewashing

Si en deux semaines, Internet a été retourné à l’idée qu’un personnage fictif puisse être noir, il n’en a jamais été le cas lorsque des personnes non-blanches ont été jouées par des acteurs blancs. Pourtant, il s’agit de Whitewashing ; une pratique courante à Hollywood qui trouve son origine dans le Blackface. Ladite pratique ne concerne pas seulement les personnages noirs mais aussi les Asiatiques comme dans le film "Breakfast at Tiffany’s – Diamants sur canapé" dans lequel Mickey Rooney joue le rôle de Monsieur Yunioshi. On parle également de Whitewashing lorsque des acteurs caucasiens tels qu’Anne Baxter et Yul Bryner prêtent respectivement leurs traits à Néfertari et Ramsès II dans "Les Dix Commandements".

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