Santé physique

Peut-on pratiquer un sport pendant le jeûne ? Qu’en disent Malik et Manzul ?

17 avr. 2021 à 10:00Temps de lecture3 min
Par Malik et Manzul Akhmedov avec Agnès Adams

La pratique du jeûne apparaît régulièrement comme pratique thérapeutique ou rituel religieux. Il peut être individuel ou collectif, unique ou intermittent, total ou partiel, hydrique ou sec. Mais qu’en est-il de l’exercice sportif durant une période de jeûne ? Rien ne l’interdit sous réserve de quelques précautions de base. Retrouvez celles de nos deux coachs de Bouge à la Maison, Malik et Manzul, en fin d’article.

Si vous êtes habitué à une pratique sportive, rien ne vous empêche de continuer pendant une période de jeûne. Mais ce n’est pas le moment idéal pour commencer une nouvelle activité en tout cas s’il s’agit de sport intense. Votre corps devra fonctionner avec de longues périodes de vide alimentaire et les performances pourront s’en ressentir. De même les risques de blessures seront accrus et la récupération sera ralentie.

 

Comment font les sportifs professionnels ?

Les sportifs de haut niveau pratiquant le jeûne doivent quelque peu adapter leurs habitudes. Onze études ont démontré par exemple que les coups de pied de haute intensité dans les sports de combat étaient moins fréquents. Aussi les performances en sprint le matin, dans le cas du ramadan, sont plus limitées. Nous avons interrogé Serge Pieters, diététicien agréé, spécialisé en nutrition des sportifs de haut niveau, conventionné par l’Adeps (Administration de l’Éducation physique, du Sport et de la Vie en Plein Air) : ses remarques et conseils.

 

Les risques

La déshydratation est l’un des risques majeurs d’un jeûne prolongé. Si le sportif a jeûné la journée il doit se "rattraper" la nuit. "Si possible en buvant des eaux fortement minéralisées, salées ou pétillantes, qui sont moins diurétiques", conseille Serge Pieters. Il évitera les boissons telles que le thé ou le café, plus diurétiques.

Une alimentation plus ciblée

La couverture en énergie et protéines a été interrompue, le corps manque de minéraux et de vitamines. "Il est bon alors de consommer des aliments plus riches en glucides complexes, riches en fibres alimentaires, qui se digèrent plus lentement. Le corps "profitera" davantage des nutriments et la sensation de faim sera postposée".

Le moment idéal

Dans le cas du ramadan, les trois créneaux d’entraînement possibles ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. 

Au lever du soleil :

  • Avantages : le corps a refait ses réserves en énergie et en eau.
  • Inconvénients : il n’est pas possible de recharger ses réserves pendant de longues heures ce qui peut provoquer déshydratation et hypoglycémie.

Juste après le coucher du soleil :

  • Avantages : le sportif pourra se restaurer après l’effort.
  • Inconvénients : le corps aura jeûné plusieurs heures et il sera difficile à l’athlète de maintenir un entraînement intense et long. Il risque aussi d’avoir plus d’appétit après l’effort et de manger trop ou mal.

Après son repas du soir :

  • Avantages : il peut s’alimenter avant et après.
  • Inconvénients : un repas trop copieux peut perturber la qualité du sommeil et provoquer des troubles digestifs.

 

Le témoignage !

Nous avons interrogé Leonardo Gambluch, Expert international - Entraîneur-chef Compétitions de combat à l'Association Belge Francophone de Taekwondo (ABFT).

Léonardo Gambluch entraîne les plus grands athlètes de la discipline, notamment la future équipe olympique de Tokyo. 

"L'expérience a beaucoup d'importance chez les sportifs de haut niveau en période de ramadan, le corps est habitué à des efforts intenses et il est résistant. Mais la tête est primordiale aussi. Nous communiquons beaucoup avec nos athlètes et travaillons en bonne compréhension. L'hydratation est essentielle, les sportifs y sont très attentifs ainsi qu'à leur alimentation. Les bonnes protéines, les bons glucides en font partie. De mon côté, je leur laisse des pauses un peu plus longues lors des entraînements en journée. Nous faisons des efforts de part et d'autre".

Qu'en est-il en cas de compétition ?

"Il est entendu d'un commun accord et selon les recommandations d'un expert, en l'occurrence Serge Pieters avec qui je travaille, d'interrompre le ramadan 3 jours avant la compétition, le jour de la compétition et le lendemain pour la récupération. Le sportif, dans ce cas, reportera les jours de non ramadan un peu plus tard". 

 

►►► Retrouvez Malik et Manzul pour quelques conseils précieux…

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