Belgique

Philippe Close (PS) en faveur de la légalisation du cannabis : "Le criminaliser met une partie de notre jeunesse dans les mains de réseaux criminels"

L'invité de Matin Première : Philippe Close

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18 juil. 2022 à 07:30 - mise à jour 18 juil. 2022 à 10:50Temps de lecture2 min
Par Alice Dulczewski avec Thomas Gadisseux

Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles et vice-président du PS, vient avec un grand plan drogues pour la ville de Bruxelles. Alors que la capitale connaît actuellement une recrudescence des incidents armés entre trafiquants de drogues, Philippe Close veut insister sur la répression des drogues dures, lutter contre les trafics, mais en même temps il se positionne en faveur de la légalisation du cannabis.

L’erreur d’une société est quand elle veut invisibiliser un problème

Au PS, dit-il, "on pense qu’il faut légaliser le cannabis et même organiser sa distribution comme ça se fait au Québec et dans 13 Etats américains." Il comprend cependant "qu'on doive avancer par strate" et dans un premier temps, il plaide en tout cas pour un "débat national" sur le sujet et désirerait "faire sortir le cannabis de l’action policière". Le bourgmestre de Bruxelles prend l’exemple des Pays-Bas, où le cannabis est toléré depuis des décennies, ainsi que l’exemple de l’Allemagne et du Luxembourg, deux pays qui vont débattre de la question dans leur parlement.

Selon lui, "personne ne veut promouvoir la consommation de drogues, mais il faut gérer le problème. L’erreur d’une société est quand elle veut invisibiliser un problème qui touche pourtant plein de strates de celle-ci".

Mais comment dépénaliser le cannabis, voire le légaliser, sans promouvoir en même temps le trafic de drogues ? "En réfléchissant à la distribution", répond Philippe Close, "en déterminant comment on peut se procurer cette drogue". Actuellement, continue-t-il, "criminaliser tout cela fait qu'on met une partie de notre jeunesse dans les mains de réseaux criminels et il y a beaucoup de familles qui y sont confrontées."

Selon Philippe Close, sortir cannabis de l'action policière permettrait aussi à la police de se concentrer sur les gros trafiquants et l'entrée de drogues dures dans le pays, comme l'arrivée massive de cocaïne via le port d'Anvers. "On est prêts à collaborer avec la police d'Anvers", souligne-t-il.

On aborde le problème de la drogue uniquement par la répression, ça ne fonctionne pas

Philippe Close dit aussi vouloir aborder la toxicomanie d'une façon "socio-sanitaire" qui ne serait pas concentrée uniquement sur la répression. "Pourquoi les gens consomment ? Comment on traite cette toxicomanie ? Comment on travaille avec cette jeunesse ?", demande-t-il, "on a ouvert une salle de consommation à moindre risque dans la ville de Bruxelles. On était les deuxièmes après Liège à le faire." Selon lui, il faut avant tout travailler sur la prévention et le suivi en soutenant sérieusement le milieu associatif. "Le phénomène de drogue nous interroge beaucoup plus sur notre rapport à la société. On aborde le problème de la drogue depuis 10 ans uniquement par la répression, jamais par la prévention et le suivi. Ca ne fonctionne pas", explique-t-il. 

Philippe Close voudrait mettre ce sujet à l'agenda politique avant les élections 2024. En pratique, confie-t-il, "les partis du sud du pays sont plutôt ouverts tandis que les partis du nord du pays sont plutôt fermés au débat."

Sur tout un autre sujet, Philippe Close s'est dit inquiet pour les personnes âgées à cause de la canicule. "Allez-sonner chez vos voisins pour voir si la personne va bien, si elle a de l'eau. Il faut tout mettre en place si on atteint 40 degrés demain" insiste-t-il.

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