Philippe Close sur l'annulation de la foire du Midi : "On a tout fait pour la maintenir, mais mon boulot est de ne pas tergiverser"

28 juil. 2020 à 07:28 - mise à jour 28 juil. 2020 à 07:28Temps de lecture4 min
Par Kevin Dero

Le bourgmestre de Bruxelles-Ville était l’invité de Matin Première ce mardi. Le socialiste Philippe Close est revenu sur l’annulation de la foire du Midi. L’événement, qui attire chaque année environ un million de personnes, devait se tenir en août. Face à la recrudescence des cas de coronavirus en Belgique, la décision a été prise, elle n’ouvrira pas ses portes. Malgré le fait que tout était déjà presque prêt pour une ouverture ce samedi.

La frustration des forains est immense, comme nous l’avons vu dans notre journal télévisé de ce lundi 27 juillet :

Philippe Close dit comprendre cette colère. "On a tout fait. Depuis le mois de mai on nous demande d’annuler cette foire. Depuis le mois de mai on tient bon, avec le Collège de la Ville, car on sait qu’elle fait partie de l’ADN de Bruxelles". La foire, âgée de 130 ans, rythme selon lui l’été des habitants de la capitale. Elle permet aussi à plus de cent familles de vivre. Familles qui n’ont pas de revenus depuis plus de six mois.

Philippe Close déplore cette fermeture mais s’y soumet : "On avait mis des protocoles extrêmement stricts. Mais après, il y a la décision du CNS, il y a l’épidémie qui reprend principalement à Anvers – on n’a pas encore ce rebond à Bruxelles-. C’est mon boulot de ne pas tergiverser". Le bourgmestre assure qu’il va aller voir les forains aujourd’hui et tenter avec eux quelles suites donner à cette décision. "On va voir comment on pourra indemniser une partie", déclare-t-il. La Ville pourra leur venir en aide ("c’est notre boulot"), mais Philippe Close espère que les autres niveaux de pouvoir mettront aussi la main au portefeuille pour aider les forains.

"Que veulent tous ces gens ? C’est travailler. C’est ça leur révolte". Pour Philippe Close, cette décision d’interdire la foire est difficile. Et d’ajouter : "C’est toujours plus simple d’interdire. Le boulot d’un bourgmestre de Bruxelles, c’est de faire des choses. De construire sa ville. De donner envie de sa ville. Si vous ne faites rien, vous n’avez pas de critiques. Ou alors elles arrivent à la fin parce que vous n’avez rien fait". Le mayeur dit se battre depuis des mois, notamment pour essayer d’apporter de la vie dans les quartiers et l’attractivité de la capitale.


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Concernant la foire du Midi, pourrait-on essayer de la maintenir quand même, en disséminant par exemple les attractions dans la ville pour en faire une sorte de "parcours forain"? Pour le bourgmestre, il faut respecter la décision du CNS (la fermeture), et ce n’est pas si facile : "Malheureusement, on ne peut pas faire d’événement public de plus de 200 personnes. Mais je compte agir pour aider les forains, ils ont toute ma considération". Pour les commerces alimentaires, la ville à autoriser des emplacements un peu partout en ville (baraques à frites ou à croustillons…). Mais "130 attractions, c’est difficile à disséminer sur la ville, tout en maintenant les règles sanitaires". Un grand huit est en effet plus compliqué à changer d’emplacement qu’une baraque à frites. De plus, selon lui, l’attractivité de la foire vient aussi du fait que les attractions sont rassemblées. "Il ne faut pas se voiler la face, on n’arrivera pas à disséminer 130 attractions sur la région", avoue-t-il.

 

Cibler et faire adhérer

35.000 emplois dépendent de l’Horeca à Bruxelles. Demain, comment va-t-on gérer cette crise sociale ? Le bourgmestre s’en inquiète. Pour lui et pour un retour à la normale le plus rapide possible en évitant un reconfinement et une mise à l’arrêt du pays, il faut notamment mettre l’accent sur le traçage. "Il faut absolument qu’on soit beaucoup plus ciblé. Le tracing pour ça est fondamental. Il faut mener de plus grandes campagnes de testing. On a les labos, on a l’expérience… Il faut les multiplier, c’est ce que l’OMS préconise".


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Pour Philippe Close, les Belges en général comprennent les mesures. Mais il faut qu’ils continuent à les faire y adhérer. L’important est là aussi.

Rappel des mesures du CNS de ce lundi, avec Quentin Warlop :

Le Mode d'Emploi : rappel des mesures à respecter

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Saison perdue

"Faire des grands événements, qui attirent 20.000 personnes, on peut le faire à la Ville. Mais pas cette année." Le bourgmestre dit essayer néanmoins de proposer des activités pour animer la ville, mais ce n’est pas simple avec de telles contraintes.

Mais comment faire pour convaincre les touristes de venir à Bruxelles ? Il faut être clair, malgré le fait "qu’on commençait un peu à remonter la pente", la saison touristique ne marchera pas cette année. "Mais aussi en Espagne ou ailleurs…" Pour Philippe Close, il ne faut pas se voiler la face, 2020 sera une année "horrible" pour le tourisme.


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Comment envisage-t-il le futur si la situation sanitaire venait à empirer ? "Pour le moment, des mesures plus ciblées, comme le port du masque obligatoire dans certaines rues, sont mises en place", explique le bourgmestre. Il n’y a pas encore de couvre-feu, comme à Anvers. Mais si la situation venait à empirer dans la capitale, Philippe Close annonce que des mesures plus drastiques pourraient être envisageables.

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