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Philippe Dehaes sur le départ à la retraite de Kim Clijsters : "Elle avait peut-être un peu sous-estimé la concurrence"

Kim Clijsters tire sa révérence.
12 avr. 2022 à 15:11Temps de lecture2 min
Par Antoine Hick

Clap de fin (définitif) pour Kim Clijsters. Quelques mois seulement après avoir annoncé son 2e come-back, en février 2020, la championne belge a décidé de re-ranger les raquettes au placard pour se concentrer à fond sur sa vie de famille. "Je suis impatiente de voir quelles nouvelles aventures vont croiser mon chemin" a-t-elle annoncé sur les réseaux sociaux, en guise d'adieux. Pour analyser ce court retour au plus haut niveau, freiné par diverses blessures et la pandémie, Eby Brouzakis a interrogé notre consultant tennis, Philippe Dehaes.

Pour lui, qui s'était déjà montré assez sceptique lors de l'annonce de son come-back en 2020, le problème aura surtout été physique : "Les contraintes du haut niveau sont importantes aujourd'hui au niveau physique. Elle s'était relancée dans l'aventure avec un corps qui n'était pas tout à fait en condition optimale. Elle a d'ailleurs souffert physiquement dans tous les tournois et matches qu'elle a disputés. Elle prend conscience que c'est plus difficile que prévu. Elle avait peut-être aussi un peu sous-estimé la concurrence. Donc ce n'est que la moitié d'une surprise parce que je n'y croyais pas du tout."

Maman de trois enfants, Clijsters aura tenté le tout pour le tout pour retrouver son meilleur niveau et s'offrir un come-back réussi avant de finalement s'avouer vaincue : "Elle est maman de trois enfants donc le corps souffre par rapport à ça, la récupération est compliquée. Je ne pense pas que beaucoup de come-backs réussis ont été faits par des athlètes qui avaient eu trois enfants, mais il faudrait vérifier. Ce qui a manqué ce n'est évidemment pas le talent tennistique parce qu'elle en a. Souvenez-vous de ses premiers matches contre Muguruza ou Konta, où elle avait perdu certes, mais les matches avaient été très serrés. Aujourd'hui, il faut être au taquet physiquement, très endurant, très rapide, très souple...il faut que toutes les qualités physiques soient présentes. Malheureusement, elle n'a pas su répondre à cette contrainte. Donc le choix a été dicté par le facteur physique."

Finale 2004 : Justine Henin - Kim Clijsters

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Un changement conjoncturel dans le tennis féminin qui a joué en sa défaveur ?

Mais notre consultant pointe aussi une grosse différence par rapport aux années 2000, décennie lors de laquelle Clijsters avait brillé et remporté ses 4 Grands-Chelems en carrière. Un changement conjoncturel qui a pu jouer en sa défaveur : "La grosse différence avec la "période Justine, Kim" c'est qu'il y avait moins de filles qui jouaient très bien. Aujourd'hui, le niveau n'est peut-être pas aussi fort qu'il ne l'était à l'époque mais il y a probablement 60 ou 70 qui jouent quasiment de la même façon. Ce qui explique les résultats qui changent en permanence. Ce qui explique aussi qu'à Roland, depuis 12 ou 13 ans c'est à chaque fois une autre fille qui peut gagner et que n'importe qui peut perdre au premier tour. Ce qui n'était pas le cas avant. Il faut en prendre conscience. Chaque match qu'elle a joué était un match difficile. Ce qui ne lui serait pas arrivé auparavant" conclut Philippe Dehaes. 

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