Les Classiques - Cyclisme

Philippe Gilbert : "Ce Milan-Sanremo va être difficile, on peut s'attendre à des surprises"

Milan - San Remo 2019 : Victoire de Julian Alaphilippe

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07 août 2020 à 16:12Temps de lecture3 min
Par Jérôme Helguers avec Yves Peeters

À une trentaine de minutes de Milan, l’équipe Lotto-Soudal prépare Milan-Sanremo dans le vaste complexe Golf & Resort 'Le Robinie'. Malgré le contexte COVID-19 et les mesures strictes qui entourent le peloton cycliste, la formation belge a accepté de recevoir les médias à la veille de la course. Une conférence de presse volontairement organisée à l’extérieur, en veillant à bien respecter la distanciation physique.

Le soleil cogne, plus de 30°C, mais sans atteindre les 37,2°C tant redoutés. Le test température est réussi, Philippe Gilbert et Caleb Ewan, les deux leaders Lotto-Soudal, rejoignent la terrasse. Alors est-ce que Phil a encore envie d’évoquer cette course dont on lui parle tous les jours depuis son succès à Paris-Roubaix en 2019 ? Est-ce que tout n’a pas déjà été dit ? "Tout a plus ou moins été dit, sauf que cette année est particulière. Nouveau parcours, nouvelle date, moins de coureurs au départ, il y a un peu plus à dire qu’un Milan-Sanremo traditionnel. Personne n’a vraiment eu le temps de reconnaître le nouveau parcours. Ça reste simple et rectiligne, contrairement à un Tour des Flandres ou un Liège-Bastogne-Liège, mais ça reste quand même nouveau. Donc, il y a un peu d’appréhension chez tout le monde", confie Philippe Gilbert.

"La course va être difficile et on peut s’attendre à des surprises"

Difficile de savoir si ce nouveau parcours va avantager ou non les sprinteurs. "Ce sont toujours les coureurs qui font et décident de la course. On peut nous donner n’importe quel parcours, on peut assister à tous les types de courses. On a déjà vu un sprint au bout de Liège-Bastogne-Liège, l’année où Simon Gerrans gagne. Même si les équipes sont réduites à six coureurs, avec les difficultés et la chaleur, il y a de quoi faire. La course va être difficile et on peut s’attendre à des surprises. Le dénivelé sera là, sur toute la course, il y aura même 900 mètres de dénivelé en plus".

"Je n’ai rien de spécial, c’est peut-être ça le problème ?"

En mars dernier, en plein cœur du confinement, on se prenait à rêver d’une victoire de Gilbert sur la via Roma. Mais pour que la fiction rédigée en mars devienne réalité, quel est le petit plus de Philippe Gilbert ? "Je n’ai rien de spécial, c’est peut-être ça le problème", dit-il en rigolant. "C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais gagné cette course. La résistance, je l’ai. Mais sur une course comme ça, beaucoup de coureurs l’ont. Pour le reste… Ce n’est pas que je suis plus explosif, ou plus rapide, ou que je monte mieux qu’un autre. Je me trouve dans la moyenne, c’est pour ça que c’est difficile de gagner cette course. La victoire de Vincenzo Nibali en 2018 a inspiré tout le monde, sa victoire a donné beaucoup de motivation à des coureurs comme moi, ça donne de l’espoir", conclut Philippe Gilbert soutenu par Eddy Merckx, qui en fait son favori de cœur.

"Les sprints sont devenus plus houleux à partir de 2010, 2011"

Le coureur Lotto-Soudal a également évoqué la polémique du moment et la terrible chute de Fabio Jakobsen provoquée par Dylan Groenewegen. "Malheureusement, les chutes font partie de notre sport. Ici les conséquences sont plus graves qu’en général. Je suis affecté parce que c’est quelqu’un que je connais bien. Je suis régulièrement en contact avec lui. Après, est-ce que cet événement va avoir des conséquences sur notre Milan-Sanremo ? Je ne pense pas".

"Moi j’ai vécu deux périodes. À mes débuts il y avait Alessandro Petacchi et Mario Cipollini, deux trains bien organisés pour lancer ces deux sprinteurs. C’était réglo, honnête, et le meilleur gagnait à la fin. Ensuite d’autres équipes ont commencé à acheter d’autres sprinteurs, il y avait plus de candidats à la victoire et plus de trains. À partir de 2010, 2011, c’est vraiment devenu plus houleux dans les sprints. Mais quand j’en parle avec mon coéquipier sprinteur Caleb Ewan, lui, il trouve que de manière générale les sprints se déroulent normalement".

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