Cyclisme

Philippe Gilbert et son amour impossible avec la Primavera : trois fois où le Belge a bien failli gagner Milan - Sanremo

Philippe Gilbert qui attaque dans le Poggio, une situation presque classique mais jamais décisive.

© BELGA – Eric LALMAND

09 oct. 2022 à 05:00Temps de lecture3 min
Par Alaric Dantine

Philippe Gilbert n’est plus qu’à quelques kilomètres de la fin de sa carrière. Quand il jettera un dernier coup d’œil par-dessus l’épaule, nul doute que le coureur belge contemplera avec fierté son immense palmarès. En grand perfectionniste qu’il est il ne pourra s’empêcher de pointer le trou béant à côté de la ligne réservée à Milan - Sanremo. En dix-huit participations, le Wallon n’aura jamais su trouver la clé pour décrocher la classique italienne.

Une première étreinte. Une étincelle qui va faire naître le feu d’un amour qui restera au final impossible. Philippe Gilbert a 22 ans lorsqu’il décroche son premier top 10 sur un Monument. À l’occasion de l’édition 2005 de la Primavera, le coureur de la Française des Jeux obtient la sixième place. Un résultat qui nourrit des ambitions pour le futur chez le Liégeois. Il ne le sait pas encore mais ses trois plus belles occasions vont venir dans les quelques années qui suivent.

2007 : Le plus fort avec Ricco dans le Poggio, repris à la flamme rouge

Milan - San Remo 2007 : Philippe Gilbert le plus fort avec Ricco dans le Poggio, repris à la flamme rouge

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Le coureur de Remouchamps débarque en forme sur la côte italienne. Après avoir pris la 2e place du GP Samyn, Gilbert s’est montré à son avantage sur les routes de Paris-Nice. Comme de coutume, les attaques se succèdent dans l’ascension du Poggio. Et quand le grimpeur italien Riccardo Ricco se dresse sur les pédales, seul Gilbert est capable de prendre sa roue. Quelques hectomètres plus loin, le Belge bascule en tête avec son concurrent dans le sillage. L’écart est faible mais l’entente entre les deux compagnons semble bonne dans la descente. Au gré des kilomètres, la poursuite s’organise dans le peloton. Sur le plat menant à la Via Roma, les deux puncheurs vont finalement devoir s’avouer vaincus juste avant la flamme rouge. Philippe Gilbert était peut-être parmi les deux plus forts mais le scénario ne lui était cette fois pas favorable.

2008 : Piégé sur le plat par Fabian Cancellara

Milan - San Remo 2008 : Philippe Gilbert piégé sur le plat par Fabian Cancellara

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S’il était arrivé déjà bien fringant à Milan en 2007, Gilbert s’y présente cette fois avec quelques victoires dans les valises. Des performances qui confirment un statut et braquent donc de nombreux regards sur le jeune Belge. Après avoir dynamité la course dans le Poggio, le coureur vire une nouvelle fois en tête à la célèbre cabine téléphonique rouge. Dans la sinueuse descente vers Sanremo, un groupe d’une quinzaine de coureurs s’extirpe. Capable de régler un petit comité au sprint, le Remoucastrien semble se créer une chance en or. Quand Landaluze attaque dans les dernières rues de la course, personne ne bronche. Personne sauf Fabian Cancellara. Le Suisse contre directement et étale sa puissance pour creuser mètre après mètre. Les poursuivants jouent battus et Philippe Gilbert devra se contenter de son premier podium en prenant la 3e position.

2011 : Seul en tête à 1,8 kilomètre de l’arrivée

Milan - San Remo 2011 : Philippe Gilbert seul en tête à 1,8 kilomètre de l’arrivée

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Après avoir signé un nouveau top 10 l’année d’avant, Gilbert continue d’orienter son premier pic de forme pour la mi-mars à Sanremo. Pour la première fois, le Belge bascule en position de chasseur au sommet du Poggio. Son compatriote Van Avermaet est passé seul en tête. En bas de la descente, les poursuivants rattrapent le coureur de chez BMC pour former un groupe d’une dizaine d’éléments. Alors qu’Offredo voit son attaque avortée par Cancellara, Gilbert parvient lui à prendre quelques mètres sur ses compagnons d’échappée. Les plus optimistes pensent enfin le coureur lancé vers son rêve impossible. C’était sans compter sur Pozzato qui ramène le groupe à l’avant. Matthew Goss, unique sprinteur présent dans le bon coup réglera tout le monde sur la ligne. Gilbert, lui, ne sera plus jamais à pareille fête sur la Primavera.

Le Belge verra sa relation Je t’aime… Moi non plus avec la classique italienne s’estomper au fil des années. Dernier clin d’œil de cette histoire passionnelle, Gilbert y décrochera son dernier top 10 sur un Monument en 2020. Le seul qui lui manquera à jamais.

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