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Vuelta - Cyclisme

Philippe Gilbert veut voir Remco Evenepoel sur le Tour de France : "Ce serait la suite logique"

Philippe Gilbert impressionné par Remco Evenepoel : "J’espère le voir annoncer rapidement un départ au Tour de France avec l’ambition de le gagner"

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Remco Evenepoel est à 96 kilomètres du Graal à la Vuelta. Dominateur tout le long de ce Tour d’Espagne 2022, le coureur de 22 ans remportera sans aucun doute le plus beau titre de sa jeune carrière ce dimanche, à l’issue de la 21e et dernière étape à Madrid. Philippe Gilbert, icône du cyclisme belge, est revenu sur la magnifique Vuelta du phénomène belge lors d'un entretien avec Laurent Bruwier.

"Il reste une étape. J’ai toujours tendance à ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Il est en bonne position mais je préfère attendre que ce soit terminé parce que ça peut porter malheur de fêter les choses trop tôt. Donc attendons dimanche soir pour fêter officiellement sa victoire. Mais sa façon de gérer ces trois dernières semaines, ça a été beau à voir. Accomplir cet objectif à un si jeune âge, c’est impressionnant", a confié un Philippe Gilbert prudent à l’aube de la dernière étape.

Le Champion du monde 2012 connaît bien Remco Evenepoel, puisqu’il l’a côtoyé chez Quick-Step en 2019, avant de rejoindre Lotto-Soudal : "On a tous vu arriver Remco avec son caractère, sa motivation et on a vu que ses résultats chez les juniors n’étaient pas dus au hasard. Il y a beaucoup de travail, beaucoup de sérieux derrière et ça s’est traduit très vite par des résultats au niveau professionnel. Et depuis il n’a pas arrêté de s’améliorer. Il a grimpé les échelons très rapidement. Cette année, il gagne quand même un monument avec Liège-Bastogne-Liège, la Clasica San Sebastian pour la deuxième fois, d’autres courses et la Vuelta surtout. C’est impressionnant".

Gagner avec la manière est très important pour Remco

En avril dernier, Remco Evenepoel a remporté Liège-Bastogne-Liège au terme d’une course monumentale. Une victoire déclic pour le Belge ? "Je ne sais pas ce qu’il pense exactement mais j’imagine que ça lui a donné une certaine confiance. Il n’a pas simplement gagné LBL, il a gagné avec du panache et d’une manière impressionnante. Gagner avec la manière, c’est important pour lui. Il veut gagner avec la manière, avec sa signature, avec des attaques de loin… Il veut vraiment marquer les courses dont il prend le départ".

Et c’est ce qu’a fait Evenepoel sur la Vuelta. Dès la première semaine, il a marqué les esprits sur les étapes de montagne. "Je pense qu’il a bien étudié le parcours. Il savait que la première partie de la Vuelta lui convenait, de par le parcours qui ressemble au Tour du Pays basque qu’il a failli gagner cette année et de par le climat qui lui convient beaucoup mieux que les fortes chaleurs. Il faisait à peine 20 degrés et il pleuvait beaucoup. C’est le genre de climat qu’il adore. Il a vraiment profité du parcours et du climat pour mettre les autres en difficulté. C’est lui qui a poussé Primoz Roglic à la faute. Certains parleront de malheur avec Roglic… Moi je dis simplement qu’il a été poussé dans les cordes par Remco. Il était tellement loin et un peu en panique qu’il n’avait plus le choix d’attaquer tous les jours pour essayer de reprendre quelques secondes par-ci par-là. C’est ce qu’il a essayé de faire jusqu’au moment où il est parti à la faute. C’est une des conséquences du début du Tour d’Espagne agressif de Remco".

On peut le mettre avec n’importe qui, s’il a des bonnes jambes, il gagnera

Habituée à briller sur les classiques, la formation Quick-Step a déçu cette année (sauf à Liège-Bastogne-Liège). C’est finalement sur un grand tour qu’elle va réaliser son meilleur résultat avec Remco Evenepoel. "Remco, on peut le mettre avec n’importe qui, s’il a des bonnes jambes, il gagnera. Même s’il part avec une équipe faible, il gagnera quand même. Mais c’est clair que le fait d’avoir une équipe totalement dévouée pour lui, ça l’a rassuré et ça l’a aidé. Ses équipiers ont quand même été très présents certains jours. Ilan Van Wilder par exemple restait très longtemps au contact. C’était important pour lui. Ne serait-ce que mentalement d’avoir un coureur près de lui. Rémi Cavagna a lui abattu le boulot de trois coureurs, comme d’habitude. Il avait quand même un beau support".

"Le Tour de France, ce serait la suite logique. Je ne sais pas s’il a envie d’y aller l’année prochaine ou s’il veut d’abord gagner d’autres courses. Mais je pense que plus tard, il devra s’essayer au Tour de France. Mais le Tour c’est différent, c’est plus relevé. Il y a moins de repos également. À la Vuelta, on peut dormir plus tard le matin. Au Tour de France, les nuits sont plus courtes, il y a beaucoup plus de transferts. Il y a plus d’altitude, le TDF c’est toujours plus compliqué à gérer. Mais quand on gagne la Vuelta de cette façon-là, on ne peut rien s’interdire. J’espère le voir annoncer rapidement une participation au Tour de France avec l’ambition de le gagner, ce serait très bien pour le pays et pour le cyclisme belge", a poursuivi le double champion de Belgique.

Avant de conclure : "Gagner la Vuelta, c’est un premier pas important. C’est une réponse à toutes les questions qu’on se posait sur lui. Maintenant, il va pouvoir se concentrer sur d’autres courses à étapes de la même envergure. Ça va être une libération pour lui".

20e étape : Moralzarzal > Puerto de Navacerrada : Remco assuré de remporter la Vuelta, troisième victoire pour Richard Carapaz

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