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Basket

Pierre-Antoine Gillet (Fuenlabrada): "La situation en Espagne était devenue intenable"

Pierre-Antoine Gillet
07 avr. 2020 à 05:00Temps de lecture3 min
Par Pierre Capart

 

Alors qu’il s’apprêtait à achever sa deuxième saison dans la prestigieuse Liga espagnole, Pierre-Antoine Gillet a été contrait de rentrer en Belgique en raison de la crise sanitaire. Il faut dire qu’avec plus de 12.000 décès, l’Espagne est, après l’Italie, le pays le plus touché actuellement par le Covid-19.

Après avoir joué à Tenerife, l’an dernier, l’ailier des Belgian Lions évoluait cette saison à Fuenlabrada. Un club situé dans la banlieue de Madrid. En lutte pour le maintien avec l'équipe madrilène, le Liégeois a décidé de revenir au pays, une fois l’arrêt de la compétition annoncé par la Ligue Espagnole de Basket.

" En fait, nous avions eu un petit meeting il y a une dizaine de jours où on nous a demandé d’attendre la décision de la Ligue pour en savoir plus sur l’évolution du championnat. Dès que la décision est tombée, j’en ai parlé à mon épouse et directement on a décidé de quitter l’Espagne au plus vite et de rentrer en Belgique ".

 

L’appartement vidé en quelques heures

Une fois la décision prise, Pierre-Antoine Gillet, son épouse et sa fille ont rapidement plié bagage : " En moins de cinq heures, l’appartement était vidé et toutes nos valises bouclées. Je n’y croyais pas trop mais en tant que Belges, nous avons pu obtenir un vol pour Bruxelles le soir-même. Tout s’est passé très vite. On n’a pas vraiment eu le temps de réfléchir mais finalement, nous sommes arrivés en Belgique sans problème "

 

Situation dramatique

Pierre-Antoine Gillet l’avoue sans détour. Ce rapatriement en Belgique s’apparente à un véritable soulagement…  "C’est effectivement catastrophique ce qui se passe en Espagne pour le moment. La situation s’empire de jour en jour. Je suis, personnellement, toujours en contact avec certains joueurs espagnols qui sont désemparés face à l’ampleur prise par cette crise sanitaire et le nombre de morts qui s’accumule de jour en jour. Je n'arrête pas de penser à eux mais en attendant la fin du confinement, ma place est ici auprès des miens ".

 

La meilleure décision

Avec le recul, le joueur liégeois estime avoir opté pour la meilleure solution en aménageant dans la maison de…ses parents, à Villers-le-Bouillet, en région hutoise : " Clairement, je me dis que c’est ce qui avait de mieux à faire. On a délaissé le centre de Fuenlabrada, où nous vivions dans un petit appartement, pour vivre le confinement dans une maison en zone rurale. J’ai évidemment pensé avant tout à mon épouse, enceinte, pour des raisons évidentes de sécurité, ainsi qu’à ma petite fille, âgée de trois ans. Ici, nous pouvons profiter de la campagne et du jardin. Je peux aussi plus facilement m’entraîner. J’entretiens d’ailleurs ma condition physique en courant tous les jours ".

Si l’international parvient à s’entraîner quotidiennement, il n’a plus touché un ballon depuis 15 jours… " C’est là que le bas blesse, en effet. Sur le plan de la condition et de la musculation, cela ne pose pratiquement aucun problème. En revanche, au niveau basket, je ne peux faire que des dribbles sur la terrasse. Je n’ai, malheureusement, plus de panier de basket et vu que les magasins sont fermés, je ne peux même pas aller en acheter un pour le fixer dans mon jardin. Cela dit, je ne suis certainement pas le seul basketteur dans le cas, donc je relativise la situation ".

 

Terminer quand même la saison ? Pourquoi pas...

Le championnat de basket ACB est donc à l’arrêt. Actuellement, on ne sait toujours pas si la compétition va pouvoir reprendre ses droits et permettre le déroulement des dernières journées de championnat. Pierre-Antoine Gillet est forcément dans l’expectative même s’il espère pouvoir achever la saison et contribuer au maintien de Fuenlabrada, qui occupe pour l’instant une place de descendant… " Je pense que si la Ligue n’a toujours pas décidé d’arrêter complètement le championnat, c’est qu’il y a encore un espoir de pouvoir terminer la compétition même s’il faudra encore attendre pour cela quelques semaines. Cela ne me dérangerait pas d’écourter la trêve estivale et les vacances afin de ne pas perturber le calendrier de la prochaine saison". A 11 journées de la fin du championnat, l’ex-joueur belge de l'année, qui n’a rien perdu de sa motivation, veut donc toujours y croire : " Je veux en effet garder l’espoir. Je suis convaincu que Fuenlabrada peut assurer son maintien. Nous ne comptons que deux victoires de moins que Murcie, la première équipe non-relégable, alors que nous avons disputé un match de moins. Mais pour cela, il faudrait que nous puissions terminer la compétition. On doit désormais attendre et espérer reprendre le plus vite possible le championnat même si la santé passe évidemment avant toute considération sportive ".

 

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