Pieter Timmermans (FEB) : les tests dans les entreprises sont "pour des situations bien précises, une bonne solution"

30 mars 2021 à 07:41Temps de lecture3 min
Par M. A.

Les autorités ont présenté hier la stratégie 2.0 de testing, avec autotests pour tous dès le 6 avril et le dépistage répétitif dans les entreprises. Les entreprises du secteur public sont les premières à voir arriver ces tests, ce sera ensuite au secteur privé. Rappelons que 40% des foyers de contamination ont lieu dans les entreprises. Il y a actuellement un stock de 570.000 tests.

Pour Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), ces tests : "je pense que c’est une solution. Une solution qui s’ajoute à d’autres moyens. Il faut le voir comme un instrument supplémentaire et je pense que dans certains cas bien précis. C’est pour ça qu’on a besoin d’une vraie stratégie, parce que 500.000 tests disponibles, c’est beaucoup et pas beaucoup, mais pour des situations bien précises, bien circonscrites, je trouve que c’est une bonne solution". Cela pourrait rassurer les employeurs et employés et détecter dans certains cas des foyers et agir avec des mesures supplémentaires, précise-t-il.

Télétravail

Selon le patron des patrons en Belgique, le télétravail est respecté et les chiffres le démontrent, dit-il. "On peut toujours trouver un cas où il y a un problème, alors il faut agir […] On est au même niveau de télétravail qu’il y a un an lors du premier lockdown".

Depuis ce lundi, les entreprises doivent encoder sur une plateforme le nombre de travailleurs dont la fonction ne permet le télétravail. Pieter Timmermans estime qu’il s’agit de paperasserie supplémentaire, mais cela n’aura pas d’impact sur le télétravail : "On va contrôler ceux qui suivent déjà les règles. Donc, quelle est la valeur ajoutée ? […] Heureusement, c’est un outil léger".

Grève nationale du 29 mars

La FGTB et la CSC ont mené ce lundi 29 mars une grève nationale parce qu’ils ne veulent pas que l’augmentation les salaires soient plafonnés afin de permettre une hausse des salaires dans les secteurs qui ont mieux résisté à la crise. Est-il envisageable que le même plafond ne soit pas le même pour tous les secteurs ?

L’administrateur délégué de la FEB se dit étonné par cette demande. Il souhaite aussi rappeler le contexte, Au mois de février dernier, le Premier ministre Alexander De Croo et le ministre de l’Economie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne ont écrit au groupe de 10, en expliquant que pour les 95% des entreprises en difficultés il souhaitait respecter la loi de 1996 (une loi prise, à l’époque, pour éviter que les salaires en Belgique ne grimpent pas plus que dans les économies voisines concurrentes). Pieter Timmermans rappelle que la décroissance l’année dernière était de moins 6,5% du PIB "il faut protéger ces entreprises, parce que si on ne le fait pas, il y aura davantage de chômage et donc une perte du pouvoir d’achat. […] Pour les 50% des entreprises qui ont bien traversé la crise, le gouvernement a dit qu’il y avait des possibilités, sans nuire à la compétitivité de nos entreprises, de faire des one-shot, non récurrents". Autrement dit, pour 95% des entreprises le plafond de 0,4% d’augmentation des salaires serait maintenu. Quant aux 5 ou 6% des entreprises qui n’ont pas eu de soucis majeurs, il y aurait une prime unique avec une augmentation du plafond. Selon le patron des patrons en Belgique, il s’agit là d’une bonne stratégie, proposé par le gouvernement et qui protège de façon structurelle les entreprises.

Tango

Pour Pieter Timmermans, la position des syndicats n’a pas bougé d’un millimètre depuis le mois de décembre dernier. "Ils ont toujours dit : "non, non, non" J’attends qu’ils disent : "oui, oui, oui", parce qu’alors on peut arriver à un accord".

Il rappelle aussi que la FEB n’a jamais quitté la table des négociations. Il observe que les syndicats veulent baser la politique salariale sur l’exception des 5% alors que la FEB estime qu’il faut d’abord une règle pour ensuite fixer des exceptions. Pour reprendre une expression de l’administrateur délégué de la FEB dans le journal l’Echo : "Il faut être deux pour danser le tango". Pieter Timmermans explique aujourd’hui dans la Matinale sur la Première : "nous sommes restés sur le plateau pour danser. On n’a jamais quitté la table des négociations […] vous vous adressez à l’organisation qui a fait des propositions pour trouver des solutions".

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