Natation

Pionnière en la matière, la fédération de natation veut créer une catégorie ouverte aux athlètes transgenres

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20 juin 2022 à 11:04Temps de lecture2 min
Par Martin Weynants

La fédération internationale de natation (FINA) a voté à une très large majorité la création "d’une nouvelle politique relative à l’inclusion". Cette politique devrait se matérialiser avec la mise sur pied d’une catégorie "ouverte" dans laquelle les athlètes transgenres pourraient s’aligner.

La FINA accueillera toujours chaque athlète. La création d’une catégorie ouverte signifie que tout le monde aura la possibilité de concourir à un niveau d’élite. Cela n’a jamais été fait auparavant. La FINA devra donc montrer la voie”, détaille le communiqué, relayé par Francs Jeux. Un groupe de travail va se pencher sur la mise en place de cette catégorie dans les mois à venir.

La FINA s’est saisie de ce dossier suite à la victoire de Lia Thomas sur le 500 yards aux championnats NCAA en mars dernier. Née de sexe masculin, la nageuse était devenue la première athlète transgenre à décrocher un titre universitaire. Tout en ouvrant le débat Outre-Atlantique.

Le sujet dépasse bien évidemment le cadre des bassins de natation. Le cyclisme et l’athlétisme sont également concernés. En avril dernier, Emily Bridges n’a pas pu participer aux championnats de Grande-Bretagne de cyclisme sur piste. La raison ? Elle devait attendre l’expiration de son enregistrement à l’UCI en tant que coureur masculin avant de pouvoir concourir en tant que femme. Mais cet obstacle "administratif" offrait une solution pour sortir d’une controverse importante. Plusieurs concurrentes avaient menacé de boycotter la compétition en cas de présence de Bridges.

Sebastian Coe, président de World Athletics a lui mis en avant le danger pour "l’intégrité et l’avenir du sport féminin" que pourrait représenter la participation d’athlètes transgenres. Tout en appelant "à faire confiance à la science", puisque selon lui "il ne fait aucun doute que (le taux de) testostérone est le déterminant clé de la performance". On touche au cœur du débat sur le plan sportif : est-ce que ces athlètes ne bénéficient pas d’un avantage physiologique ?

On le voit, à chaque fois, l’inclusion et l’équité s'entrechoquent. Pour tenter de résoudre cet épineux débat, la FINA a donc décidé de créer une catégorie "ouverte". Cela règle l’aspect sportif mais si cette catégorie ne regroupe que des athlètes transgenres, l’inclusion ne sera pas totalement au rendez-vous. Est-il vraiment possible de conjuguer les deux ? La FINA en fait le pari.

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