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Piscines vieillissantes à Namur : "Un manque d’anticipation"

© Lachlan Cunningham – AFP

Depuis la fermeture de la piscine de Salzinnes, fin 2020, les citoyens namurois ne disposent plus que de deux bassins de natation sur le territoire de la ville. Seulement voilà, Jambes connaît, elle aussi des problèmes de contamination à la légionelle. Depuis la mi-janvier, l’infrastructure est fermée. Et quoi qu’il arrive, la piscine, construite en 1976, devra faire l’objet d’une importante rénovation. Sa fermeture, prévue en 2023, aura des répercussions sur les écoles et les clubs sportifs, qui regrettent le manque d’anticipation de la ville de Namur.

Les écoles ne parviennent pas à organiser les cours de natation

A l’institut Saint-Marie de Jambes, les 200 élèves de la section sportive ne vont plus à la piscine depuis près de trois mois : "en principe, les élèves de la section éducation physique fréquentent hebdomadairement la piscine de Jambes. Et aujourd’hui, j’ai douze groupes qui ne peuvent plus y aller", explique Gauthier Martiat, le directeur de l’Institut Saint-Marie.

© RTBF

Quoi qu’il arrive, la piscine de Jambes va fermer durant un an, en 2023. Du coup, il n’y aura plus qu’un seul bassin public sur le territoire communal. L’école jamboise devra donc s’organiser dès la rentrée prochaine : "il faudra d’abord voir de combien de couloirs on pourra bénéficier à Saint-Servais. Si ce n’est pas suffisant, il faudra explorer d’autres solutions dans les communes voisines, à Andenne ou au collège de Godinne. Mais il est clair que les temps de déplacements sont énormes" souligne Gauthier Martiat.

Pour ce directeur, ancien professeur d’éducation physique, le problème ne date pas d’hier et il a un impact sur la formation générale des élèves : "Outre les élèves de l’option éducation physique, tout le premier degré ne va pas à la piscine. C’est pourtant une obligation légale", remarque l’enseignant. "Je ne comprends pas très bien la politique menée par la ville de Namur. Je ne pense pas qu’ils aient imaginé qu’on allait se retrouver dans cette situation. Je ne connais pas les projets futurs mais je pense qu’il est grand temps de voir plus grand…", conclut Gauthier Martiat.

"À Namur, la priorité n’est pas sportive"

Parmi les associations qui fréquentent les piscines namuroises, le Namur Olympic club est sans doute le plus impacté. Avec ses deux écoles de natation et sa section compétition, le club forme environ 450 nageurs, dès l’âge de trois ans, ainsi que des élites comme la championne Valentine Dumont.

D’ici quelques mois, faute de bassin, le club va devoir prioriser ses activités : "Ce n’est pas normal du tout", regrette Valérie Delvaux. "On n’aura pas la possibilité d’apprendre à nager à tous nos jeunes. Malheureusement, on va devoir prendre deux fois moins d’enfants pour l’apprentissage et l’école de natation", ajoute l’entraîneur de natation.

© NOC

Pour elle, Namur aurait dû investir depuis longtemps dans une nouvelle piscine de 50 mètres et le programme de rénovation des vieilles infrastructures a coûté beaucoup trop cher aux finances publiques : "Je crois que la ville a manqué d’anticipation. En 2011 pourtant, la région avait débloqué un budget de 110 millions pour financer les piscines mais Namur n’en a pas profité, contrairement à Gembloux. De plus, je pense qu’il y a un problème de gestion des piscines. Ça fait 9 ans que c’est la même société qui est en charge des bassins namurois et il n’y a que des problèmes", remarque Valérie Delvaux.

L’entretien est, selon cet entraîneur, à l’origine de l’impasse actuelle mais Valérie Delvaux dénonce aussi un manque d’ambition politique en faveur du sport : "Je pense qu’on est bien plus ambitieux quand il s’agit des salles culturelles. Et pourtant, elles ne sont pas toujours très remplies. Je pense qu’il y a un manque de vision à long terme. À Namur, la priorité n’est pas sportive."

Des projets incertains

A Namur, plusieurs projets ont été évoqués afin de doter la capitale wallonne de nouveaux bassins de natation. Un partenariat public privé pour construire une piscine est évoqué sur le plateau de Bouge ou en bord de Meuse, à proximité de l’ancienne caserne du génie.

L’ancienne piscine de Salzinnes pourrait aussi connaître une nouvelle vie, sous l’impulsion de l’asbl Promosport mais rien n’est encore signé, à notre connaissance. Contacté par la rédaction, l’échevin en charge des infrastructures n’a pas voulu faire de commentaires.

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