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Nature & Découvertes

Plantes sauvages : la cueillette, le calendrier, mais aussi des règles à respecter

Cueillir des plantes sauvages, c’est de nouveau à la mode. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi n’importe quand.

Réputées et de plus en plus recherchées, les plantes sauvages font fureur. Avec le printemps qui est là, l’envie de se promener et de partir à la recherche de plantes comestibles se fait ressentir. D’autant plus que la Belgique regorge de variétés jusqu’à l’automne. Mais attention à ne pas faire n’importe quoi.

Pour assaisonner vos plats, confectionner des pestos ou autres recettes, il est de plus en plus répandu d’aller faire un petit tour en forêt la découverte des plantes et fleurs comestibles.

"C’est une pratique qui a le vent en poupe et nous, on s’en réjouit", nous explique Lionel Raway de chez cuisine sauvage.

"On le voit chez nous, nos activités sont complètes en permanence malgré le fait qu’on en propose chaque année de plus en plus. Les gens cherchent une alimentation plus saine et les plantes sauvages répondent à ce besoin. Et puis, c’est bio, local, de saison et gratuit."

Un calendrier existe

Si tout le monde connaît l’ail des ours, l’aspérule ou encore le bouleau pour sa sève, nos contrées et forêts regorgent de plein d’autres merveilles qui peuvent venir agrémenter vos plats ou autres boissons. Mais comment savoir à quel moment on peut trouver ces différentes plantes ?

Pour trouver trace de tout cela, le site Internet bosquet.be, une initiative de la Fondation Good Planet a élaboré un calendrier de cueillette sauvage.

Cueillir oui, mais attention à la législation

Aller à la cueillette, c’est bien, mais avant de se rendre en forêt, il faut bien être au courant de ce qu’on peut faire et ne pas faire.

On a voulu insister sur le fait qu’en cas de doute sur l’identification, on doit s’abstenir. Car, on ne s’improvise pas cueilleur.

"Chez cuisine sauvage, on a mis dix recommandations en place. On a voulu insister sur le fait qu’en cas de doute sur l’identification, on doit s’abstenir. Car, on ne s’improvise pas cueilleur. On conseille toujours aux gens de partir avec des personnes qui s’y connaissent pour trouver son autonomie petit à petit. On ne peut pas laisser place à l’approximation", continue d’expliquer Lionel.

Il existe aussi une législation qui régule la cueillette. Une législation qui diffère selon les Régions.

Au niveau des règles de base, il vaut mieux cueillir les plantes que l’on sait clairement identifier et s’abstenir en cas de doute. On ne cueille pas les plantes protégées et on diversifie les zones de cueillettes.

"En gros, ce que dit la loi, c’est que tant que c’est réservé à une consommation personnelle et tant que le lieu ou la plante ne sont pas protégés, on peut cueillir. Mais si c’est pour un usage professionnel, c’est totalement interdit", rajoute Lionel.

Et pour ceux qui veulent aller plus loin, que dit le règlement ? En Région wallonne, si l’espèce est intégralement protégée, sa cueillette est interdite. Si elle est partiellement protégée, la cueillette est autorisée moyennant quelques conditions. Et puis, si vous vous trouvez dans une réserve naturelle, sauf dérogation, aucune cueillette n’est autorisée.

Lors de votre promenade en forêt, aucun prélèvement, entendu à titre gratuit, de produits de la forêt ne peut avoir lieu sans le consentement du propriétaire. Chaque prélèvement doit être fait entre le lever et le coucher du soleil et la quantité maximum autorisée est de deux poignées par personne et par jour pour les fleurs et correspond au contenu d’un seau d’un volume de dix litres par personne et par jour pour les autres produits de la forêt. Enfin, sachez qu’en forêt, l’accès des piétons est interdit en dehors des routes, chemins, sentiers et aires.

Et à Bruxelles ? Là aussi, il y a toute une série de règles qui vont plus loin que celles de la Wallonie avec beaucoup plus d’interdits. Pour Lionel, l’explication est simple, c’est "parce que d’après la Région, il y a une pression humaine trop importante et donc on veut prévenir à la dérive."

Le mieux pour comprendre, c’est encore de le voir en vidéo. Ça tombe bien, Bouké vous l’explique.


►►► Printemps – La cueillette des jonquilles ? Oui ! Mais des règles existent.


Des bons réflexes à avoir en cas de doute

Vous êtes prêts à partir à la cueillette, il ne vous reste plus qu’une chose à savoir, sans doute la plus importante. Si vous avez un doute sur une plante cueillie, ne la consommez pas. Et si une plante a un goût inhabituel, arrêtez également de manger. Autre petit conseil, prenez en photo votre cueillette pour que les plantes puissent être identifiées en cas de symptômes.

Dans le cas de l’ail des ours, chaque année, il y a des confusions et des morts.

Car l’accident est vite arrivé comme l’explique Lionel avec par exemple l’ail des ours : "Les accidents qui surviennent, cela vient du fait que les cueilleurs pèchent par excès de confiance. C’est vraiment important de vérifier les feuilles une par une. Dans le cas de l’ail des ours, chaque année, il y a des confusions et des morts. Trois plantes peuvent se confondre avec l’ail des ours. Si on pense tout de suite au muguet, c’est surtout avec l’arum que c’est le plus compliqué. La plante pousse au même moment et dans les mêmes lieux. Quand ses feuilles sont adultes, l’ail des ours a des feuilles lancéolées avec des nervures parallèles, comme sur le brin d’herbe et elles partent du même point. L’arum, elle a une forme sagittée, en pointe de flèche avec une arborescence dans les nervures. Le souci, c’est que quand les feuilles sont jeunes, elles sont ovales et leurs nervures ne sont pas très marquées. Et le risque est là. Car l’ail des ours est en vogue, c’est très sain et très bon. Et quand on en trouve, on en trouve à perte de vue. Comme c’est une plante éphémère, on ne veut pas rater la saison. Cette mode fait qu’on cueille et dans le tas on embarque des feuilles d’arum. Enfin, le dernier risque qui est encore plus grave, c’est avec le colchique, qui ne pardonne pas non plus. Ce n’est pas tout à fait à la même saison, mais les deux plantes se chevauchent et le colchique c’est mortel."

En cas de doute et de douleurs, le plus simple, c’est de téléphoner au numéro du centre antipoison belge, au 070/245.245.

"La sécurité et la loi c’est important, mais il faut y ajouter l’éthique"

Si le volet sécuritaire et le volet législatif sont importants à connaître, il est également important d’y ajouter l’éthique de cueillette. Le but, que tout le monde puisse en profiter et surtout, éviter de montrer toutes traces de son passage.

Et Lionel Raway d’y aller de son petit conseil encore une fois : "Le but, c’est aussi de garder une certaine conscience de ne pas faire n’importe quoi et de tout ravager sur le chemin, de tirer des racines par exemple. Quand je cueille, j’essaye de montrer que je ne suis pas passé par l’endroit. C’est facile, il suffit de ne pas ratiboiser, de cueillir quelques feuilles puis se déplacer."

Apprendre à maîtriser ces plantes

Vous êtes maintenant devenu incollable sur le sujet, mais il est toujours possible d’aller plus loin. Vous pouvez vous initier à l’art de la cuisine lors d’un atelier ou alors vous rendre à une balade organisée. Voici quelques bons plans :

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