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Plus de 150 arrestations lors de la Marche des Fiertés à Istanbul

Des manifestants sont arrêtés par la police dans le centre d’Istanbul, le 26 juin 2021, alors que des centaines de militants LGTBI ont bravé une interdiction et tenté d’organiser une gay pride. Bulent KILIC / AFP
26 juin 2022 à 14:29 - mise à jour 27 juin 2022 à 07:56Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Marie-Laure Mathot

La police turque a une nouvelle fois fondu dimanche sur la Marche des Fiertés LGBTQ + à Istanbul, interpellant sans ménagement près de 400 personnes, militants et journalistes, dont un photographe de l’AFP.

"373 personnes ont été arrêtées. Toutes (...) avaient été libérées au matin du 27 juin", a indiqué l'association turque de défense des droits LGBTQ+ Kaos GL.

Avant même le début du rassemblement, la police anti-émeutes a effectué une descente musclée dans plusieurs bars du quartier de Cihangir, autour de l’emblématique place Taksim, et a arrêté "au hasard" les personnes qui s’y trouvaient, a constaté l’AFP.

Amnesty International avait réclamé leur "libération inconditionnelle et immédiate" sur Twitter.

Comme chaque année désormais, la Marche des Fiertés avait été officiellement interdite par le gouverneur de la ville mais des centaines de manifestants brandissant des drapeaux arc-en-ciel se sont rassemblés dans les rues adjacentes à la place Taksim, entièrement fermée au public.

En chantant "L’avenir est queer", "Vous ne serez jamais seuls", ou "On est là, on est queer, on n’ira nulle part ailleurs", les manifestants ont ensuite défilé pendant un peu plus d’une heure dans les rues du quartier de Cihangir, soutenus par les riverains postés aux fenêtres.

Défendre nos droits

Les personnes arrêtées ont été conduites à bord de deux bus de police vers le principal commissariat de la ville, a constaté un vidéaste de l’AFP.

"On essaie de nous interdire, de nous empêcher, de nous discriminer et même de nous tuer à chaque minute de notre existence" a confié à l’AFP Diren, 22 ans.

"Mais aujourd’hui, c’est l’occasion de défendre nos droits, de crier qu’on existe : jamais vous n’arriverez à arrêter les queers", ajoute Diren, usant du vocable qui désigne toute forme d’altersexualité et réfute la définition biologique du genre.

Selon plusieurs témoins, la police a tenté d’empêcher la presse de filmer les arrestations.

Bülent Kilic, photographe expérimenté et primé de l’AFP, habitué aux zones de conflit, a été menotté dans le dos, le tee-shirt arraché et embarqué avec d’autres dans un fourgon de police.

Il avait déjà été arrêté l’an passé dans les mêmes circonstances.

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Après un spectaculaire défilé en 2014 de plus de 100.000 personnes à Istanbul, les autorités turques ont interdit la Marche des Fiertés année après année, officiellement pour des raisons de sécurité.

Vendredi, la Commissaire européenne aux droits humains, Dunja Mijatović, avait appelé "les autorités d’Istanbul à lever l’interdiction en vigueur sur la Marche des Fiertés et à garantir la sécurité des manifestants pacifiques".

"Les droits humains des personnes LGBT en Turquie doivent être protégés", ajoutait-elle, en réclamant qu’il soit "mis fin à (leur) stigmatisation".

L’homosexualité, dépénalisée en Turquie depuis le milieu du XIXe siècle (1858), n’est pas interdite mais reste largement soumise à l’opprobre sociale et à l’hostilité du parti islamo-conservateur au pouvoir, l’AKP, et à celle du gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan.

Un ministre a traité par le passé les homosexuels de "détraqués".

En 2020, la plateforme Netlix avait été contrainte de renoncer à la production d’une série en Turquie parce qu’elle présentait un personnage gay et n’avait pas obtenu le feu vert des autorités.

La même année, la marque française d’équipements et vêtements sportifs Decathlon avait fait l’objet d’appels au boycott en Turquie pour avoir véhiculé dans ses campagnes des messages de soutien et de tolérance aux communautés LGBTQ +.

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