Belgique

Plus d’une centaine d’armes trouvées chez le suspect décédé lors d’une opération antiterroriste visant un groupe d’extrême droite

Anvers : Une opération antiterroriste fait un mort

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28 sept. 2022 à 06:41 - mise à jour 28 sept. 2022 à 15:39Temps de lecture3 min
Par Sébastien Georis

Des coups de feu ont été échangés lors d’une perquisition menée par la police ce matin à Merksem, en province d’Anvers. Un suspect est décédé.

L’opération de police visait un groupuscule de personnes soupçonnées de proximité avec l’extrême droite violente.

Les enquêteurs recherchaient des armes, notamment des armes de fabrication artisanale, selon nos informations. Outre le volet trafic d’armes des investigations, les suspects sont soupçonnés de tentative d’attentat terroriste. Ils auraient envisagé de s’en prendre à des infrastructures de l’Etat. Les services de sécurité n’évoquent cependant pas un passage à l’acte imminent. L’accumulation d’armes, parmi lesquelles des armes lourdes, a justifié l’intervention.

Le groupe de personnes visé est soupçonné de vouloir mener une forme de résistance armée contre le gouvernement

Le parquet fédéral qui chapeaute ce dossier indique qu’une dizaine de perquisitions ont eu lieu dans plusieurs communes de la province d’Anvers (Merksem, Zandvliet, Anvers, Deurne, Berchem, Kasterlee et Gand), sous la direction d’un juge d’instruction anversois. Six suspects ont pour l’instant été interpellés. Le juge d’instruction devra décider de leur éventuel placement sous mandat d’arrêt.

Dans un communiqué diffusé en milieu d’après-midi, le parquet indique que " le groupe de personnes visé est soupçonné de vouloir mener une forme de résistance armée contre le gouvernement sans avoir déjà déterminé une cible concrète ou une date de passage à l’acte ". Les investigations menées portent sur des faits de préparation d’un attentat terroriste et d’infraction à la législation sur les armes ". Le parquet fédéral fait mention de la découverte de plus d’une centaine d’armes et d’une très grande quantité de munitions au domicile de la personne décédée suite à l’échange de tirs avec la police.

Des gilets tactiques, des lunettes de vision nocturne, des lunettes de vision thermique et divers matériels ont également été trouvés. Des armes et des munitions en grande quantité ont également été découvertes lors des autres perquisitions.

Saisie de très nombreuses armes et munitions

Le parquet d’Anvers est également descendu sur place pour enquêter sur les circonstances de l’échange de tirs lors de la perquisition menée avec l’appui des unités spéciales de la police fédérale.

Le suspect décédé estimait qu’il fallait se préparer à un effondrement de la société
Le suspect décédé estimait qu’il fallait se préparer à un effondrement de la société Photo publiée sur Instragram

Selon des informations de la VRT recoupées à bonne source par la RTBF, la personne décédée est un homme de 36 ans. Il se présentait comme le gestionnaire d’une société anversoise active dans le commerce de minerais et de métaux.

L’homme décédé était très actif sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, il ne cachait pas sa proximité avec des théories d’extrême droite, sa passion pour les armes et le matériel militaire ainsi que son opposition au "système politique", "au système financier" et "aux élites". Il appelait à la " résistance " contre les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la crise Covid. Il critiquait également la stratégie des États-Unis, de l’OTAN et de l’Europe face à la Russie.

De ses écrits, il apparaît que l’homme envisageait un effondrement de la société. Il recommandait de s’y préparer en faisant des réserves de nourriture et en s’équipant avec des armes.

Ce dossier est sans lien avec les menaces visant le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne.

Des informations issues des services de renseignement

L’enquête a démarré sur base d’informations issues des services de renseignement : la Sûreté de l’Etat (VSSE, service civil) et le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS, renseignement militaire). Les services de renseignement ont coopéré pour explorer à la fois la piste des armes et celle de suspects potentiels.

Selon nos informations, deux des six suspects figurent dans la banque de données commune coordonnée par l’Ocam.

Ces dernières années, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam) a plusieurs fois fait savoir son inquiétude au sujet de la montée de l’extrémisme de droite. Contacté ce matin, l’Ocam ne souhaite pas s’exprimer dans le cadre du dossier judiciaire en cours. 62 extrémistes de droite figurent actuellement dans la banque de données commune coordonnée par l’Ocam.

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