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Plus long, mais moins cher : l’escale en Islande, le bon plan pour voler à prix réduit vers les Etats-Unis ?

L’un des 3 Airbus de la compagnie islandaise low cost Play
15 févr. 2022 à 15:52Temps de lecture4 min
Par Philippe Antoine

Au pays de la glace, des geysers et des volcans, l’activité aérienne est presque devenue une tradition. Et lorsqu’une compagnie islandaise cesse de voler, une autre surgit en reprenant une partie des affaires, un peu comme s’il fallait immanquablement incarner la célèbre maxime attribuée à Lavoisier "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme".

C’est en tout cas ce qui s’était produit lorsque la compagnie low cost Wow Air a lancé son offre en 2012 en reprenant l’activité d’Iceland Express. Après avoir créé plusieurs liaisons entre l’Islande et quelques grandes villes européennes (Paris, Londres, Bruxelles, Amsterdam, Milan, Barcelone), Wow Air s’était ensuite tournée vers la côte Est des Etats-Unis (Boston, New York et Washington) mais aussi vers le Canada (Montréal et Toronto). Mais l’aventure a tourné court en mars 2019.

Et c’est à peu près le même scénario qui est en train de se dérouler avec l’arrivée de la compagnie Play, où se retrouvent toute une série d’acteurs des compagnies précitées : le CEO de Play, Birgir Jonsson, a été CEO d’Iceland Express et CEO adjoint de Wow Air. Avant de devenir l’un des fondateurs de Play dont il est aujourd’hui le directeur des opérations, Arnar Magnusson a quant à lui notamment occupé le poste de directeur des opérations de vol de Wow Air. Et l’histoire est encore la même pour le directeur commercial ou le responsable des ressources humaines de la nouvelle compagnie : leur parcours passe aussi par Wow Air.

Bientôt trois vols par semaine entre Bruxelles et Reykjavik

Après avoir démarré ses opérations en juin 2021 avec quatre vols par semaine entre Keykjavik – ou plus précisément l’aéroport international de Keflavic – et Londres Stansted, qui est l’aéroport proche de Londres utilisé par les compagnies low cost, la compagnie Play, qui annonce avoir transporté 101.053 passagers sur les plus de 1000 vols effectués pendant les six premiers mois de son existence, a enrichi son offre de toute une série de destinations européennes comme Amsterdam ou encore Paris CDG avant d’autres prévues telles que Bruxelles Madrid, Lisbonne, Dublin ou Prague, pour en compter 23 avant l’été prochain.

De quoi envisager l’engagement de 100 salariés (personnel de cabine et pilotes) supplémentaires qui viendraient s’ajouter aux 150 personnes que compte actuellement la compagnie opérant actuellement trois appareils neufs de la famille des Airbus A320 neo en attendant trois nouveaux appareils en mars/avril avec la prévision d’une flotte de quinze avions en 2025.

L’Islande, idéalement située entre l’Europe et les Etats-Unis

Une compagnie low cost islandaise peut-elle espérer devenir profitable en envoyant des passagers islandais dans les diverses destinations européennes ou en amenant en Islande des touristes européens ? La réponse est évidemment non. C’est pour cette raison que le modèle économique (business model) de la nouvelle compagnie est essentiellement basé sur les destinations transatlantiques.

En proposant des vols à prix réduit vers la côte Est américaine (Boston, Baltimore/Washington et New York), la compagnie islandaise espère attirer la clientèle européenne vers Reykjavik, d’où peuvent ensuite partir vers les Etats-Unis les avions de la famille Airbus 320 neo, plus petits – et donc moins gourmands en carburant – que les avions long-courriers obligatoirement utilisés pour voler entre une capitale européenne et New York ou Washington. Ou comment transformer en avantage l’inconvénient d’une situation géographique.

C’est aussi ce qui explique l’absence, dans le catalogue de la nouvelle compagnie islandaise, d’autres destinations américaines telles que Los Angeles ou Miami, du moins pour l’instant. Car il faut non seulement prévoir de loger les équipages sur place, mais il faut surtout d’autres avions, bien plus coûteux.

Bruxelles-New York : aller-retour à 334€, sans bagage…

Pour lancer son offre vers New York à partir de Bruxelles, Play a cassé les prix. Précision importante, l’aéroport de New York choisi par ce nouvel acteur low cost est le Stewart international, plus éloigné du centre-ville que l’aéroport JFK. Mais la compagnie islandaise affirme que la taille réduite de Stewart par rapport à JFK permet d’y perdre moins de temps dans les contrôles de sécurité et de douanes.

Pour le vol du 9 juin, le tarif affiché est de 129€, avec un retour possible à 182€ le lundi 10 juin (arrivée le mardi matin à Bruxelles). Mais si l’on imagine un vol aller le 25 août avec un retour le 31 août, le tarif sera de 149€ (aller)+185€ (retour), soit un total de 334€.

Cela peut paraître très intéressant, mais il est utile de savoir que cela ne donne droit qu’au siège dans l’avion. Car du bagage à main au repas en passant éventuellement par un bagage en soute, tout va se payer : de 23 à 32€ pour le bagage à main, de 28 à 40€ pour la valise jusqu’à 20 kg. L’addition totale tournerait donc plutôt aux alentours de 400€, ce qui reste moins cher que les 838€ demandés pour le même vol chez Icelandair (bagage à main et valise de 23 kg compris) ou les 908€ renseignés chez Brussels Airlines.

Il faut aussi prendre en compte la durée du vol qui s’allonge avec l’escale à Reykjavik (12h20 pour l’aller avec Play contre 8h25 avec Brussels Airlines). Reste, bien sûr, à voir si les circonstances sanitaires permettront aux touristes de se déplacer comme avant la crise et dès lors au secteur aérien de redécoller comme il l’espère.

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