Journal du classique

Plusieurs œuvres de Maurice Ravel sont tombées dans le domaine public

Maurice Ravel en 1937

© 1937 Keystone-France / Gamma-Keystone via Getty Images

04 oct. 2022 à 13:04Temps de lecture2 min
Par Céline Dekock

Depuis ce samedi 1er octobre, ce sont 24 œuvres composées par Maurice Ravel qui sont tombées dans le domaine public et sont dorénavant libres de droit. Parmi elles, la Pavane pour une infante défunte, Le Tombeau de Couperin ou encore le ballet Daphnis et Chloé et l’opéra L’Heure espagnole. Une nouvelle étape dans ce feuilleton rocambolesque qu’est la succession de Maurice Ravel.

Le feuilleton de la succession et des droits d’auteur des œuvres de Maurice Ravel connaît un nouvel épisode. Six années après une première série d’œuvres du compositeur versées dans le domaine public – à savoir les partitions publiées entre le 31 décembre 1920 et le 1er janvier 1948, parmi lesquelles on retrouvait le fameux Boléro, dont le versement dans le domaine public déclenchera une véritable saga judiciaire – 24 nouvelles pièces de Ravel sont, depuis le 1er octobre dernier, entrées dans le domaine public et sont ainsi libres de droit.

Mais pourquoi ces nouvelles œuvres ne tombent que maintenant dans le domaine public, alors que d’autres le sont déjà depuis 2016 ? C’est là que la politique ardue des droits d’auteur entre en jeu. En vertu de la législation française sur le droit d’auteur, les œuvres musicales sont protégées pendant 70 ans à compter du 1er janvier suivant la mort de leur auteur. Maurice Ravel est décédé le 28 décembre 1937, par conséquent, ses œuvres devaient être protégées par le droit d’auteur pendant 70 ans à compter du 1er janvier 1938. A ce calcul, nous devons également ajouter 6 ans et 152 jours de prorogations au titre de la Première Guerre Mondiale, ainsi que 8 ans et 120 jours au titre de la Seconde Guerre Mondiale. Les œuvres qui viennent de tomber dans le domaine public ayant toutes été publiées avant 1921, la prorogation de leur droit d’auteur est de 14 ans et 272 jours, ce qui nous amène donc au 1er octobre 2022.

L’association Les amis de Maurice Ravel, très active dans la promotion de l’œuvre du compositeur français, a indiqué qu’étaient à présent dans le domaine public l’intégralité de l’œuvre pour piano de Ravel, incluant la Pavane pour une infante défunte, Miroirs, Gaspard de la Nuit, Le Tombeau de Couperin ou encore La Valse, mais également la plupart des mélodies pour voix et piano, et presque toutes les œuvres d’orchestre et œuvres lyriques publiées avant 1920 : L’Heure espagnole, Ma Mère l’Oye, Valses nobles et sentimentales, Daphnis et Chloé, Le Tombeau de Couperin, etc.

Cela ne veut pas dire que l’intégralité du catalogue de Maurice Ravel est maintenant libre de droits. En effet, plusieurs œuvres dites "en collaboration" échappent encore pendant quelques années au domaine public. C’est notamment le cas de L’Enfant et les sortilèges, qui n’entrera dans le domaine public qu’en 2033, du fait de la mort en 1954 de Colette, signataire du livret. Quant aux versions pour voix et orchestre et pour voix et piano de Schéhérazade, elles seront libres de droits en 2051, l’auteur des poèmes, Tristan Klingsor, étant décédé en 1966.

Sur le même sujet

Il y a 90 ans, le Boléro résonnait dans la ville de Lviv

Journal du classique

Au pays des rêves et des contes de Ravel : Jean-François Zygel donne les clefs de "Ma Mère l’Oye"

Tempo

Articles recommandés pour vous