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Polar Youth : La Bass Music belge à la conquête de l'Amérique

© Yaqine Hamzaoui

09 mai 2021 à 11:02Temps de lecture5 min
Par Rémy Nakhla

La Belgique est une terre de musiques électroniques en tous genres, ça c'est une certitude. Au rayon de la Bass Music nous ne sommes pas en reste non plus, malgré que ce soit un genre plutôt dominant dans les parties anglophones du globe, nous avons de bons représentants. La preuve en est avec cette jeune Gantoise, Polar Youth, une artiste aux accents Future Bass largement reconnue par ses pairs notamment Américains. 

Assez discrète par chez nous, JAM a pu s'entretenir avec l'artiste à la musique à la fois émotionnelle et dansante pouvant faire penser à des univers à la croisée d'une série d'artistes de renom comme Odesza, Alison Wonderland ou encore Illenium. Une rencontre très sympathique que nous vous partageons.

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Salut Elisabeth, comment te décrire à quelqu'un qui n'a jamais entendu ta musique, ton nom de scène "Polar Youth"?

Elisabeth : J'ai 26 ans, quand j'avais 12 ans j'ai découvert "Fruity Loops" (ndlr : Un logiciel de création musicale), avant ça je jouais déjà de la guitare et du piano, tout ça était déjà en moi. Et quand j'ai découvert le logiciel je me suis dit "Waw je sais faire une chanson toute seule quoi!". J'ai commencé avec du Dubstep plutôt et puis Chill Step, puis de la House. Je ne savais pas trop vers quoi aller à l'époque. J'ai grandis avec les Destiny Childs et tout ce monde Hip Hop qui pouvait aussi m'inspirer. 

Après quelques années d'entrainement, parce que je voulais tout faire moi même, je me suis dis que après avoir fait du Dubstep, mettre plus d'émotions dans ma musique, c'était beaucoup plus mon truc. Vraiment des mélodies, commencer avec des accords, du piano mais quand même de la musique pour faire danser les gens. Donc je me suis dis, pourquoi pas mélanger le Hip Hop dans lequel je baigne et la musique plus électronique, ce qui m'a dirigé vers la Future Bass. Mon univers serait donc défini par Hip Hop et Future Bass ensemble sans rester enfermée dans une case. Je fais ce que j'aime faire.

En tant que toi, Belge, comment ça se passe au niveau de l'inspiration? Pour un style qui a priori se développe plus du coté Américain et Australien.

Elisabeth : C'est interessant parce que maintenant je n'écoute jamais de la Future Bass. Je fonctionne plus facilement en écoutant pas de trop le style que je fais. Mes inspirations c'est plutot, un peu cliché mais, ce que je vois et entends tous les jours dans la rue, mes propres expériences et émotions aussi. J'ai envie de dire que je fais de la musique depuis 14 ans maintenant et que j'ai assez d'expertise pour ne pas devoir me baser sur quelqu'un d'autre. 

Mais du coup, comment fais-tu ici en Belgique pour faire marcher ton projet musical? 

Elisabeth : En fait, quand j'ai commencé le projet Polar Youth en 2014, j'ai directement "boomé" en Amérique. J'avais aussi plein de contacts là bas d'autres producteurs via Soundcloud notamment à l'époque où c'était populaire. Et un jour, Jai Wolf, qui a bien percé maintenant, était au Hard Festival (un énorme festival du genre) et il a joué une de mes chansons! C'était génial! J'avais toujours intérieurement l'image d'une petite Belge dans sa chambre qui fait de la musique et d'un coup qui se fait jouer sur un grand festival en Amérique. Pour moi c'est "mind blown"! 

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En parlant de festivals et de scènes, question classique, quelle serait ta scène de rêve pour jouer ta musique?

Elisabeth : En fait, pour rebondir sur ce que tu disais, la Belgique ce n'est pas mon public cible, il n'y a pas vraiment de grosse communauté autour de mon style ici. Mon public c'est vraiment l'Amérique, un peu l'Angleterre et l'Australie même si la majorité de mes écoutes sont bien aux États-Unis. J'avais sorti un EP en 2019 (ndlr "Lost & Found"), puis arrêté un peu la musique et maintenant je suis revenu à un meilleur niveau selon moi. Là, je reprends mes anciens contacts, c'est chouette qu'ils se souviennent de moi, pour essayer de prendre un management en Amérique et me développer là-bas. D'ailleurs après la crise j'y irai plusieurs fois pour les contacts vu que là, la Future Bass est toujours ultra populaire. 

Et quel serait ton "goal" si tu devais en fixer un là bas aux États-Unis?

Elisabeth : Faire un grand festival! Au niveau de l'endroit, ce serait le Red Rocks Amphithéâtre je pense. Un lieu mythique. Ou un festival du genre de l'Ultra Music. 

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Pour revenir sur les collaborations comme tu parlais de Jai Wolf, tu as été remixée par Metrik, qui est un énorme nom de la Liquid Drum & Bass. Comment s'est passée cette connexion?

Elisabeth : C'est marrant, la chanson originale je l'ai faite avec DJ Fresh et à ce moment là j'étais avec un label et ce label avait des connexions avec le label de Metrik. On s'est dit que ce remix serait une super bonne idée, puis je l'ai entendu et je me suis dit "waw c'est trop bien!". Et puis, il y a la chaine UKF qui a mis ce son sur Youtube, ça a donné un boost et maintenant j'ai aussi des contacts là. Je trouve ça trop cool!

Du coup, quelles seraient tes prochaines collaborations de rêve dans le genre? 

Elisabeth : Oh, il y a un autre Belge très bien qui est aussi en train de "boomer" aux U.S.A. c'est Taska Black. Il habite à Anvers donc ce serait chouette. Ou avec Droeloe aussi, deux artistes issus du label Bitbird. Mais pas que avec d'autres producteurs, ce serait aussi des collaborations avec des chanteurs et chanteuses. Même si ces derniers temps j'essaye de sortir un peu de ma zone de confort en chantant moi-même sur certains de mes morceaux. D'ailleurs, mon prochain single ce sera ma voix dessus. Mais le truc c'est que je suis aussi quelqu'un qui aime bien travailler avec d'autres gens, souvent je fais une petite demo et puis je cherche, j'écoutes un peu les voix sur des chansons de chez Monstercat ou Bitbird par exemple dans la même scène puis j'envoi un message aux artistes sur Instagram souvent. 

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La suite maintenant, qu'est-ce qui arrive pour toi? Que peut on attendre prochainement?

Elisabeth : D'abord je pensais faire un deuxième EP mais au final je préfère prendre le temps pour chaque chanson. Soit en sortir une par mois ou tous les deux mois tu vois! Pas tout en une fois parce que je trouve que toutes mes chansons méritent d'avoir autant d'attention que les autres. Là j'ai sorti "Love Me" fin mars, j'étais super inspirée avec la crise. C'est un loop où la fille chante "love me like i love you" et je pensais ces paroles dans le sens du lockdown, que chacun n'oublie pas ses proches en étant isolé. Tout en restant dansant, j'ai plus de satisfaction à voir les gens danser sur mes sons que de voir des gens qui écoutent ça pour étudier où quoi...même si c'est très cool aussi. 

La prochaine chanson qui va sortir, je l'ai écrite pour ma grand-mère qui est décédée à cause du virus. Et les chansons qui vont sortir prochainement, je les ai plus concentrées sur mes émotions. Je ne suis pas quelqu'un qui montre ou parle de mes émotions alors qu'en les mettant dans ma musique, cela me fait du bien. J'ai envie que ce soit parfait donc ça prends un peut plus de temps mais je crois quand même que fin mai, début juin quelque chose devrait sortir.

Il y a quelques titres sur lesquels je chante mais je suis aussi occupée à voir avec des chanteuses en Amérique pour le moment, en Asie aussi. Peu importe d'où la personne vient, j'écoutes et j'aime collaborer comme ça avec les gens, c'est ça l'important!

Enfin pour finir, chez JAM on adore faire découvrir des choses à nos auditeurs et lecteurs du coup, toi quels sont les trois sons dans tes playlists à nous partager?

Elisabeth : "Oula la la la" attends je vais prendre mon GSM... Je cherche dans mes playlists que j'écoutes, c'est au moins 400 chansons. La première sera Wolf, une jeune chanteuse pop. J'aime beaucoup, je travaille souvent avec des artistes sans que le nom "Polar Youth" soit mentionné et ça me permet d'aller vers d'autres styles que j'aimerais aussi faire. Alex Shera aussi, je trouve qu'il joue très bien avec sa voix, c'est des nouveautés sonores que je recherche. Et puis Sofia, une artiste Belge un peu "dark pop" avec qui je travaille, son single a été pris par la chaine mythique Mr Suicide Sheep ce qui était "Waw". Je trouve ça beau, on est deux petites Belges, on bosse sans label et ça marche. 

Les voilà : 

 

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