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Polices : deux syndicats signataires d’un accord " intermédiaire " avec l’Intérieur, la CGSP et la CSC n'en veulent pas

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28 janv. 2022 à 16:42Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle

Les représentants des syndicats de police SLFP et SNPS et la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden ont conclu aujourd’hui un accord intermédiaire sur une amélioration substantielle du statut de près de 48.000 policiers : "Pour la première fois depuis la création de la Police Intégrée en 2001, une augmentation salariale structurelle est mise en œuvre, en moyenne de 5%, et les possibilités de carrière et les conditions de travail seront améliorées" précise le communiqué adressé à la presse. Cet accord "intermédiaire" n'entrera en vigueur qu'au 1er janvier 2023.

Trois mois d'actions syndicales et une enveloppe passée du simple au double

Tout a commencé fin octobre par des actions de zèle aux aéroports de Gosselies et de Zaventem suivies par des manifestations en novembre. Objectif, obtenir une revalorisation salariale pour l’ensemble des policiers qui ne l’avaient plus été depuis 20 ans.

Si au départ, l’enveloppe mise sur la table pour répondre aux revendications avait paru nettement insuffisante aux yeux des syndicats réunis en front commun, au fil des négociations cette enveloppe s’est élargie au point de passer du simple au double en décembre dernier, soit 120 millions d’euros.

Pratiquement aujourd’hui, l’augmentation pour les policiers opérationnels atteindrait 1000 euros brut annuel soit une augmentation mensuelle de 70 euros/net ce qui reste en dessous du seuil des 100 euros présenté à la ministre au départ comme un minimum à atteindre. Mais la ministre Annelies Verlinden a présenté cet accord comme "intermédiaire" avec la volonté de mener un second round de négociation en janvier 2024.

Pour les organisations signataires, l'augmentation obtenue est substantielle et permet d'avancer par la suite sur les autres axes de revendications. 

CGSP et CSC estiment l'accord insuffisant et le cadre de négociation pour 2024 incertain

Ce cadre de négociation à long terme n’a pas convaincu la CGSP car 2024 étant une année électorale, c’est traditionnellement un moment de prudence budgétaire peu propice à la conclusion d’un nouvel accord. Le syndicat socialiste a donc décidé d’appeler à un second round d’actions dès la mi-février pour tenter d’obtenir plus que ce qui a été proposé aujourd’hui mais ce syndicat n’a pas été suivi par deux autres organisations, le SLFP libéral, et le SNPS syndicat représentant les corps de sécurité au sens large, qui ont choisi de s’inscrire dans le cadre proposé par la ministre, un accord "conditionnel" disent-ils. La CSC, n’a pas signé l’accord non plus, ce qui lui permet de garder les mains libres pour mener d'éventuelles actions avec la CGSP.

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