Belgique

Policiers : le mécontentement grandit, des grèves et des actions annoncées dans la durée

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08 nov. 2021 à 16:56Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle

Les policiers attendaient une revalorisation de leur traitement salarial. Mais la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden après avoir donné de premiers signaux positifs semble bel et bien faire machine arrière, renvoyant une partie des policiers vers les communes. Résultat, les syndicats de police parlent de promesses non respectées. Et le mécontentement des policiers grandit au point de passer à une phase d’actions plus offensives, avec de premiers blocages récents à proximité des aéroports de Charleroi et Zaventem.

Les policiers en première ligne lors de chaque événement critique

Pour Eddy Quaino du syndicat CGSP-Police, la ministre de l’Intérieur a mangé sa parole : "c’est un double zéro pointé pour la ministre, pas de revalorisation salariale et pire on nous annonce la fin d’un aménagement des fins de carrière, donc c’est vraiment ce qu’on n’attendait pas et qui en plus constitue une grosse gifle au monde policier alors que celui-ci est de manière générale toujours en première ligne que ce soit dans la crise sanitaire, ou dans des événements plus critiques comme les attentats par exemple".

Une revalorisation salariale attendue depuis 20 ans

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Même réaction du côté de Raoul Moulin du syndicat CSC : "cela fait plus de 20 ans que nos collègues policiers n’ont plus eu de revalorisation salariale, ce n’est quand même pas rien !"

Rehausser l’attractivité du métier ? Pas de cette manière-là !

"On cherche aussi à revaloriser la fonction policière pour rehausser son attractivité. Ce n’est pas de cette manière qu’on va y arriver. Et on sait que c’est un métier pénible où l’on s’expose. La crise sanitaire l’a démontré avec une proportion très élevée de policiers qui ont été touchés, soit pratiquement une personne sur deux".

Des normes de personnel (KUL) de 1998 totalement dépassées

Pour Thierry Belin du syndicat national de la police et des corps de sécurité, il est temps de se faire entendre :

les métiers dont on a le plus besoin les plus mal payés

"Finalement je crois qu’il y a une constante qu’on a remarquée lors de la crise sanitaire, c’est que finalement ce sont les métiers dont on a le plus besoin qui sont les plus mal payés, que ce soient les soignants ou les personnes qui assurent votre sécurité tous les jours, cela ne peut pas continuer comme ça, on en a assez !"

Et Thierry Belin de rappeler les normes de personnel : "Vous savez qu’on travaille avec des normes de personnel (KUL) qui date de 1998 ! Quelle est la société, l’organisation qui travaille avec des normes qui ont plus de 20 ans d’âge ? Cela n’existe pas ! Ce sont des choix politiques qu’il faut poser et si on avait eu une ministre de l’Intérieur qui nous avait défendus réellement comme elle s’y était engagée mais elle n’a pas accès au "kern" évidemment, on ne serait pas dans la situation dans laquelle on se trouve aujourd’hui".

Des préavis de grève seront déposés et des actions entreprises

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Pratiquement, les syndicats de police s’apprêtent à passer à l’action de manière nationale en associant toutes les composantes policières. Des préavis de grève seront déposés le 17 novembre devant les instances concernées et les négociateurs désignés ne viendront pas seuls, une première manifestation est plus que probable. Des actions sporadiques comme celles menées récemment à proximité des aéroports sont également à prévoir.

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