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Pollution à Zwijndrecht : l’agence de gestion des déchets et (ex-) ministres flamands continuent de se rejeter la faute

Militants pour l’environnement à Zwijndrecht, près d’Anvers, en juillet 2021

La commission d’enquête du Parlement flamand consacrée à la pollution aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans les sols confrontait lundi des responsables de l’Ovam, l’agence de gestion des déchets, avec des ministres flamands. En matinée, Ovam et ministres ont continué de s’accuser mutuellement d’avoir freiné la recherche et la communication aux habitants des dangers de la pollution à l’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS) autour de l’usine 3M à Zwijndrecht.

Le 12 octobre 2017 avait eu lieu une réunion avec des représentants des ministres d’alors Ben Weyts (Mobilité) et Joke Schauvliege (Environnement), le responsable du chantier Lantis et l’Ovam. On y a pris la décision de ne pas lancer de vaste campagne de communication autour de la pollution au PFOS à Zwijndrecht.

Pour l’Ovam, la décision de ne pas communiquer a eu pour effet d’arrêter là la recherche pour mieux comprendre l’ampleur et les conséquences de cette pollution. "Si l’on avait poursuivi les études, nous aurions dû communiquer. Nous aurions dû aller par exemple dans les potagers des habitants, ce qui ne pouvait pas se faire sans communiquer, donc nous aurions enfreint la décision", a expliqué lundi Ann Cuyckens, cheffe de département gestion des sols à l’Ovam.

Pollution en Flandre par l'usine 3M: le PFOS (extrait "L'oeil en Flandre", JT du 20/06/2021)

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Charge sur l’agence publique

L’ex-ministre Joke Schauvliege a défendu lundi matin la décision de non-communication, estimant avoir agi en âme et conscience sur base des informations qui étaient alors connues.

Le ministre Ben Weyts estime quant à lui qu’il n’était pas question d’une interdiction de communiquer. "Deux mois après cette réunion (d’octobre 2017, ndlr), j’ai mis une note à l’ordre du jour du gouvernement, qui mentionne la découverte de pollution des sols et de l’eau sur le site du projet Oosterweel. Cette note a été mise en ligne, parmi les décisions du conseil des ministres", a-t-il illustré.

Zuhal Demir, l’actuelle ministre flamande de l’Environnement, maintient quant à elle que l’Ovam avait bien la latitude d’effectuer des recherches plus poussées, en examinant entre autres le sol des potagers. "Nos services effectuent de 40 à 50 études exploratoires par mois. Je ne comprends pas pourquoi ça ne s’est pas fait à l’époque", affirme-t-elle. La ministre N-VA ne s’est pas privée de charger davantage l’agence publique, en estimant qu’il lui revenait de transmettre aux autres administrations le rapport du toxicologue Jan Tytgat. Ce rapport daté de 2017 mettait déjà en garde contre les risques de consommer des légumes cultivés localement.

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